X PREFACE
j'aurai l'occasion de confirmer quelques-unes des idées qui sont exprimées dans le présent volume, de combattre certaines survivances du passé, gênantes pour l'avènement de l'histoire scientifique. J'aurai l'occasion surtout de traiter des questions nouvelles : celles qui se rapportent, non plus à la conception, mais à la réalisation de la synthèse et à l'organisation de la science. Dans les tentatives de la Weltgeschichte, — nombreuses, curieuses et peu connues en France, — dans certaines innovations de l'enseignement supérieur, discutées mais fécondes, nous pouvons trouver beaucoup à apprendre ; car il nous reste beaucoup à faire pour la synthèse. Supérieurs à d'autres pour concevoir, nous sommes souvent inférieurs pour agir.
Ce n'est pas l'originalité que j'ai cherchée ici. Je me suis efforcé, comme il convenait en matière de science, non de créer une théorie neuve de l'histoire, mais de critiquer, d'utiliser, de faire aboutir les théories antérieures. Et j'ai tâché en même temps de rapprocher, autant que possible, la théorie de la matière historique. J'ai tenu compte des pratiques positives, des diverses disciplines historiques ou auxiliaires de l'histoire, qui, jusqu'ici, se raccordent mal entre elles : j'ai montré leur rôle propre, leurs jointures, les principes d'assemblage qui les doivent régir. J'estime que la théorie a précisément pour office de les systématiser.
Je ne serais pas surpris qu'on reprochât à ce livre