‹ La synthèse en histoireChapitre 71 sur 224 · III. — Conclusions sur la contingence · texte numérisé non relu

III. — Conclusions sur la contingence

Nous nous sommes attaché jusqu'ici à bien isoler et à bien reconnaître sous ses diverses formes un élément de l'histoire, la contingence. Et nous avons constaté que, même à considérer cet élément, Thistoire n'apparaît point comme un pur désordre, parce que la contingence se combine avec des lois étrangères à l'histoire et s'en trouve atténuée. Il y a des séries de phénomènes, prévisibles dans une certaine mesure, qui dépendent de données imprévisibles ; et ces données sont enfermées elles-mêmes dans certaines limites de variabilité. Le hasard, selon une expression ingénieuse de Le Dantec, se canalise^. Ainsi, nous avons déjà rencontré dans l'histoire un ordre relatif, mais un ordre qui ne lui est pas propre et inhérent, un ordre, pour ainsi dire, adventice. Selon certains théoriciens, cet ordre est le seul qu'on puisse trouver en histoire : et il semble aux uns que ce soit insuffisant, aux autres que cela suffise pour faire de l'histoire une science comme les sciences naturelles \

A vrai dire, il n'est pas impossible de découvrir une analogie entre ce général, tout relatif, que dégage l'étude de l'individualité, et les résultats que dégagent les sciences de « lois )). Nous avons déjà fait observer que, à l'origine des lois, — sauf pour les plus générales de toutes et qui sont inhérentes à l'être même^ — il y a de la contingence ; et donc,

1 . Le Dantec oppose au hasard absolu le hasard canalisé où le champ des possibilités se restreint. Voir Les influences ancestrales (190^), not. pp. f\6, 91 et suiv.

2. Cf. Rickert, Les quatre modes de l\( universel » en histoire, in Rev. de Synth, hist., avril 1901, t. II, p. 121, et Xénopol, Les sciences naturelles et l'histoire, ibid., juin 1902, t, IV, p. 276.

3. L'« universel » ne peut avoir qu'une compréhension bien limi-

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