‹ La Syphilis constitutionelleChapitre 6 sur 49 · CLASSIFICATIONS · texte numérisé non relu

CLASSIFICATIONS

pustule dans ie sens des auteurs anciens, l'appliquant à | toute 6spèi.e d'exanthème. '

Ricord a entièrement modifié cette division trop [ primitive. Tout en laissant à la chronologie des symptômes sa valeur, il fait entrer aussi en ligne de compte certaines circonstances fournies par le siège et la relation physiologique des affections locales. Les symptômes secondaires, disait-il, ne sont plus contagieux ; ils sont héréditaires. Enfin, les symptômes tertiaires ne sont pas contagieux et ne sont héréditaires qu autant qu'ils prédisposent à la scrofule, ce qui, du reste, avait souvent été soutenu avant lui (1).

D'après Ricord (-2), le principe virulent existe encore tïftns les symptômes syphilitiques secondaires; c'est eé principe qui maintient leur existence. A l'époque où les accidents tertiaires se manifestent, le virus serait as contraire entièrement modifié.

Le chancre induré, les bubons secondaires, les syphitides de la peau, les tubercules muqueux, les ulcérations du pharynx, du palais, du nez: Tiritis, le sarcocèle, la chute des cheveux et des ongles appartiendraient, d'a- |>rès Ricord, aux symptômes secondaires; les tubercules profonds, y compris le lupus, les douleurs ostéocopes , U périostite et Tostéile, les gommes et les nodi, lesaffeetiens des muscles, du cerveau, du foie, etc., caracté- Tiseraient les symptômes tertiaires. Ceux-là siégeqt spécialement sur la peau, les muqueuses, et \^\jLn

(1) UaeiUîljDm. de spina ventosa, Lipsiae, 1823, p. Ui» ^î) Uicorcl, Traité pratique des maladies vénériennes, Paris, 1838, p. 643. -

tiicoaD. â

atnneies; eeux-ei attaquent les tissus fibreux, souseutanés et sous-muqueux , les organes profonds et internes.

Nous sommes de ceux qui placent haut les importants ^rvices rendus à la science par le célèbre sy phi lio-* graphe. Mais nous pensons qu'il est difficile de séparer d'une manière aussi tranchée les deux ordres d'accidents. Si leur nature est si différente , le traitement doit aussi varier dans les deux cas. Ricord emploie le nier-* ^ure, non-seulement contrôles symptômes secondaires mais encore contre plusieurs formes de syphilis tar^ tiaire. D'un autre côté, il refuse à cette dernière toute cause virulente , et laisse ainsi à ses adversaires le droit de refuser aux symptômes tertiaires toute origine syphi-? Utique, et de les attribuer au traitement mercuriel. Il dit du reste lui-même : « La thérapeutique amène un désordre apparent au milieu de cet ordre parfait, et ici encore , comme je le démontrerai plus tard , on peut dire :

Souvent un beau désordre est un effet de l'art. »

Peut-être n'est-ce pas au traitement que l'on doit im-

{)uter ce désordre (1). L'examen ne doit pas se borner à 'étude clinique. La syphiliographie, pas plus que les autres branches de la science médicale, ne peut se dispenser de la connaissance anatomique. L'examen clinique a pu suffire , tant qu'il s'est agi de connaître la succession chronologique des affections d'organes superficiels.

(1) Voyez à ce sujet Hassing, De syphilid$Kali hydrojodico tuiJCat<i^ DIsquis. Havaniœ, lS/i0.

& CLASSinCATIONS.

La question changea dès qu'il s'est agi des altératiom d'organes profonds. Qui pourrait , en effet , déterminer : ' le moment pn^cis de la syphilis constitutionnelle « où le i ; foie commence à s'altérer? Aussi Ricord ne s'arrôta-t-il pas aux seules données empiriques de la chronologie des symptômes; il y a joint celles que fournissent II physiologie et Tanatomie. Voici en peu de mots moa opinion sur les premières : Après avoir vu les inocula- ; lions faites à Wurzbui^ (1), par Rinecker, je suis plei- I nement convaincu de la contagionabilité des symptômes b secondaires; si Ton me démontrait que la syphilis tertiaire n'est jamais inoculable , je trouverais dans ce seul fait une différence tranchée entre les symptômes te^ tiaires et les symptômes secondaires. Malheureusement on ne connaît rien de positif sur ce point. La mèine hésitation se remarque à propos de la transmission héréditaire. Il est démontré que des enfants viennent au monde avec des affections tertiaires, que ces dernières apparaissent dans les premiers temps qui suivent la naissance. Les enfants présentent non-seulement Thépatite syphilitique, mais encore (et le plus souvent) les tubercules profonds du tissu sous-cutané, ce que Rineo ker (2) a nommé : syphilis norfa«a. J'ai même observé des nouveau-nés syphilitiques présentant , dans la substance cérébrale, de petits foyers blanchâtres, ponctués , entièrement constitués par des amas de granules graisseux. Il me serait pourtant difficile de décider si les

(1) Rinccker, WUrzburg VerhandL, vol. IIF, p. 375.

(2) Rinecker, op. ctï., vol. I^p, 117.

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parents de ces enfants avaient la vérole tertiaire; ce que j'ai vu , ce sont des mères affectées d'accidents secondaires allaitant des enfants présentant des signes non équivoques de symptômes tertiaires.

En somme , la question des propriétés physiologiques des symptômes constitutionnels est si compliquée, qu'il faudra bien du temps avant qu'on s'accorde sur ce point; un sujet aussi scabreux permettra toujours à l'adversaire de s'en tirer par le doute ou par de mauvaises plaisanteries.

Ricord a également répondu aussi à la question anatomique; nous allons essayer de discuter son opinion. Il a rangé les symptômes constitutionnels d'après leur siège , localisant l'un et l'autre stade dans des organes divers. Les maladies des os sont, d'après lui, toujours tertiaires; les affections des testicules et de Tins sont toujours secondaires. Certains organes sont attaqués dans les deux cas; la syphilis secondaire est néanmoins plus superficielle , les symptômes tertiaires agissent plus profondément (l). D'après cela, Ricord aurait deux principes de classification au heu d'un, comme il semble le présumer. 11 ne peut pas, comme il devrait le faire (2), pour être conséquent avec lui-même, ranger anatomiquement l'iris et les testicules dans la même

(1) Ricord semble avoir modifié son opinion en ce qni touche le testicule; il voit apparaître Taltéraiion de cette glande dans les premiers temps de la troisième période, quatre ou cinq mois au plus après Tinfection. (Canstatt's Jahresbericht^ 1852, vol. IV, p. 511.)

(2) Voyez ses Lettres sur la syphilis , p. 222, de la traduction allemande de Uman.

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classe que la peau, les muqueuses et leurs abiidxès; tissus, qui, d'après la classification de Ricord, Boot surtout exposés aux altérations syphilitiques secondaires; riris et les testicules ont une analogie biet) pltls grande avec les* tissus sous-cutané et sous^nmqueui; tnais ces derniers sont plus spécialement le siège d'ftOcidents tertiaires.

L'examen anatomique de maladies spéciales tie doit {mis être uniquement fait au point de vue du siège. Laquefi lion scientifique porte toujours sur la naturedes niodificfttiens. M. de Baerensprung est, il me semble, le plumier qui ait envisagé la question au point de vue ànatoliM)pathologique, d'abord dans un compte-rendu du servtOe des vénériens de la Charité de Berlin (1 ), et plus spécillement ensuite dans nn discours sur la syphilis tertiairt. prononcé à la Société de médecine scientifique de Berlii). •^n opinion était alors que la syphilis secondaire 8e manifeste surtout par des hypérémies et de sinaples exsudations; que la syphilis tertiaire produit partout le tubercule. La discussion qui s'est élevée à ce sujet m'tmène à présenter mon travail au public. J'avais déjà, à Wurzburg (9) et à Tubingue (â), émis mes idées Sttr

les altérations du foie , des os et des voies respiratoires.

(1) Annales de la Charité^ VI, p. 56, et VII. p. 173.

(2) Comptes rendus de la Société médicale de Wurzburg, t. IV, p. 7;l. Vif, p. 50.

(3) loWnàl du Ûotigrèè des nùtufàîisîei, 23 sfept. 1863, n** 6^ |k W. Ce résumé, lin ped siDmmu1i*e, est conçu en c?6« lerm^ : « VirchéW irè-

gardc comme Cîiiaci(4is«i(|uc pour riié(>aiité s^litHttque, 'fe d€velô|>|ièttient d'im tissu ^omnieux de iKuivrilè forniatioh, ratrf>f>li4è t)é tissu hépatique normal. Ces deux modes d'évolutions paUioi6|^aeii'ii|ft f%-

De Baereu^priiog n'adopte p£us la clossiQeatiQP de Bicord. Pour lifi, rjritjs simple' appartient seul à U • syphilis secondaire. Ixs affections de Tiris, du testicule, du foi€, des os, qui s'accompagnent de productiq^ ^ tuberculeuse, les ulcérations, qui détruisent profondép ment les tissus, sont rangées parmi las symptômes tertiaires (I).

I ^ Lessyipptômessecondaires, d'après de BaerenspruDg, , se manifestent par des inflammatiQr>s limitées de h : couche superficielle du corion (formes maculeuse et squameuse); ils amènent en persistant, une liypertrpr pbie plus ou moins grande du corps papillaire (fqrmgs papuleuse, çondylûme), et enfin une ulcération ayant le caractère du condylôrpe , c'est-à-dire une ulcéralipp dont la base est le corps papillaire hypertrophié, s'éti^i)dant plus ou moins profondément et occasionnant UQ0 cicatrice superficielle, disparaissant peu à peu.

marquent aussi dans les os du crâni*. Les os s'alropbieni, ei la néopbsie périoslique remplit les vides qui s'y forment, surtout à la face in* terne du crâne. Ces néoplasies sont analogues avec la base du cliancfe induré, et eUes se rencontrent aussi dans d'autres organes aUérés ptr la syphilis. On peut ranger celle néuplasie à côté fia tissu coiijooclif ; elJe coiilieni,en outre, de nombreux éléments de nouvelle formalion, et prend peu à peu, à la suite d'une méiumorpliose régressive, Paspect d'une cicetrice. La formation de ces calioslif^ peut amener la cetnpr$îs.si»»«le8 »oics biliaires et prdv<iquer untcièrerebi'lle; dans Qe^Ér» veaMt les pJicuomcMes va^ieui sjJivant que le ciépOl s'est fuiX ])rè^ jde iel ou tel nerf. y>

Je icrai remarqtier que c'est un simple résumé, dont ki rédaction tte m'appartient |[»as. On troMvera des détails plus xifiOMUitMMiés dans CanstalVs Jahr^sbericht, 185;5, t. il, p, 06.

(1) Op. cit.. Vil, p. J>3.

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