‹ La synthèse mentale (volume 2)Chapitre 8 sur 22 · IP^^PT · texte numérisé non relu

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qualitativement différentes. La certitude, me paraît-il, ne s'établit pas nécessairement par un rapport avec des degrés moindres de croyance; elle n'est pas relative; elle peut être soudaine et intuitive, et ne pas relever du tout de la réflexion qu'implique le passage de Fesprit par les deux autres termes. La certitude n'est pas le superlatif d'une série dont possible et probable formeraient le positif et le comparatif; « certain » désigne un genre d'affirmation propre et irréductible. Une chose peut m'apparaître certaine, je puis avoir le sentiment de sa certitude parce que tout, dans mon esprit, y répond : la chose s'insère, sans hésitation, dans la vision que j'en ai ; la certitude peut s'expliquer par l'intuition. Et si on l'explique par le raisonnement, il n'est pas nécessaire non plus d'y arriver par le possible et le probable ; si je raisonne avec la conviction de ne pas commettre de contradiction, j'obtiens un résultat dont je suis certain.

Par contre, possible et probable impliquent une réflexion sur des cas que je suppose ou suis amené à supposer, non sur des choses que ]q pose ou qui s'imposent à moi. La certitude est un rapport entre le réel et moi ; ce rapport est intuitif autant que discursif. Mais possibilité et probabilité sont des jalons que plante l'effort logique, en allant non vers ce qui est, mais vers ce qui pourrait être.

Tels sont quelques exemples de problèmes qui se posent à la conception d'intensité psychologique et en font ressortir les difficultés.

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