Ex. ; Tous les corps sont pesants
pour voir si quelque courant ne l’a pas égaré dans sa route malgré toutes les précautions que l’art peut lui enseigner! ». Il ne croit plus que l’on puisse remonter jusqu'à Dieu de cause en cause. Le principe de causalité ne vaut point dans l’ordre de la substance : mais le principe d'identité dépasse l’ordre logique; il appelle et il implique un être où le possible et le réel se fondent en une vivante unité. D'ailleurs, « s’il est nécessaire que l’on croie à l’existence de Dieu, il n’est pas aussi nécessaire qu'on la démontre * ». Les connaissances les plus indispensables ne dépendent point « de la finesse de quelques raisonnements subtils », elles apparaissent immédiatement au « bon sens naturel ». — La critique de Kant peut s'enhardir : elle devra toujours s'arrêter aux principes sur lesquels repose la vie. D'avance, si décisive qu’elle devienne, elle est limitée par la foi. Le problème qui se pose à Kant est donc précisément de pousser la critique à l’extrème, sans, comme Hume, la pousser à l'absurde. > De plus en plus il réagit contre la méthode mathématique de Descartes et de Leibnitz — connu à travers Wolf. « Nous . nous retrouvons maintenant, dit-il dans les Songes d'un visionnaire expliqués par les songes des métaphysiciens ?, sur le sol bas de l'expérience et du sens commun; heureux si nous le regardons comme le véritable séjour que nous ne pouvons impunément quitter et qui contient tout ce qui doit nous suflire, tant que nous nous en tenons à l’utile. » Cette connaissance empirique, dont il fait ressortir l'étendue, il voit combien, dans le système de Hume, elle est inconsistante et précaire‘; bien plus, il comprend qu'une inconséquence
1. Le seul fondement possible à. une démonstration de l'existence de Dieu (Hartenstein, t. Il). Cf. La fausse subtilité des quatre figures du syllogisme démontrée, 1162, et l’Essai sur les grandeurs positives, 1163. Voir Kuno Fischer, et Nolen, /a Critique de Kant et la métaphysique de Leibnitz.