LES TROIS FOKMES DE L ETHOLOGIE COLLECTIVE OO
autres les divers moments de rexistencc et qui fait la suite et la continuité de la vie' », c'est peut-être trop affirmer; il n'en est pas moins vrai qu'il faut partir de cette hypothèse qu'un groupement national, une fois constitué, en vertu de son caractère contingent, agit — comme l'individu — d'une façon qui n'est pas toute fortuite et imprévisible; sans prétendre à les déduire d'une définition, on doit considérer les actes d'une nation comme la résultante, dans une large mesure, de données psychologiques qu'il importe de préciser. Et ainsi, dans l'éthologie collective, il s'agit de convertir des impressions, une hypothèse, en connaissance positive.
c) Les problèmes de l'éthologie collective sont divers, et leur multiplicité implique que cette science à peine ébauchée se subdivise pour se constituer. — Il faut distinguer, d'abord, une éthologie descriptive dont la tâche consiste à préciser les traits caractérisques d'individualités collectives déterminées. Les travaux de ce genre ont été, jusqu'ici, peu nombreux^, relativement, et ils ne reposent pas sur une méthode bien définie : c'est, d'ailleurs, en raison du petit nombre de ces travaux et parce que le « portrait » collectif a tenté surtout les littérateurs, que la méthode n'en est pas -encore complètement élaborée. Certaines pages d'un Michelet ou d'un Taine renferment d'admirables intuitions, mais ni l'un ni l'autre n'a fait vraiment œuvre de science. Boutmy, Fouillée se sont rapprochés du but, — Boutmy surtout: Fouillée a trop embrassé. Une « esquisse psychologique des peuples européens », tracée en un volume par un seul auteur, est, dans l'état actuel des connaissances, une tentative téméraire, et qu'on ne peut justifier que par des considérations <;omme celles-ci : « En ces matières, un certain art doit se mêler à la science; le portrait moral d'un peuple, comme le