‹ La Syphilis constitutionelleChapitre 35 sur 49 · SYPHILIS DES GANGLIONS LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

SYPHILIS DES GANGLIONS LYMPHATIQUES

pect de bouillie (1 ). » Dans le plus grand nombre des cas cependant, j'ai trouvé les ganglions moins volumineux, plus compactes et plus résistants, présentant dans quelques cas la tuméfaction irritative simple ; dans d'autres cas, ils étaient plus blancs et plus secs (hyperplasie avec métamorphose graisseuse commençante). Ici la modification graisseuse ne reste pas limitée aux corpuscules lymphatiques; elle s'étend au stroma du ganglion; et si particulière que soit la marche de l'altération (qui est en rapport avec la structure particulière de Torgane), on peut pourtant la comparer à la marche des tumeurs gommeuses que nous avons étudiées dans les autres organes.

Quand les ganglions tuméfiés sont nombreux et volumineux, l'altération peut, comme dans la leukémie, s'accompagner d'une augmentation très considérable des corpuscules blancs du sang (leucocytose). Notre sixième observation en est un bel exemple. Mais oïdinairement le tissu hyperplastique est si épais, les cellules sont si serrées les unes contre les autres, qu'il se forme , dès le début de la maladie , des obstacles au cours de la lymphe; la nécrose, ou mieux la nécrobiose, arrive si prématurément, que les phénomènes actifs, ainsi que la productivité du ganglion, sont interrompus de bonne heure ('i). La formation des corpuscules blancs est ralentie; le sang s'appauvrit, il est moins riche en éléments cellulaires, et l'on comprend

(1) Gcsamnu AbhandL^ p. 63i(i.

(2) Cellular Pathologie, p. 168, 172,

SYPHILIS SPLÉMQl'Ii:. 16\)

qu'il puisse en résulter une leucocytose caraclérisée, ou, comme ou l'observe ordinaireuienl, roligoéuiie (ciiloroauéniie, cachexie, marasme) 1;.

Ce qui se passe clans les {ganglions lymphatiques s'observe aussi dans les organes qui leur ressemblent ; c'esl ce que Ton renianiue surtout aux follicules de la base de la langue, du pharynx et des amygdales. Au contraire, les phénomènes pathologitpies qui se passent dans les organes lymphatiques plus d<'»veloppés ont une marche particulière; j'ai déjà parlé du thyujus, je vais nroccuper de la rate.

Depuis longtemps on a mentionné des engorgements syphilitiques de la rate, et l'on a regardé la rate lardacée comme une altération caractéristique de la vérole. On a même été jusqu'à considérer comme lardacée ou cireuse toute tumeur splénique se formant pendant la syphilis constitutionnelle. Ceci est certainement inexact. Il est vrai que la modification amyloïde de la rate st», rencontre souvent dans la diathèse syphilitique, mais les plus grosses tumeurs n'ont justement pas la nature amyloïde, et sont beaucoup plutôt de nature hyperplastique. On peut distinguer deux variétés de ces hyperplasies. L'une est flasque, molle, l'autre indurée, luette dernière ressemble beaucoup à l'altération amyloïde avec laquelle on pouvait la confondre lorscpie la réaction de l'iode n'était pas connue. Elle consiste en une augmentation des éléments du tissu conjonclif , et l'on peut l'attribuer à la splénite interstitielle, dont le

(1) Voy. Chapitre II, p. *22.

Page 1