‹ La Syphilis constitutionelleChapitre 41 sur 49 · BASE DU CHANCRE INDURÉ · texte numérisé non relu

BASE DU CHANCRE INDURÉ

que rhydrargyrose produit un sarcocèle gowmeux, une myocardite gommeuse, une sténose du larynx, une iritis. Cest ce que personne n*a encore prouvé ; mais il y a encore une objection à opposer aux ennemis du mercure : c'est que le chancre induré ressemble entièrement aux productions gommeuses. J'ai toujours insisté sur ce fait (1), et les descriptions que Michaelis, Lebert, de Baerensprung ont données du chancre, confinâent de tout point mon opinion.

Le fond induré de l'ulcère chancreux nous présente la même prolifération du tissu conjonctif, la même destruction des éléments en fines granulations graisseuses, le même épaississement que Ton remarque dans la tumeur gommeuse noueuse des parties internes. Michaelis a été plus loin; il a, par des inoculations, cherché à démontrer que le détritus du chancre induré possède les propriétés infectantes, et que cela est vrai pour le bubon comme pour le chancre (2).

La description de Lebert (3) se rapporte au stade initial de Tinduration, et la contradiction apparente qui se trouve entre celte description et celle qu'il donne de la tumeur gommeuse s'explique en ce qu'il a choisi pour décrire celte dernière la période de la métamorphose caséeuse. Il dit de l'induration : « Ce tissu, que j'ai vu avoir jusqu'à 6 millimètres d'épaisseur, a un aspect

(1) CanstaWs Jahresbericht fiir i^^3,U II, p. 66.

(2) Zeitschrift der K, K. Ges, der Aerzte zu Wien^ 1856, p. Û18 ; 1857, p. 791.

(3) Traité d'anatomie pathologique, vol. I, p. 179; ei Handb, der praktischen Medicin^ yoI, I, p. 3à^. .

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iSH ÉTUDE DES GOMMES.

particulier ; il est d'un jaune rougeâtre pâle ; il a une mollesse élastique et il est brillant. A la pression, oti en fait sortir un suc blanchâtre, un peu trouble, très filant. Les vaisseaux sont plus nombreux et plus ramifiés à la surface. On y rencontre surtout les noyaux ovales et ronds du tissu fibro-plastique, un certain nombre de corps fusiformes, et proportionnellement une* petite quantité de cellules complètes. Tous ces éléments se trouvent compris entre les fibres du derme qui sont écartées par cette exsudation fibro-plastique. »

Cette description, peut aussi s'appliquer aux gomtoes des organes internes, et, au contraire, on trouve dans le tissu induré du chancre cette métamorphose graisseuse, granuleuse, qui caractérise ordinairement les gommes. Ici il n'y a aucune différence.

Nous voici revenu à notre point de départ. Comment différencier les accidents syphilitiques secondaires dès accidents tertiaires? L'examen anatomique nous per-^* met de répondre complètement à cette question. Le chancre induré, que tout le monde regarde comme secondaire, nous présente le même mode de développement que la tumeur gonimeuse que l'on regardé comme caractéristique des accidents tertiaires. L'hépatite simple interstitielle, qu'on regarde comme tertiaire, ressemble exactement à l'orchite simple interstitielle ou à l'iritis, qui sont évidemment des accidents secondaires. Les bubons indolents de la période secondaire présentent àleurmanièrela mêmehypertrbphie, avec épaississement caséeux, que l'on observe dans le lupus ou les gommes de la dure-mère à la troisième période de la vérole: On trouvi}

CLASSIFICATION DES ALTÉRATIONS STPHILlTtQUES. 18A

dans le même organe les altérations simples et gommeuses, les lésions superticielles et profondes. Iji périostite, la périorchite, la périhépatite, Tiritis périphérique, se comportent, par rapport à Tostéite et à Tostéomyélite, à l'orchite, k l'hépatite, à l'iritis interstitielle, comme les inflammations superficielles de la peau et des muqueuses se comportent par rapport aux inflammations profondes des tissus sous-cutanés et soii^ muqueux. Lapériostite simple qui produit desexostoses et des nodosités, la périorchite simple qui produit des épaississements semi-cartilagineux et verruqueux, se comportent, par rapport à la périostile et à la périorchite gommeuses, comme les accidents secondaires de la peau et des muqueuses se comportent par rapport aux accidents tertiaires de ces mêmes organes.

Il n'y a rien de régulier dans la succession de eês accidents. L'ordre n'existe pas plus au point de vtte pathologique qu'au point de vue thérapeutique ; la clinique, pas plus que l'anatomie ne nous démontre, de régularité dans l'ordre d'apparition des accidents syphilitiques constitutionnels. Pendant dix arts, on a considéré l'orchite comme un synjptôme secondaire, et aujourd'hui on la regarde comme tertiaire. La forme tuberculeuse de l'iritis que l'on regarde comme tertiaire apparaît, d'après la chronologie des symptômes, comme un accident secondaire. Gubler (et Dittrich et Diday sont d'accord avec lui) nous apprend que le foie, tout en n'étant soumis qu'aux formes tertiaires de la syphilis viscérale, peut être attaqué et commence à souffrir dans la période secondaire. J'ai démontré (|ue dans la sy|)hilis

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