PRÉFACE
C'était jusqu'ici un lieu commun de célébrer les progrès accomplis par les études historiques depuis le début du XIX* siècle. Le xix* siècle a été le « siècle de l'histoire », voilà qui est convenu. Mais le progrès même de l'histoire a posé des problèmes qui ne sont pas résolus. Les sciences de la nature se sont créé des méthodes précises et efficaces ; elles se prêtent un mutuel appui, et leurs résultats se combinent dans des synthèses qui prennent un caractère de plus en plus positif. Les « sciences » historiques sont loin d'être aussi avancées. Leur état précaire, leur empirisme, leur incohérence, a frappé à diverses reprises des penseurs^ — historiens ou philosophes — qui ont cherché à y remédier. Et, en raison même de l'ardeur avec laquelle elles ont été cultivées, de la place énorme qu'elles occupent dans les livres et dans l'enseignement, des déceptions se manifestent et voici que se dessine contre elles un mouvement de critique, assez confus et qui dépasse les bornes.
C'est ainsi qu'en France, on mène, depuis quelque temps, contre l'enseignement supérieur des « lettres » une campagne qui vise principalement l'histoire et ses