GOMMÉS DU POUMON
broncho-pneumonie particulière, sèche, souvent presque caséeuse (tuberculeuse). L'examen microscopique démontrait que la masse sèche, résistante, très analogue à l'infiltration tuberculeuse, qui était renfermée dans les alvéoles du poumon, était composée de cellules pressées les unes contre les autres, puriformes pour la plupart; la plus grande partie était rapidement détruite par la métamorphose graisseuse, et restait dans la vésicule pulmonaire sous forme de détritus granuleux. Mais cette même forme se rencontrait aussi sans relation directe avec la syphilis. J'ai observé aussi assez souvent, chez des enfants simplement atrophiés, une infiltration assez abondante autour des bronches, à l'endroit où elles pénètrent dans les lobules pulmonaires, ainsi que des granulations, des foyers, ressemblant parfaitement à ce qu'on nomme le tubercule, et qui se trou - ^^aient répandus dans les poumons.
Pour le moment, il est difficile de déterminer les «ignés certains auxquels on peut reconnaître la nature syphilitique de semblables pneumonies; j'hésite de môme à me prononcer sur certaines modifications cicatricielles et caséeuses dont il est fort possible qu'une partie appartienne réellement à la syphilis.
Comme j'ai pu m'en convaincre, il faut notablement restreindre, dans le poumon, les altérations attribuées à la véritable tuberculisation ; beaucoup de cicatrices calleuses et ardoisées, beaucoup d'indurations caséeuses, ne résultent pas d'un tubercule guéri. Je suis donc plus . que jamais porté à admettre la possibilité d'une syphilis pulmonaire.
158 StPHILiS DES OUGANES tlBSt»IllAT01àES.
En analysant les observations citées dans ce livre, on trouvera souvent des cicatrices éparses ou uniques, des tubercules caséeux ancien^, des c^rnifications pulmonaires (obs. II, IV, V, VII, X)., et dans un seul cas (obs. V) une véritable tuberculisation. Mais tant que rhistoire et le développement de ces altérations seront connus d'une manière aussi peu précise, il ne faut pas oublier que les sirpples catarrhes chroniques et la scrofule peuvent cau^r des modifications semblables.
J'ai peu de faits précis sur la syphilis du thymus. En 1850, Dubois attira Vs^tteqtion s^r TinBltration purulente de cette glande dans la syphilis héréditaire. Lieutaud (1) dit avoir trouvé )e thymus putréfié chez un jeune homme de dix-huit ans, qui avait, à la suite d'une vérole, sqbi un traitement mercuriel. Cette observation est* encore mpins concluante que celles de Dubois, où il est dit qu'en pressfant le thymus avec les doigts, on en faisait sourdre un liquide purulent. Le suc normal de la glande a très souvent l'aspect puriforme. F. Weber (2) décrit au contraire un cas d'abcès chez un nouveau-né, et il me semblp que Friedleben (3) a tort d'élever des doutes sur la valeur de cette observation. Les trois cas de C, Hecker (4) me paraissent être
(i) HisU anat. medica^ éd. Schlegel. Gothc et Amstdod.» 1796, Tol. Il, p. 2/i1.
(2) Beitrtige zur patL Anat. der Neugebornen, Kiel, 1852, vol. lï, p. 75.
3) Die Physiologie der Thymusdrtise. Francfort, 1858, p. 170.
(l\) Verhqndl, der Berliner GeselU, frlr Geburtskulfe, vol. V|II, p. 117, 122.
AMES DU THtMOS. lS9
très valables; ils ont trvt aussi à la formation d'abcès dans le thymus. Le cas de lichmann (1), où il y avait des tubérosités formées par du tissu conjonctif, ayant subi la métamorphose graisseuse, dans le thymus, la dure-mère et le foie, serait le plus remarquable, si les antécédents étaient établis d'une manière plus certaine.
Enfin Faffection syphilitique peut s'étendre des voies aériennes à l'appareil auditif. J'ai publié un cas de suppuration de la cavité tympanique (2).
Dans le cas dont 0. Heyfelder a donné la description (voyei page 6&), les cicatrices de la muqueuse du pharynx et des fosses nasales étaient si considérables, qu'elles oblitéraient presque entièrement Torifice de la trompe d'Eustache. La surdité syphilitique peut donc, / QiAine en ne tenant pas compte des lésions nerveuses, être produite de diverses manières.