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LA RELIGION ET L ORIGINE DES CONCEPTS 20I

et il arrive qu'elle la lui cache. Sans doute, elle est, ellemême, dans la nature ; et c'est pourquoi, à travers elle, les « relations fondamentales qui existent entre les choses — celles-là justement que les catégories ont pour fonction de traduire' » — peuvent, dans une certaine mesure, se préciser: mais elle est soumise aux contingences, — ethniques et autres, — elle est singulièrement variable et mouvante, et les notions s'y nuancent de ces contingences diverses, y ont « la couleur particulière que prend chaque phénomène dans chaque société" ». Ainsi la raison, pour être la raison, pour exprimer correctement, pour exprimer clairement la nature, doit se débarrasser des déterminations adventices dont la société l'affecte et la voile. Et, bien que la société ait contribué à former la raison, il faut se garder de confondre l'autorité de la société et l'autorité de la raison.

C'est l'interférence de la société et de l'individu, au point de vue mental, que traduisent, à l'origine, les institutions religieuses. Nous avons amicalement reproché aux excellents sociologues de VAnnée de ne pas le reconnaître assez nettement^. Par une suite de recherches mini\tieuses et ingénieuses, ils sont arrivés à des conclusions tout à fait remarquables sur la représentation du sacré, étrange, brumeuse, profonde, qui

sant conformisme moral ; il y a un minimum de conformisme logique dont elle ne peut davantage se passer. Pour cette raison, elle pèse de toute son autorité sur ses membres, afin de prévenir toute dissidence. » Durkheim, art. cité, p. 75 1.

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