‹ La Syphilis constitutionelleChapitre 39 sur 49 · ÉTUDE DES GOMMES · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES GOMMES

éléments de la gomme ne prennent Thabitus complet, l'aspect spécial des éléments des tumeurs malignes.

Cette évolution pathologique est-elle spécifique, estelle caractéristique de la syphilis? Elle présente évidemment de nombreuses analogies avec la marche morbide de diverses altérations, et chaque observateur peut choisir une analogie différente , suivant qu'il prend pour terme de comparaison tel ou tel stade, telle ou telle forme de gomme. La forme purulente permet des comparaisons que n'autorise pas la forme gélatineuse ; le stade de granulations (celui qui est caractérisé par la formation de cellules, par la prolifération) a des analogies qu'on ne saurait prêter à la période où la gomme prend la forme caséeuse (stade analogue au tubercule, stade phyraatoïde). Il y a môme de nombreuses différences, suivant que tel ou tel organe est affecté. Nous avons pu comparer les gommes des ganglions lymphatiques aux altérations produites dans ces organes par la tuberculose et la scrofule, et même par la fièvre typhoïde et la leukémie, tandis qu'à propos de la rate, notre terme de comparaison a été l'infarctus hémorrhagique.

Mais si Ton cherche une analogie pour l'acte morbide en général, on ne la trouvera que dans l'histoire des maladies infectieuses (zymoses). Parmi les affections connues, je ne saurais mieux comparer la syphilis qu'à la morve et au farcin, et ceci à cause de la diversité des altérations locales, de la multiplicité des organes et des tissus attaqués, de la succession des altérations. Ricord a été logique lorsqu'il a été tenté d'admettre que la

PRODUCTIONS ANAI-Or.rES AUX f.OMMKS. 177

syphilis provenait de la morve. En effet, dans cette dernière maladie, les premiers signes sont en général des ulcérations locales suivies d'altérations des ganglions et de bubons; ensuite viennent des éruptions cutanées, la formation de nodosités et d'ulcérations dans le tissu cellulaire sous-cutaiié, dans le périoste et les os, dans les poumons et les testicules, dans le larynx et dans les organes internes les plus divei^s. La marche de la morve peut affecter la forme chronique et durer des années. Ici encore on a cru souvent avoir affaire à une forme de tuberculose, et cela parce que la substance des nodosités présentait la consistance résistante, la coloration blanc jaunâtre, Taspect caséeux du tubercule cru. Ces analogies prouvent-elles que les deux produits soient identiques ?

Dans la syphilis, il est justement évident que le produit morphologique n'a pas une valeur absolue. Il n'a d'importance que par son développement et les métamorphoses ultérieures qu'il subit pour revenir sur luimême, par son évolution et son mode d'existence.

Le produit pathologique qui lui ressemble le plus et • qui dépend en partie de la syphilis, est le lupus. Pohl (1) a décrit, dans un travail très consciencieux, les deux principales formes sous lesquelles on observait le lupus; on peut aussi les diviser en forme molle et dure, en lupus celluleux et lupus fibreux.

Si l'on veut trouver des formations de tumeurs qui ressemblent aux productions pathologiques de la syphi- •

(1) Archiv fUr pathoL Analomie, vol. VI, p. 17/i.

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lis. il Suit prendre le sarcome que je me suis efforcé (1 ) de diviser en deux formes : Tune qui serait plutôt cellulaire, Tautre qui serait plutôt fibreuse, et dont le type de formation se rapproche surtout de Tbistoire du développement du tissu conjonctif (*2).

Enfin, si Ton veut trouver une altération semblable à la transformation graisseuse de la gomme et se produisant dans du tissu conjonctif, on ne saurait mieux la rencontrer que dans la transformation athéromateuse de la sclérose artérielle (endoartérite) ; on pourrait même se demander si celte lésion ne reconnaît pas une origine syphilitique. Dans Fobservation que nous avons citée et dans laquelle j'ai trouvé une tumeur évidemment syphilitique de la dure-mère (voy. observation X), la paroi de la carotide interne qui touchait la tumeur avait subi un notable épaississement, analogue à Tépaississemeut de Tendocarde dans la myocardite syphilitique. J'ai démontré aussi que rendoartérite (dégénérescence athéromateuse), au lieu de se terminer par la transformation graisseuse ou calcaire, pouvait finir par la suppuration (â). Ce qui différencie surtout la dégénérescence graisseuse de la gomme de la métamorphose graisseuse de l'atbérome des vaisseaux sanguins, c'est que ce dernier contient presque toujours de véritables cellules granuleuses volumineuses et un détritus graisseux mollasse. Dans la tumeur gommeuse, au con-

(i) Archiv fur pathoL Anatomie^ p. 195 et suiv.

(2) Cellular Pathologie, p. /i3i.

(3) Archiv fur pathoL Anatomie, toI. I, p. 307 ; |et Gesammelte AbhanéU., p. /^03.

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