‹ La Syphilis constitutionelleChapitre 48 sur 49 · Inflammations spécifiques graves, gommeuses · texte numérisé non relu

Inflammations spécifiques graves, gommeuses

1 h^ On trouve ces altérations dans presque tous les organes : les irritations simples représentent les accidents primitifs des organes; les gommes répondent aux accidents secondaires ou tertiaires des organes.

ih" Les accidents primitifs des organes internes et profondsse manifestent en même temps que les périodes secondaires et tertiaires de Taffeclion générale, et que les altérations secondaires et tertiaires d'organes plus superficiels.

16'' La marche des altérations organiques est donc

198 œNCLusiONs.

indépendante de la marche de l'affection générale; le traitement des altérations organiques n'est pas le même que le traitement ordinairement appliqué à l'affection générale dans la période correspondant à ces mêmes altérations organiques.

17® La tumeur gommeuse débute, comme la granulation, par l'augmentation de volume et par la multiplication des cellules préexistantes (hypertrophie, hyperplasies).

18* La prolifération cellulaire peut être très abondante ; alors le tissu se ramollit et i1 se forme une ulcération, ou bien se produit la métamorphose graisseuse qui donne naissance à la nodosité jaunâtre, dure, sèche (le tubercule). D'après plusieurs observations, cette dernière peut être résorbée, ou bien elle se ramollit et s'ulcère.

. 19* La tumeur gommeuse est donc comparable tantôt à la morve et au farcin, tantôt au lupus, tantôt au sarcome (tumeur fibro-plastique), tantôt à la dégénérescence athéromateuse des artères (pseudo-arteritis deformans), tantôt au tubercule vrai. Elle ne contient aucun élément histologique spécifique ; cependant son développement dans les divers organes présente certains signes caractéristiques constants, surtout au point de vue du siège, de la marche, des rapports des tumeurs entre elles et des accidents consécutifs.

20° L'induration du chancre présente la marche

d'une dermatite gommeuse.

21** La syphilis constitutionnelle attaqué tous les organes internes.

22*" Souvent Thyperplasie, rinflammation simple et la gomme, se trouvent à côté Tune de l'autre; souvent il n'existe qu'une seule de ces lésions à la fois.

23* La syphilis viscérale attaque soit les enveloppes, soit les parenchymes, soit les deux à la fois.

24" Dans les parenchymes, ce sont les masses interstitielles du tissu conjonctif qui subissent l'inflammation simple ou gommeuse. Pendant ce temps, le tissu spécifique (tissu glandulaire, musculaire, nerveux) peut s'atrophier, se nécroser ou (plus rarement) s'hypertrophier.

25» C'est ainsi que se forment la périostite et l'ostéomyélite, la périhépatite et l'hépatite interstitielle, la périorchite et Torchite interstitielle, la péricardite, l'endocardite et la myocardite interstitielle, etc.

26» Chacune de ces affections peut affecter la forme simple ou la forme gommeuse.

27^ La rate et les ganglions lymphatiques présentent seuls, dans la syphilis constitutionnelle, une tendance constante à l'augmentation hyperplastique des cellules glandulaires. On peut diviser en trois stades l'altération syphilitique constitutionnelle des ganglions lymphatiques :

a. Stade d'hypérémie irritative (hypertrophie) ; 6. Stade hyperplastique (infiltration médullaire) ; c. Stade de transformation caséeuse et graisseuse (induration tuberculiforme).

28<> Tout foyer spécifique peut devenir le point de j départ d'une nouvelle infection du sang. !

29* Le plus souvent, ce sont les ganglions lynaphaliques altérés qui sont le point de départ de la nouvelle infection.

30* Il n'y a pas de syphilis générale durable; il n'y a que des symptômes durables (des accidents locaux).

Depuis la publication en Allemagne de mes recherches sur la syphilis, j'ai eu occasion de faire de nombreuses observations sur des sujets syphilitiques. J'ai pu confirmer tous les points nouveaux qui foqt l'objet de ce travail ; il m'a même été donné d'élucider certaines parties des problèmes que j'avais posés. Voici en peu de mots les résultats auxquels je suis arrivé.

J'ai, depuis quelques mois, rencontré si souvent dans le rein, cet organe à propos duquel j'avais surtout été circonspect, des modifications tellement constantes, que je ne puis mettre en doute leur nature spécifique. Tantôt c'est une altération diffuse du tissu interstitiel (stroma), tissu dont un de mes élèves, le docteur Béer, a récemment démontré l'existence de la manière la plus positive ; dans ce cas, les noyaux sont plus nombreux, les cellules se multiplient, enfin il se produit une dégénérescence graisseuse très étendue du stroma. On voit même à l'œil nu les points jaunes qui en résultent. On rencontre plus fréquemment la néphrite interstitielle partielle : elle peut être simple ou gommeuse, solitaire ou multiple. A la fin du processus, on trouve des dé-

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pressions profondes, de dimension variable, répondant quelquefois à une pyramide tout entière, finement granulées à la superficie, indurées et comme tendineuses dans la profondeur ; elles sont colorées en gris et en jaune; un tissu conjonctif simple, riche en cellules, les compose ; les canalicules urinifères et glomérules sont détruits dans cette altération , espèce d'atrophie granulaire, remarquable en ce qu'elle est presque toujours partielle. J'ai pu aussi étudier sérieusement diverses affections syphilitiques des os. Je ne parlerai pas de deux cas très remarquables de carie de l'atlas et de l'axis; l'un des sujets a guéri, l'autre a succombé subitement. Je rappellerai seulement que j'ai vu des ostéomyélites gommeuses très étendues; au tibia j'en ai observé fine avec hypérostose périphérique et la modification de la moelle de l'os ressemblait entièrement à l'inflammation gommeuse des autres organes. Dans un autre cas, je rencontrai, au tibia encore, une hypérostose simple, remarquable en ce que les couches de nouvelle formation, formées par le périoste, étaient d'abord sclérotisées, ensuite poreuses (raréfiées), formant une élévation décolorée, une espèce d'atrophie excentrique, difficile à reconnaître au premier abord.

Enfin, chez deux malades, complètement réfractaires à l'iode, aux sudorifiques et à l'hydrothérapie, et promptement soulagés par les frictions mercurielles, j'ai observé à plusieurs reprises des kéloïdes ayant une . tendance à l'ulcération ; ces productions se développaient sur les cicatrices volumineuses du rupia syphilitique, et leur marche avait la plus grande analogie

APPENDICE. 20â

avec révolution des gommes de formation récente des viscères profonds. J'extirpai un de ces kéloïdes, et je n'y Iropvai qu'un tissu conjonctif dense et résistant, à cellules volumineuses, anastomosées en réseau. I

{Noie additionnelle de l'Auteur.)

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