VIRUS SIMIEN
Minimum.
Maximum.
Moyenne.
Minimum . Maximum.
Moyenne.
Cyn. hamadry as . . . .
Mac. cynomolgus . . .
Mac. sinicus
Mac. rhésus
Au point de vue de l’espèce, d’après les résultats obtenus par ces auteurs, il y aurait une différence d’environ sept à huit jours entre la durée moyenne de l’incubation chez les singes supérieurs et chez les simiens inférieurs,
L 'accident primaire diffère, lui aussi, de la lésion du Chimpanzé. 11 est moins accentué, plus fugace et moins induré, son évolution étant d’ailleurs variable suivant la réceptivité plus ou moins grande de l’animal. Nous décrirons ses caractères habituels chez les animaux les plus sensibles (Voy. Planche I).
Tout d’abord on observe au point d’inoculation (arcade sourcilière), plusieurs petites taches rougeâtres, tranchant peu sur les téguments voisins avec lesquels elles se continuent insensiblement; isolées au début, ces taches se réunissent et, sur leur fond uniforme, apparaissent de petits nodules plus foncés qui s’érodent au bout de quelques jours et se couvrent de croûtes. Les érosions confluent bientôt et donnent lieu, dans leur ensemble, à une ulcération dont les bords nets et tranchants présentent un aspect polycyclique et dont le fond rouge jaunâtre laisse suinter une sérosité plus ou moins sanguinolente. L’ulcération repose sur des tissus infdtrés et œdémateux, légèrement surélevés, résistant à la palpation, mais ne présentant pas l’induration caractéristique du chancre du Chimpanzé (Finger et Landsteiner). Les lésions sont
quelquefois très étendues, pouvant intéresser les deux régions sourcilières et une partie de front (fîg. 6). Au bout d’un temps variant de dix jours à quelques semaines, commence la période de réparation qui débute par la disparition des phénomènes inflammatoires, pour aboutir à une cicatrisation complète.
Tels sont les caractères et l’évolution qu’on observe le plus
Fig. 6. — Chancre syphilitique du Macacus rhésus. ( D'après Finger et Landsteiner.)
souvent; mais parfois, et cela surtout dans la zone génitale, le syphilome peut devenir gangreneux et être le point de départ d’une infection secondaire mortelle (Neisser). D’autres fois, au contraire, particulièrement chez le rhésus , espèce relativement réfractaire, l’accident primitif consiste en quelques nodules rougeâtres, plus ou moins confluents, qui se recouvrent de squames sèches, s’érodent à peine et disparaissent sans laisser de traces.
Tout spéciaux sont les caractères que présentent les lésions primaires obtenues par Thibierge et Ravaut sur le Macacus sinicus et le cynomolgus au niveau du bord palpébral. Après une incubation moyenne de vingt-trois jours, on observe un œdème qui peut envahir tout le bord libre de la paupière et sur lequel apparaît un véritable nodule inflammatoire, au niveau duquel les téguments deviennent rouges, puis se foncent et prennent finalement une teinte
cuivrée et brillante caractéristique. Cet accident guérit lentement sans être accompagné ni d’adénopathie, ni d’éruptions secondaires.
Il résulte de l’ensemble de ces constatations que les caractères du chancre chez les singes inférieurs, sont beaucoup moins typiques que chez l’homme et le Chimpanzé. Dans certains cas particuliers, comme chez le rhésus , dont le chancre offre l’aspect d’un nodule papuleux, l’analogie est encore moins nette. Aussi, pour établir un diagnostic certain, devra-t-on avoir recours à la recherche du tréponème et à l’inoculation en série. Ce sont d’ailleurs les mêmes critériums qui permettront d’éviter la confusion avec certaines manifestations tuberculeuses de la peau, décrites tout récemment chez le singe par Kraus et Kren (1). Ces auteurs ont observé chez des rhésus ayant reçu du virus syphilitique dans le tissu cellulaire sous-cutané, des efflorescences papuleuses des téguments ressemblant aux manifestations spécifiques, mais qui contenaient le bacille de Koch et des cellules géantes, avec absence complète du spirochète de Schaudinn.
Adénopathie. — L’adénopathie régionale, constante et bien apparente chez le Chimpanzé et le Gibbon, est très rare et beaucoup moins caractéristique chez les catarrhiniens inférieurs. Metchnikoff et Roux (2) l’ont rencontrée chez un Macacus cynomolgus et chez un Cynocephalus hamadryas. Ces savants ont constaté la présence d’un tout petit ganglion de la région sous-maxillaire situé du même côté que le chancre, qui intéressait l’arcade sourcilière. Finger et Landsteiner ( loc . cit.) décrivent également une tuméfaction des ganglions inguinaux accompagnant les syphilomes de la zone génitale, mais ils ne sont pas convaincus de leur nature spécifique, car on sait que, dans cette région, les infections secondaires
(1) Kraus et Kren, Sitzungsberichte der Kaiserl. Akad. der Wissenschaften, in Wien. Mathem. naturw. Klasse, 1905, vol. 114, fasc, III, p. 851.
(2) Metchnikoff et Roux, Annales de l'Institut Pasteur, 1904, vol. 18, novembre, p. 658.
surajoutées sont fréquentes. Quant à Neisser (1), il pense que cèt engorgement ganglionnaire spécifique est beaucoup plus fréquent, mais qu’il est difficile à dépister. Néanmoins, nous pouvons considérer comme démontrée l’origine syphilitique de cette tuméfaction des glandes lymphatiques, car, d’une part, Neisser et ses collaborateurs ont réussi à transmettre la syphilis en inoculant à des singes sensibles le contenu de ces ganglions, et que, d’autre part, Levaditi et Manouélian ont trouvé des tréponèmes dans les coupes d’une glande lymphatique satellite du chancre.
Accidents secondaires. — La plupart des auteurs s’accordent à dire que la syphilis des singes inférieurs ne s’accompagne pas de manifestations secondaires. Chez aucun des nombreux catarrhiniens éloignés de l’homme, soumis à l’expérimentation par Roux et Metchnikoff, par Finger et Landsteiner, par Kraus et par Neisser, on ne remarqua d’accidents cutanés apparaissant loin du chancre et pouvant passer pour de la roséole ou des papules. Il est vrai que Neisser (2) observa parfois des nodules sur la face, mais l’inoculation de ces produits à d’autres singes ne fut pas suivie de succès. Nous ne parlerons pas ici de certaines lésions de nature nettement spécifique et qui naissent près de l’accident primaire, quelque temps après sa guérison (récidives locales ) ; si, d’après le moment de leur apparition tardive, ces lésions peuvent être classées parmi les accidents secondaires, elles ne sont que l’expression de l’extension locale du virus et non pas la conséquence de sa généralisation par la voie sanguine. Nous reviendrons d’ailleurs plus loin sur ce sujet (Voy. p. 91).
Après Hamonic ( loc . cil .), Zabolotny (3) a prétendu avoir provoqué de vraies lésions secondaires (roséole et papules) chez des Cynocephalus sphynx inoculés avec du virus humain,
(1) A. Neisser, Deutsch. mediz. Woch., 1906, n° 1 à 3.
(2) A. Neisser, Deutsch. mediz. Woch , 1906, n° 3.
(3) Zabolotny, Archives des sciences biologiques , Saint-Pétersbourg, vo’. 4 p. 155 (en russe), cité d’après Metchnikoff et Roux.
lésions qui se seraient reproduites au cours de quatre passages faits sur des animaux de la même espèce. De son côté, Siegel (1) réagit contre l’opinion générale, d’après laquelle il est impossible de provoquer des manifestations secondaires chez les singes autres que les anthropoïdes. A l’appui de ses affirmations, il rapporte trente succès obtenus sur des Macaques, et cite deux observations d’où il résulte qu’un Macacus rhésus présenta, en même temps qu’un engorgement ganglionnaire assez accusé et du psoriasis plantaire, une éruption de papules plates et humides sur la peau des fesses, sur la face interne des cuisses et aussi sur la muqueuse des grandes lèvres. Les mêmes lésions se*reproduisirent chez un second animal qui avait reçu en injection sous-cutanée, d’abord du sang de syphilitique, et ensuite, quatre semaines plus tard, dix centimètres cubes d’une émulsion de placenta spécifique.
Mais, comme le remarque Kraus (2), les expériences de Siegel sont loin d’être probantes, et cela pour plusieurs motifs. Tout d’abord, la spécificité des lésions obtenues n’a jamais été démontrée ni par la recherche du Treponema pallidum , ni par l’inoculation en séries. D’un autre côté, l’auteur s’est adressé à l’espèce simienne reconnue la moins sensible et a choisi, comme porte d’entrée du virus, la voie sous-cutanée , méthode qui n’a donné que des résultats négatifs entre les mains des autres observateurs. Il est donc établi que les catarrhiniens inférieurs font une syphilis atténuée et non suivie d'accidents secondaires.
Il en est de même des lésions tertiaires qui n’ont jamais été observées chez les singes inférieurs, animaux qui vivent pourtant plus longtemps en captivité que les anthropoïdes. Rien ne prouve, en effet, que les altérations osseuses engendrées chez le rhésus et le Cynocephalus babuin , par Hoff-
(1) Siegel, Berliner mediz. Gesell., 10 janvier 1906 ; Berl. klin. Woch., 1906, n° 4, p. 110; Sitzungsbericht der Gesellsch. naturforsch. Freunde, 1906, n° 1.
(2) Kraus, Wien. klin. Woch., 1905, vol. 18, n° 41.
mann (1) et Zabolotny soient attribuables à une localisation du virus syphilitique dans le squelette. Ces lésions de carie, intéressant le frontal et situées dans le voisinage du chancre (observation de Hoffmann), peuvent fort bien être dues à l’extension d’un processus inflammatoire banal ayant pour point de départ l’ulcération spécifique, ou encore être la conséquence des traumatismes si fréquents chez les singes en cage.
Rappelons, en terminant, que la syphilis des catarrhiniens inférieurs ne se traduit, en dehors des manifestations cutanées et lymphatiques, par aucun trouble apparent des organes, ni par des lésions pouvant être constatées à la nécropsie.
§ 3. — Syphilis chez les animaux autres que le singe.
Au moment où l’expérimentation avait démontré la transmissibilité de la syphilis aux espèces simiennes, on pensait que ces espèces étaient les seules sensibles. En effet, nous avons vu que les expériences d’Adrian, de Hügel et Holzhauser et de Neisser, faites sur le porc, n’étaient nullement démonstratives, les lésions cutanées obtenues n’ayant pu être transmises en série. Actuellement, grâce aux recherches de Bertarelli et des observateurs qui sont venus confirmer ses constatations, nous savons que le singe n’est pas le seul animal qui prend la vérole, mais que le lapin , le cobaye et même la brebis et le chien réagissent également à l’inoculation du virus spécifique.
Longtemps avant Bertarelli, P. Hænsell (2) avait réussi à reproduire des lésions syphilitiques chez le lapin. Dans une première expérience, il injecta le contenu d’une gomme non ulcérée, dans la partie centrale de la cornée et dans la chambre antérieure de l’œil. Après une incubation de vingt-
(1) Hoffmann, Verein für innere Mediz. in Berlin , séance du 3 décembre 1906, dans Deutsch. mediz. Woch., 1907, n° 2.
(2) P. Hænsell, Graefe's Arch. /. Ophtalmol. , vol. 27.
Syphil. expér.
cinq jours, Hænsell constata l’apparition d’une iritis et un état trouble de l’humeur aqueuse, lésions qui s’accompagnèrent, neuf jours après, d’un développement de granulations ayant pour siège l’iris. Six mois après l’inoculation, des nodules apparurent sur l’iris de l’œil opposé et s’entourèrent d’un réseau vasculaire les reliant entre eux. Deux autres lapins inoculés de la même façon avec des produits de plaques muqueuses et de chancres, présentèrent soit des nodules analogues aux précédents, soit des signes d’iritis syphilitique. Hænsell réussit d’ailleurs à inoculer ces lésions à un autre animal de la même espèce.
Il n’est pas douteux, maintenant que l’on connaît les résultats démonstratifs de Bertarelli, que Hænsell obtint réellement, chez le lapin, des lésions de nature syphilitique; mais, à l’époque où elles furent publiées, ces expériences ne pouvaient être considérées comme probantes, car les seuls arguments en faveur de leur spécificité étaient la durée de l’incubation et l’unique passage réalisé par cet auteur. En effet, les manifestations oculaires enregistrées par Hænsell n’offraient rien de caractéristique et pouvaient avoir pour origine une autre cause que la vérole.
Les mêmes objections peuvent être adressées aux expériences de Siegel (1) et de Schulze (2). Ces chercheurs prétendent avoir reproduit chez des lapins auxquels ils avaient injecté du virus spécifique soit par la voie sous-cutanée, soit par irritation de l’iris, ou encore par scarification de la face interne de l’oreille, non seulement des accidents locaux, mais encore des manifestations secondaires de la peau (papules ou grosses ulcérations). Sur l’iris, seraient apparus des nodules, dont la structure histologique, examinée par Schulze, offrait une grande ressemblance avec celle des lésions syphilitiques. C’est sur cet examen et sur la présence
(1) Siegel, Abhandl. der kgl. preuss. Akad., 1905 ; Mediz. Klinik, 1905, n° 56, p. 1449; München, med. Woch., 1906, n° 28 et 29.
(2) Schulze, Ziegler's Beilr. f. pathol. Anat ., 1906, vol. 39, p. 180.
SIGNES ET ÉVOLUTION DE Là SYPHILIS EXPÉRIMENTALE. 35
du Cytorrhyctes luis dans le sang et les altérations obtenues, que Siegel et Schulze se basent pour affirmer leur nature syphilitique. Or, bien que ces auteurs aient parfois réussi à transmettre la maladie aux singes, en leur inoculant certains de ces produits, bien que dans leurs expériences (surtout celles portant sur l’œil) il y ait une part de vérité, le mode d’injection par voie sous-cutanée d’une part, et d’autre part la description d’accidents secondaires de la peau, ont jeté un certain discrédit sur l’ensemble de leurs résultats. Enfin, on sait actuellement que leur argument principal, à savoir la présence du Cytorrhyctes luis, n’a aucune valeur, puisqu’il est établi aujourd’hui que ce prétendu parasite, s’il existe, n’a aucun rapport avec l’infection syphilitique.
C’est à Bertarelli (1) que revient le mérite d’avoir le premier démontré, par des expériences méthodiques et précises, la transmissibilité de la syphilis au lapin. Voici, en résumé, les données qui se dégagent de ses recherches : si, à l’aide d’un couteau de Graefe, on inocule du virus spécifique humain en scarifiant profondément la cornée au voisinage du limbe, ou en l’introduisant dans la chambre antérieure de l’œil, on constate, après une incubation d’un mois à un mois et demi, l’apparition d’une kératite parenchymateuse avec érosion plus ou moins étendue (3 à 6 millimètres) de la cornée. En examinant ces lésions au microscope, après imprégnation par le procédé à l’argent, on constate une infiltration lymphocytaire des couches cornéennes voisines de l’ulcération, siégeant surtout autour des vaisseaux néoformés, et" un gonflement de l’endothélium vasculaire. De plus, on trouve chaque fois une quantité considérable de tréponèmes disposés longitudinalement entre les lamelles cornéennes. Ces parasites, plus rares au niveau de l’ulcération même, dont le fond est envahi par des bactéries banales, abondent à une certaine distance de la lésion principale. Nous
(1) Bertarelli, Rivista d'Igiene , 1906, vol. 17 et 18.
reviendrons d’ailleurs plus loin sur cette répartition des spirochètes dans les tissus cornéens. Ajoutons que pendant la cicatrisation, il se produit du tissu fibreux qui déforme la cornée.
Selon Bertarelli, il est impossible de transmettre la maladie à coup sûr au lapin ; ainsi, dans une publication ultérieure, ce savant rapporte huit résultats positifs et sept insuccès, soit une moyenne d’environ 50 p. 100. L’auteur ne se contenta pas de reproduire la lésion spécifique chez le lapin, mais étudia aussi sa transmissibilité en série sur des individus de la même espèce (passage de cornée à cornée) et sur d’autres animaux. Dans le premier cas, il réalisa un grand nombre de transmissions et remarqua que le virus, loin de s’atténuer, montrait une certaine exagération de son activité. Ainsi, tandis qu’il est assez rare d’obtenir des lésions binoculaires en se servant de produits syphilitiques humains, cela devient la règle, si l’on a soin d’employer un virus de passage. Ce virus est d’ailleurs transmissible au cobaye , chez lequel on observe les mêmes lésions que chez le lapin (kératite, présence de spirochètes).
Plus intéressantes sont les expériences de Bertarelli concernant la transmission du virus du lapin au singe. Ainsi, en employant des produits provenant de lésions cornéennes de cinquième passage et en les injectant à des Macacus cynomolgus , soit à la cornée, soit sur la peau préalablement scarifiée, cet auteur a reproduit des manifestations typiques, kératite et chancre ; ces lésions, qui contenaient des tréponèmes, inoculées à d’autres lapins, déterminèrent une infiltration syphilitique de la cornée après dix-neuf jours d’incubation. Enfin, d’après Bertarelli, comme d’après Hoffmann et Brüning (1), il est possible de contaminer le chien et la brebis par scarification cornéenne.
Il n’est donc plus douteux que la syphilis soit inoculable au lapin et à quelques autres espèces animales; la maladie
(1) Hoffmann et Brüning, Deutsch. med. Woch.} 1907, n° 14.
ne se traduit que par des manifestations locales intéressant spécialement l’œil, puisque ni par les voies intra-durales et veineuses, ni par inoculations cutanées, on n’a obtenu des résultats positifs, malgré les affirmations de Siegel. Ces accidents locaux ne s’accompagnent d’aucun autre symptôme; toutefois, certains troubles nerveux, se traduisant par une parésie des pattes postérieures, ont été observés par Bertarelli, sans que l’on puisse affirmer leur origine syphilitique. Ajoutons que la présence constante du Treponema pallidum d’une part, d’autre part l’inoculabilité en série aux individus de la même espèce et aussi aux singes, ne permettent pas de mettre en doute les résultats obtenus par le savant italien.
D’ailleurs, ces recherches furent confirmées par celles de Scherber (1), de Greef et Clausen (2), de Hoffmann (3) et de Schucht (4). Les deux premiers ne firent que reproduire les expériences de Bertarelli sans y ajouter rien de spécial, tandis que Schucht démontra la présence du virus syphilitique dans les organes d’un lapin qui avait été inoculé par scarifications cornéennes. Au dire de Neisser (5), cet auteur aurait provoqué, chez un singe, un accident primaire à la suite de l’inoculation de tissu rénal provenant de ce rongeur. C’est la seule observation de ce genre qui ait été publiée (6).
(1) Scherber, Wien. klin. Woch., 1906, n° 24, p. 726; Verhandl. der deutsch . dermat. Gesellsch. IX Kongress, à Berne, 1907, p. 255.
(2) Greef et Clausen, Deutsch. mediz. Woch., 1906, n° 36, p. 1454.
(3) Hoffmann, Dermatol. Zeitschr., 1906, vol. 13, fasc. VIII, p. 561.
(4) Schucht, Cité d’après Neisser.
(■5) A. Neisser, Die experim. Syphilisforschung, Berlin, Springer, 1906, p. 9.
(6) D’après Parodi ( Centralbl . jür Bakteriolog. Orig., 1906, vol. 44, fasc. V, p. 428), l’inoculation du virus spécifique dans le testicule du lapin est suivie d’une multiplication locale du tréponème ; ces recherches ont été confirmées par Hoffmann ( Kongress der deutsch. dermat. Gesellsch., Francfort-sur-Main, juin 1908, in Deutsch. med. Woch., 1908, n° 30, p. 1335), qui a obtenu une lésion papuleuse au doint inoculé. D’un autre côté, Grouven {Mediz. Klinik, 1908, n°8, et Dermatol. Zeitschr., 1908, vol. 15, fasc. 4, p. 209) a observé chez un lapin atteint de kératite syphilitique, une généralisation du virus se traduisant par des manifestations contenant des tréponèmes, et localisées au nez et au prépuce. Ajoutons que, d’après Levaditi et Yamanouchi ( Comptes rendus de la Soc. de Biologie, 1908, vol. 64, p. 937), il est possible d’inoculer la vérole au lapin en introduisant des fragments de cornée, riche en spirochètes, sous la muqueuse préputiale.
La transmissibilité de la syphilis au lapin par scarification de la cornée, offre un intérêt tout particulier. Elle montre d’abord l’existence d’une certaine analogie entre la vérole et la vaccine. On sait, en effet, que cette dernière peut être inoculée au lapin de la même façon que la syphilis et qu’elle engendre, après une période d’incubation plus courte (un ou deux jours), des lésions de kératite parenchymateuse diffuse avec ulcération superficielle. Cette analogie ressort également ^ des données fournies par l’étude de l’immunité cornéenne et cutanée qui se développe à la suite de l’infection vaccinale du lapin, et qui offre plus d’un point commun avec celle de la syphilis. Nous reviendrons d’ailleurs sur ce point, lorsque nous examinerons en détail cette immunité étudiée en particulier par Kraus et Volk (1) et par A. Neisser (2).
D’un autre côté, ces recherches, démontrant la susceptibilité du lapin à l’égard du virus spécifique, et aussi la conservation de ce virus par des passages en série faits chez cette espèce animale, permettent d’espérer qu’il sera possible, dans l’avenir, d’obtenir un virus fixe pouvant être utilisé comme vaccin. Cet espoir est d’autant plus réalisable, qu’il s’agit, dans ce cas particulier, de passages par une espèce éloignée de l’homme, et par conséquent capable d’imprimer au microbe de la vérole des modifications de vitalité et de virulence plus profondes que celles qu’il subit dans l’organisme du singe.
(1) Kraus et Volk, W ien. klin. Woch., 1906, vol. 19, n° 21.
(2) A. Neisser, Kongress der deutsch. dermatolog. Gesellsch., Francfort-sur- Main, juin 1908.