SYPHILIS DES GANGLIONS LYMPHATIQUES
internes disparaît peu à peu. et l'on remarque de grands réseaux ou stries rougeâtres, correspondant surtout aux veines. Le ganglion est d'ordinaire ramolli, il cède à la pression, il glisse entre les doigts. A mesure que les follicules grossissent par suite de la multiplication des cellules qu'ils contiennent, on remarque l'effacement des interstices qui les séparent; cette modification est surtout remarquable dans certains cas, ou le stroma subit une prolifération des éléments du tissu conjonctif; le ganglion prend alors un aspect uniforme ; il est blanchâtre, blanc grisâtre , rougeâtre ou gris. La fièvre typhoïde et la leukémie donnent au parenchyme gangUonnaire un aspect plus clair et plus blanchâtre ; il est, dans un sens restreint, plus médullaire et plus humide. Les scrofules et la tuberculisation le rendent moins humide, quoique pâle et grisâtre. Dans les tuméfactions simples, inflammatoires, érysipélateuses, exanthématiques,les follicules se conservent mieux, ils sont distincts, et peuvent mieux se reconnaître à la vue. La syphilis enfin amène, en règle générale, une augmentation de volume du ganglion , qui est blanchâtre et plus sec. Cependant les différences s'effacent, et à un certain degré de la maladie il est presque impossible de distinguer les altérations spéciales aux diverses diathèses; il suffit que la maladie ait une intensité plus ou moins grande, pour que la lésion ganglionnaire prenrîe un caractère différent. Mais c'est un fait irrécusable, que dans le deuxième stade (caractérisé par un aspect médullaire plus ou moins prononcé), la modification essentielle du ganglion consiste en une hyperplasie cellulaire. Dans
MÉTAMORPHOSE CASÉEUSE. 467
toutes les diathèses dont nous venons de parler, Thyperplasie cellulaire peut conduire au ramollissement aigu ou à la suppuration ; mais si Taffection est plus lente, la modification que l'on remarque en général est une métamorphose graisseuse incomplète avec inspissation (dessiccation), que j'ai nommée d'abord (1) métamorphose tuberculiforme, et ensuite, pour éviter une confusion trop commune, 7nétamorphose caséeuse (*2).
Dans le ganglion , ce n'est pas Fexsudat ou la fibrine qui subissent cette transformation ; elle porte toujours sur les éléments cellulaires appartenant au ganglion , ou bien sur les jeunes cellules nouvelles, formées par la prolifération du tissu ganglionnaire. Ces dernières se décomposent, se détruisent; leurs débris restent comme détritus, lorsqu'ils ne sont pas résorbés, et nous avons alors une forme spéciale de nécrose anémique (o). C'est d'ordinaire par une semblable destruction partielle des éléments ganglionnaires que se produit cette forme du bubon indolent que j'ai décrit conime suit : « Les ganglions inguinaux atteignent le volume d'une prune, ils sont blancs à l'extérieur; ils ont presque une consistance médullaire; rouges en quelques points, ils présentent à la coupe de nombreuses saillies caséeuses : les unes sont petites, d'autres atteignent le volume d'un noyau de cerise ; les unes sont blanches et sèches , d'autres subissent un ramollissement qui leur donne l'as-
(1) Archiv. fur pafh. Ânatomie, vol. I, p. 172, et Wurzh. Verhandl., vol. I, p. 85, et vol. I[, p. 72.
(2) Wurzb. V erhandl.,' M ol III, p. 99.
(3) Handb, des spec. Path. und Thérapie, t. I, p. 282.