DESCRIPTION
Aa premier plan une femme ^assise..., l'expression de la physionomie est plutôt sombre, renfrognée... La tête est couronnée d'épines, je crois; derrière elle se trouTC au second plan une maison dont un des murs (à gauche pour le spectateur) fuit en perspective vers l'horizon. Une échelle y est apposée, et sur cette échelle se trouve juché un second personnage, up enfant.
Au mur se trouvent encore accrochés différents objets, entre autres un sablier. A côté du personnage principal, à gauche pour le spectateur, se trouve couché un chien, dans la pose du chien qui dort, la tète ramenée vers l'arrière du corps. Etc.
2« DESCRIPTION [repfod. ik moire après huit jours.
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i^^ plan : femme assise^ figure renfrognée. Le coude appuyé sur le genou de façon à soutenir la tête sur la main. Couronnée d'épines. Derrière, un mur de maison; l'autre mur à gauche fuit en perspective vers l'horizon. Au mur, quelques objets accrochés, entre autres un sablier. Contre le mur qui fuit, une échelle avec un personnage qui y monte. A gauche (pour le spectateur] de la femme assise, un chien couGhê, le museau ramené en arrière ^ dans la position du chîea qui dort. Etc.
Remai'que importante : les doutes et les hésitations de 1 disparaissent dans II, plus simple, plus afiirmatif.
/. Sujet D. Le caractère d'exactitude dans la reproduction par mémoire, signalé chez le sujet précédent, ne se retrouve ici qu'à un degré moindre. Par contre, nous voyons, à un degré élevé, le phénomène signalé déjà pour le sujet G : des additions, moins ici comme objets vus que comme interprétations et commentaires. Il semble 'donc que, si, pour la perception {i^^ descr.), nous adoptions une classification donnée^ elle ne pourrait se maintenir
g6i LA SYNTHÈSE MENTALE.
pour la mémoire (2® descr.). De plus, la perception du début subit des déformations pendant Tin tervalle des deux expériences.
Ce sont ces deux derniers sujets qui ont perçu le plus exactement, ainsi que l'indique notre tableau.
L'expérience que nous venons de rapporter est complexe ; on procédera plus simplement au moyen de figures linéaires, de phrases brèves, d'images plus faciles à percevoir. Dans ce genre de^recherches, on étudie des processus et des caractères vivants, non des états immobilisés : c'est pourquoi nous insistons sur leur importance.
On rattacherait avec raison à ce genre d'étude les enquêtes portant sur la manière de travailler des artistes, la formation de leurs conceptions et de leurs œuvres, la nature de leur idéation (1). Ici encore, le psychologue ne cherche pas à mesurer des éléments artificiellement détachés du mouvement de l'esprit, maisfà pénétrer les démarches de celui-ci.
[V. — PATHOLOGIE MENTALE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES APPLIQUÉES A l'inconscient
Nous groupons ensemble trois méthodes expérimentales et comparatives à la fois ; elles complètent les méthodes qui précèdent et se rattachent au groupe suivant par certains caractères. Ce sont les recherches portant sur l'hypnotisme, le somnambulisme et le rêve, les méthodes pathologiques et l'étude du « subliminal ».
Nous citerons comme modèle de l'emploi des méthodes hypnotiques dans l'analyse de la vie mentale le livre
(l) On trouvera une enquête très intéressante, comme exemple, dans l'Année Psychologique, X, 1904 : A. Binet, La création littéraire.
célèbre et souvent cité de Pierre Janet, r Automatisme psychologique (1). Ce genre de recherches nous fait connaître des formes de l'activité psychique qui, dans l'état de veille et par Tusage des méthodes introspective et intuitive, sont entrevues, mais ne se présentent jamais dans leur entière té à cause de l'unité que l'attention prêtée au réel et l'idéation consciente impriment à la vie mentale. La dissociation de cette unité dans les états d'hypnose est donc utile à obtenir pour l'étude de l'activité automatique. Les données du rêve ont aussi leur importance (2). La méthode hypnotique exige un ensemble de mesures de prudence dont l'observation doit être d'autant plus stricte que les sujets, très impressionnables, peuvent agir sous des influences multiples qui échappent parfois à la perspicacité de l'expérimentateur. La manière de procéder du docteur Janet dans l'ouvrage cité plus haut nous parait^ pour les résultats psychologiques, assez sûre : connaître exactement le sujet, comme un bon physicien possède à à fond le maniement de ses appareils, se limiter à un petit nombre de sujets plutôt que d'accumuler des faits dont les véritables causes échappent aisément en vertu [de leur complexité même.
Quant aux recherches de pathologie, chacun sait quel est l'intérêt qui s'y attache pour le psychologue, depuis que Ribot a, dans des livres très répandus, mis en lumière l'utilité de cette méthode. Il est bon cependant de faire observer que les faits pathologiques ne peuvent être bien compris que s'ils sont rapportés aux résultats des méthodes proprement psychologiques, à l'analyse précise de la vie dite normale. Sinon on risque de tomber dans l'erreur de certains spécialistes des maladies mentales, pour lesquels
(1) Voir notre chap. IV, § 2.
(2) Voir chap. II, § 1.
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les manifestations les plus fortes et les plus complètes de ractivité intellectuelle deviennent des cas morlflides. N'avt-oo pas entendu eitpliquer par une même hyponièse Texcitabilité dérisoire d'un maniaque et la puissai^e créatrice ^e l^bomme de génie? L'observation utile des cas pathologiques n'est donc possible qu'avec l'aide aes méthodes 4e la psychologie normale. Cette restriction admise, l'importance de la pathologie mentale ne se nie pas.
Enfin ^ il est un ensemble de faits qu'on a tenté tout récemment d'étudier scientifiquement, les faits que l'on a groupés sous le nom de spiritisme, force psychique ou conscience subliminale. On ne doute pas que dans cet ordre de faits, des découvertes précises puissent être utiles à Tétude de rinconscient. La méfiance est grande pourtant parmi les savants au sujet des faits quelque peu mystérieux et des récits trop crédules qui se suivent dans les revues de « recherches psychiques ». Les théories singulières auxquelles ils ont donné lieu'souven tout provoqué l'opposition de maint psychologue (1). Il est à [souhaiter qu'on .ne rejette pas en bloc Tensemble de ces données nouvelles ; sans doute est*il bien difficile aujourd'hui d'en tirer parti ; c'est une raison pour tenter de les soumettre & des recherches méthodiques.