‹ La Syphilis constitutionelleChapitre 32 sur 49 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

4Fnpn01VS SYPHILITIQUES DES ORGANES UEUfAiaES

ET PIGESTIFS.

Nous répéterons, à propos de l'appareil urinaire, ce que nous avons dit pour l'appareil respiratoire. Les ulcérations et les cicatrices de l'urèlhre sont très bien connues, et elles ont exactement le même caractère que celles du larynx. J'ai rencontré quelquefois ces lésions

(1) VerhandL der Berliner Gesells. filr Geburtshulfe^ vol. X, p. 89.

(2) WUrzb. Verhandl., vol. III, p. 869.

160 STPHIUS DES OAGMUS imiXAIMES.

dansTurèthre de la femaie, et j'ai décrit avec détail .^1) le cas d*une fiersonne chez laquelle Fulopration s'était étendue jusqu'à la vessie et était cicatrisée. Je n'insisterai donc [)as sur ce point. •

L'incertitude commence à mesure qu'on arrive à- la {lartie su[xh'ieure de l'appareil urinaire. On ne sait rien de positif sur les uretères et les bassinets, quoique beaucoup d'hydronéph roses semblent commencer par ces parties. Il est difficile, comme Rayer le fait observer, d'avoir d(^ notions exactes sur les lésions syphilitiques du rein. Ce qu'il dit à ce sujet a rapport, comme je le disais plus haut (page 22), à la dégénérescence ainyloïd(.% et est ici de peu d'importance. Car sïl existait - {)0ur les reins une des lésions locales que nous avons étudif^'es ailleurs, ce devrait être une néphrùe simple^ partielle^ interstitielle ou gommeuse. Je pourrais citer bien des exein|)les de néphrite simple, et sans aller si loin, h5s obsiM'vatioiis que j'ai publiées (obs. II) en sont des ex<nnples; mais la néphrite simple est si commune, qu'il est difficile de l'attribuer à la vérole, lorsqu'elle. m s'aciMJinpagne pas de certains caractères. Je veux parler de l'aspect calleux ou gonimeux, sur lequel j'ai déjà insisté, et il faut le dire, bien des cicatrices que Ton attribue à l'engorgement hémorrhagique , doivent fiiw attribuées à la syphilis. J'ai vu des altérations semblables à côté d'hépatite cicatricielle ou gommeuse; mais elles se trouvaient à un stade si avancé, que je ne puis affirmer leur nature spécifique d'après leur mode de développement.

(1) WUrzb. VerhandL, vpl, UI,p. 366,

ni-r.ÉÎ^ÉItESCENCE SYPHILITlOrfi î>ll ftElV. 161

Daus CCS derniers temps, j'ai eu i)liisieiirs fois Toccasion d'observer des iiiodificalions caractérisliqnes des reins dans la syphilis constilulionnelle. La forme la plus commune était la néphrite interstitielle; tanlùt locale, tantôt développée en plusieurs points des reins, celte altération produisait Tinduration et la rétraction du tissu conjonctif, la dégénérescence graisseuse et l'atrophie de répithéliuni des canalicules urinifères, et enfin des dépressions cicatricielles profondes de la surface des reins. Plus rarement il m'a été donné de voir la dégénérescence diflTuse du stroma rénal, altération très diflBcile à reconnaître. J'en fis Tobservation pour la première fois sur un rein syphilitique que m'envoya M. le docteur Tiingel (de Hambourg). Dans ces cas, les reins sont tuméfiés; leur surface est lisse, décolorée et un peu relâchée ; elle est d'un blanc grisâtre, et présente des stries fines ou de nombreux points jaunâtres. A la coupe, on voyait à l'œil nu des stries jaunâtres pénétrer dans le tissu fondamental coloré en jaune clair, et le microscope fit reconnaître dans ces points du tissu conjonctif du stroma, des granules graisseux serrés les uns contre les autres.

Avant de quitter ce sujet, je ferai remarquer que dans le cas de Wiirzburg (1), on trouvait aussi une augmentation de volume et une dégénérescence graisseuse complète des capsules surrénales; plus tard, j'ai rencontré quelquefois cette altération chez des enfants aftectés de syphilis congénitale. J'ai observé aussi à cet

(1) Wtlrzb. Verhandl., vol. Iir, p. 368.

I6â Slrt»HILtS DES OàGANES DtGËStlM.

âge une dégénérescence graisseuse du pancréas, rétrécissement du conduit de Wirsung!^ qui était rempli de mucus gélatineux.

Parmi les aflections syphilitiques du tube digestif, nous avons souvent parlé des gommes de la langue et des ulcérations du voile du palais et du pharynx, dont la cicatrisation produisait la sténose et Tatrésie de ces parties. L'œsophage semble, dans la plupart des cas, avoir été épargné par la vérole. Follin (1) présume cependant qut? quelques cas de stricture connus dans la littérature médicale pourraient bien avoir une origine syphilitique. Consultez aussi, sur ce point, l'observation IV.

Les ulcérations syphilitiques de l'estomac dont parle Cruveilhier (2) sont décrites d'une manière un peu générale. Cullerier (3) a publié un exemple d'entérite syphilitique tertiaire ; mais ses descriptions se rapportent plutôt k (les ulcérations ordinaires de follicules , et les observations cliniques de Pillon (ft) ont peu fait avancer la science sur ce sujet. De Bserensprung (5) a récemment décrit d'une manière plus exacte les ulcérations du gros intestin , qui sont relativement fréquentes à Berlin , et qui atteignent des dimensions étonnantes. Gosselin (6) a traité des strictures qui peuvent en résul-

(1) Des rétrécissements de l'œsophage, Paris, 1853, p. 80.

(2) Revue médicale, 1838.

(3) Union médicale, 185û, n* 137.

(A) Gazette des hôpitaux, 18ô7, n" 66.

(5) Annales de la Charité, vol. Vf, p. 56.

(6) Archives générales, 5* série, 185â, t. IV, p. 666.

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ter. Il ne m'a pas été donné d'observer cette affection à son début ; je n'arrêterai donc pas le lecteur sur ce point.

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