‹ La synthèse en histoireChapitre 105 sur 224 · Ibid., p. iSa. Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

Ibid., p. iSa. Voir plus haut, p

^. « Non seulement cet être social n'est pas donné tout fait dans la constitution primitive de l'homme, mais il n'en est pas résulté par un développement spontané. Spontanément, l'homme n'était pas enclin à se soumettre à une autorité politique, à respecter une discipline morale, à se dévouer, à se sacrifier. Il n'y avait rien dans notre nature congénitale qui nous prédisposât à devenir les serviteurs de divinités, emblèmes symboliques de la société C'est la société elle-même, qui, à mesure qu'elle

s'est formée et consolidée (?), a tiré de son propre sein ces grandes forces

morales devant lesqiielles l'homme a senti son infériorité La société

se trouve..., pour ainsi dire, à chaque génération nouvelle, en présence d'une table presque rase sur laquelle il lui faut construire à nouveaux frais. Il faut que..., à l'être égoïste et asocial qui vient de naître, elle en surajoute un autre, capable de mener une vie sociale et morale. » Pédagogie et Sociologie, in Rev. de Met. et de Mor.. janv. igoS, p. /16. Cf. Règles, pp. laS, i3i.

lyO LA LOGIQUE

rieure à Findividu, qui met sur lui son empreinte et le rend sociable ? Abus singulier de l'explication mécaniste, — et qui, d'ailleurs, oblige à de fréquentes restrictions'. Sans tirer le tout de la partie, on peut admettre que le tout naît des parties qui s'y combinent, qui s'y fondent ; et on comprendra d'autant mieux l'absorption de l'individu dans la société, qu'elle sera spontanée — en attendant qu'elle soit consentie. Pour que la société agisse sur les individus, il faut d'abord que les individus — êtres sociaux — créent la société. L'effet réagit sur l'agent.

Nous nous gardons bien de faire le roman des origines humaines. Il est possible que l'homme n'ait jamais vécu à l'état d'isolement; il est même vraisemblable que le développement de l'espèce humaine et celui de la société sont simultanés, l'espèce humaine ayant son origine dans des espèces déjà sociales. Mais sur un point seulement nous serons afifirmatif : on peut poser en principe que la société — qui n'a pu apparaître organisée, même de façon rudlmentaire — est née graduellement de l'instinct social, qu'elle fait suite, par un progrès logique, au développement de la vie : elle ne s'impose et ne se superpose pas aux individus, mais elle compose son être de leur être même. Et nous ne croyons pas que sa force contraignante ait été tout de suite au maximum : c'est bien plutôt quand l'armature sociale s'est solidifiée, d'une part, et, d'autre part, quand l'individualité a commencé à s'éveiller contradictoirement, que la

I . « Ce n'est pas qu'il n'existe en nous des aptitudes très générales » sans lesquelles l'idéal social serait irréalisable ; mais « il est impossible à l'analyse même la plus pénétrante de percevoir par avance dans ces germes indistincts ce qu'ils sont appelés à devenir une fois que la collectivité les a fécondés. » Même article, p. l\g. Cf. Division du travail social, p. SSg ; Règles, p. i3o. Enfin, plus récemment Sociologie religieuse et théorie de la connaissance (introd. d'un volume à paraître), in Rev. de Met. et de Mor,, nov. 1909, p. 760, note : « Nous ne voulons pas dire... qu'il n'y ait rien dans l'individu qui puisse être regardé comme l'amorce de la vie sociale.... Si la nature psychique de l'individu était absolument réfractaire à la vie sociale, il est clair que la société aurait été impossible. »

Page 1