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I. Voir pp. io4 et suiv

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que le corps social est véritablement réalisé. Car, à ce moment, ses cellules, les individus, sont aussi peu isolées peutêtre que celles de l'organisme individuel'. »

Si de tels états dans les petites sociétés primitives sont fréquemment renouvelés, — comme cela est tout à fait probable, — il en doit résulter des conséquences diverses. D'abord, de semblables crises ne peuvent manquer d'imprimer des traces profondes dans les esprits individuels. La représentation de la société survit à la réalisation de la société. Et la représentation de la société dans les esprits individuels constitue une tendance à agir en vue de la société, à la réaliser, à quelque degré, continuement. Mais, d'autre part, les états collectifs ne laissent pas simplement des traces subjectives dans les consciences individuelles, ils aboutissent à des résultats objectifs : une certaine organisation, des institutions rudimentaires, dont le développement se fera peu à peu. Et ces institutions et leur substrat matériel, — objets, instruments, sol approprié à la vie sociale, — tout cela exerce du dehors cette « pression » dont parle avec raison l'école durkheimienne. « Ce n'est pas de l'individu que peut venir cette poussée extérieure qu'il subit ; ce n'est donc pas ce qui se passe en lui qui la peut expliquer-. » Soit, — à condition d'entendre par là que, la réalité sociale s'objectivant, se matérialisant, l'instinct social se trouve ainsi renforcé. Mais il ne faudrait pas, cependant, aller jusqu'à dire, d'une façon absolue, pour toutes les phases de l'évolution, que les phénomènes sociologiques se définissent par leur puissance contraignante, qu'ils ne « pénètrent en nous que de force ou, tout au moins, en pesant sur nous d'un poids plus ou moins lourd S) : parler ainsi, c'est faire l'individualité plus individuelle, en quelque sorte, et plus close qu'il ne

I. Hubert et Mauss, Esquisse d'une théorie générale de la magie, in Année Soc., t. VII, p. i34. 3. Durkhcim, Règles, p. laS.

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