‹ La synthèse en histoireChapitre 131 sur 224 · I . Ibid., p · texte numérisé non relu

I . Ibid., p

a. Hubert et ^lauss, art. cité, p. 200.

3. Voir mon art. cité, pp. ^i!^. 3o et suiv. J'ai relevé, par exemple, ces lignes, à la fois décisives et hésitantes, de Hubert dans V Introduction au Manuel d'Histoire des religions de Chantepie de la Saussaye (trad. 190^), p. XXX : L'éloignement où nous apparaissent les religions anciennes ou primitives « efface les individus dans les masses unanimes. Mais si l'on étudie les phénomènes religieux sur le vif et dans une religion qu'on partage jusqu'à un certain point, on sera conduit naturellement à faire la part plus belle à l'initiative des individus. On aura tort, au moins en partie, car nous sommes évidemment mauvais juges de notre propre singularité. »

est l'idée-mère de la religion*. Le sacré est une « qualité d'où résulte une force effective » et, en même temps, un milieu où Ton entre par les rites. En pénétrant dans le sacré, en disposant du sacré, on a le pouvoir de réaliser ses désirs . Le sacré, ou force-milieu, implique confusément les notions de substance et de cause : il annonce de loin la philosophie et la science, comme les rites annoncent de loin les techniques et les sciences ^ Or, si le sacré s'organise dans la société, faut-il croire qu'il ne soit pas fondé dans la « nature humaine » ^ ?

Il est très possible que ce soient des états sociaux, le sentiment vif d'une force supérieure à l'individu, éprouvé dans l'exaltation et le désir collectifs, qui aient donné une relative précision au sacré dans des institutions primitives — comme le totémisme. Il y a eu là une sorte de grossissement du sentiment obscur qu'a le primitif, en tant qu'individu, d'une puissance qui l'enveloppe et le dépasse. Et il y a eu là un humble commencement d'explication. Mais le « besoin d'explication* », si vague soit-il, est humain et non social. La société ne pense que par procuration. C'est donc sur le fond de la logique individuelle que se développent les institutions religieuses; au cours de leur évolution, l'individu, si engagé qu'il soit dans la mentalité sociale, y introduit constamment et y surajoute du sien. Il finit par s'en dégager, par

1 . La religion est « un système de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, — croyances et pratiques communes à une collectivité déterminée ». — Voir Hubert, Introduction citée, et Hubert et Mauss, Mémoire sur la magie. Cf., sur la distinction du sacré et du profane et certaines de ses conséquences, R. Hertz, La prééminence de la main droite, étude de polarité religieuse, in Rev. Phil., déc. 1909.

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