‹ La syphilisChapitre 6 sur 97 · VIRUS SIMIEN · texte numérisé non relu

VIRUS SIMIEN

Nombre .

Résullat

positif.

Résultat

négatif.

Nombre.

Résultat

positif.

Résultat

négatif.

Cynocephalus hamadryas . .

Macacus cynomolgus

Macacus sinicus

Macacus rhésus

Total

(1) Kraus, Sitzungsberichte der Kaiserl. Akad. der Wissenschaften in Wien. Mathem. naturw. Klasse, 1905, vol. 114, fasc. III, p. 547.

(2) Finger et Landsteiner, Sitzungsberichte der Kaiserl. Akad. der Wissenschaften in Wien, 1905, vol. 114, fasc. III, p. 497.

Ces données montrent que Finger et Landsteiner ont réussi à transmettre la vérole dans 90 p. 100 des cas. C’est là une statistique des plus favorables et qui tient, à notre avis, à la méthode spéciale employée par ces auteurs dans leurs inoculations. Tandis que la plupart des expérimentateurs se servaient du procédé de la scarification superficielle de la peau, les savants viennois eurent l’idée de pratiquer préalablement une poche sous-épidermique dans laquelle ils déposaient le virus. D’ailleurs, cette méthode assure non seulement le succès de l’expérience, mais permet aussi le développement de lésions locales plus étendues que celles obtenues habituellement.

La plupart des résultats que nous venons d’exposer furent confirmés en France par Thibierge et Ravaut (1), qui, en employant le procédé de Y inoculation au bord palpébral r se sont assurés de la réceptivité des Macaques et des Cynocéphales.

Ces espèces de singes ne sont pas les seules sensibles. Ainsi Hoffmann (2), dans une publication récente, relate qu’une variété simienne de l’Amérique du Sud, YHapale jacchus, inoculée avec du virus humain à l’arcade sourcilière, montra, vingt-trois jours après la scarification, une tache rougeâtre qui se transforma en un accident primaire du volume d’un petit pois (présence du Spirochæta pallida). Plus tard, apparut sur la conjonctive une papule dont la nature syphilitique fut prouvée par l’existence du tréponème de Schaudinn et Hoffmann. Le même auteur réussit également à syphiliser un Cercocebus fuliginosus en le scarifiant avec le suc provenant d’un syphilome primaire de l’homme. Il obtint ainsi, après onze jours d’incubation, un chancre sourcilier volumineux et serpigineux ; la lésion guérit en lais-

(1) Thibierge et Ravaut, Annales de dermat. et de syphilig., juillet 1905,

(2) E. Hoffmann, Verein f. innere Mediz. de Berlin. Séance du 3 octobre 1906. Cité- dans Deutsch. mediz. Woch ., 1907, n° 2 ; Hoffmann, Deutsch. mediz. Woch., 1907, n° 9.

sant comme trace, une cicatrice dépourvue dé pigment, et fut suivie de plusieurs papules conjonctivales.

L’ensemble de ces données montre que parmi les nombreuses espèces des catarrhiniens inférieurs, il en est quelques-unes qui sont réfractaires, tels certains Cercopithèques étudié^ à ce point de vue, par Metchnikoff et Roux. Mais, même au nombre des individus d’une espèce réputée sensible, on en trouve souvent qui montrent une immunité absolue. Maintes fois, après plusieurs inoculations successives, il fut en effet impossible d’obtenir un résultat positif. Néanmoins plusieurs xmriétés, en particulier certains Cynocéphales et quelques Macaques (le cynomolgus , le sinicus et le speciosus ), offrent une sensibilité suffisamment accentuée et réagissent par des accidents locaux assez nets, pour permettre aux expérimentateurs de s’adresser à elles toutes les fois qu’il s’agit de déterminer la nature spécifique d’une manifestation donnée et sa teneur en virus. D’ailleurs, leurs prix modérés* la facilité de se les procurer, leur maniement commode et aussi leur longévité et leur résistance en captivité en font des animaux de choix. Bien entendu, lorsqu’il s’agit de résoudre un problème particulièrement délicat, comme, par exemple, celui des vaccins atténués, mais encore vivants, pouvant être inoculés à l’homme, c’est au Chimpanzé qu’il faut avoir recours, car jamais jusqu’ici sa réceptivité ne fit défaut.

Incubation. — L’incubation qui précède l’éclosion de l’accident primaire est, chez les catarrhiniens inférieurs, sensiblement plus courte que chez les anthropoïdes. D’après Metchnikoff et Roux, elle dure, chez les Cynocéphales et les Macaques, en moyenne vingt-trois jours, chiffre qui concorde avec ceux de Finger et Landsteiner. Ces derniers savants donnent un minimum de dix, un maximum de quarante-deux et une moyenne de vingt-deux jours. Mais ces chiffres varient non seulement suivant l’espèce et mêmeM’individu, mais aussi suivant la qualité et l’origine du virus employé.

Voici, d’après Finger et Landsteiner, un tableau qui donne un aperçu de ces variations :

Variations de la durée de l’incubation suivant l’origine du virus

employé.

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