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classe que la peau, les muqueuses et leurs annexes; tissus, qui, d'après la classification de Ricord, sont surtout exposés aux altérations syphilitiques secondaires; l'iris et les testicules ont une analogie bien plus grande avec les tissus sous-cutané et sous-muqueux; mais ces derniers sont plus spécialement le siège d'accidents tertiaires.
L'examen anatomique de maladies spéciales ne doit pas être uniquement fait au point de vue du siège. La question scientifique porte toujours sur la nature des modifications. M. de Baerensprung est, il me semble, le premier qui ait envisagé la question au point de vue anatomopathologique, d'abord dans un compte-rendu du service des vénériens de la Charité de Berhn (i), et plus spécialement ensuite dans un discours sur la syphilis tertiaire, prononcé à la Société de médecine scientifique de Berlin. Son opinion était alors que la syphilis secondaire se manifeste surtout par des hypérémies et de simples exsudations; que la syphilis tertiaire produit partout le tubercule. La discussion qui s'est élevée à ce sujet m'amène à présenter mon travail au public. J'avais déjà, à Wurzburg (2) et à Tubingue (3), émis mes idées sur les altérations du foie , des os et des voies respiratoires.
(1) Annales de la Charité^ VI, p. 56, et V[I, p. 173.
(2) Comptes rendus de la Société médicale de Wurzburg^ t. IV, p. 7; t. VII, p. 50.
(3) Journal du Congres des naturalistes, 23 sepl. 1 853, n" 6, p. 63.
Ce résumé, un peu sommaire, est conçu eu ces termes : « Virchow regarde comme caractéristique pour Pliépalile syphilitique, le cléveioppemeut d'un lissu ^ommeux de nouvelle formation, l'atrophie du lissu liépatique normal. Ces deux modes d'évolutions pathologiques se J,"^i-
DE BAERENSPRUNCi. 7
De Baerensprung n'adopte pas la classitication de Ricord. Pour lui, l'iritis simple appartient seul à la syphilis secondaire. Les afîections de l'iris, du testicule, du foie, des os, (pii s'accompagnent de production tuberculeuse, les ulcérations, qui détruisent profondément les tissus, sont rangées parmi les symptômes tertiaires (1).
Les symptômes secondaires, d'après de Baerensprung, se manifestent par des inflammations limitées de la couche superficielle du corion (formes maculeuse et squameuse); ils amènent en persistant, une hypertrophie plus ou moins grande du corps papillaire (formes papuleuse, condylôme), et enfin une ulcération ayant le caractère du condylôme , c'est-à-dire une ulcération dont la base est le corps papillaire hypertrophié , s'étendant plus ou moins profondément et occasionnant une cicatrice superficielle, disparaissant peu à peu.
marquent aussi dans les os du crâne. Les os s'alrophienl, et la néoplasie périostique remplit les vides qui s'y forment, surtout à la face interne du crâne. Ces néopiasies sont analogues avec la base du chancre induré, et elles se rencontrent aussi dans d'autres organes altérés par la syphilis. On peut ranger cette néoplasie à côté du tissu conjonclif ; elle contient, en outre, de nombreux éléments de nouvelle formation, et prend peu à peu, à la suite d'une mélamorpliose régressive, Taspecl d'une cicatrice. La formation de ces callosités peut amener la compression des voies biliaires et provoquer un ictère rebelle; dans le cerveau, les phénomènes varient suivant que le dépôt s'est fait près de tel ou tel nerf. »
Je ferai remarquer que c'est un simple résumé, dont la rédaction ne m'appartiant pas. On trouvera des détails plus circonstanciés dans CanstatVs Jahrp-sbericht, 1853, t. II, p. 66.
(1) Op. cit., yil, p. 93.
Les affections tertiaires partent du corion lui-même, du tissu sous-muqueux et sous-cutané. «Dans ce tissu se dépose un exsudât gélatineux, qui se tuberculise ensuite; le ramollissement amène des ulcérations profondes, suivies d'une cicatrice profonde, étoilée, à tout jamais indélébile. On peut comprendre ces formes sous la dénomination de lupus syphilitique.
Sigmund, l'un des plus consciencieux et des plus réfléchis syphiîiographes , se prononce prudemment à propos des symptômes tertiaires. 11 adopte, en y ajoutant les nouvelles idées de l'école allemande, l'expression de «symptômes tertiaires » dans le sens de l'école française (l). En conséquence , il réunit dans ce groupe les altérations des cartilages, des os et de leurs téguments, les tubercules et les nodi isolés , les syphilides squameuses, les affections particulières des follicules pileux et des ongles; les ulcérations de la peau et des muqueuses, les tubercules, quel que soit leur degré de développement , toutes les formes de névralgies , d'inflammations chroniques des muscles, l'altération spécifique du foie, de la rate, des reins, enfin l'anémie et l'hydrémie consécutives à la syphilis invétérée. Il ne veut pas aller plus loin et s'oppose, comme cela a été fait par divers auteurs, à ranger les exsudations de la plève, de l'endocarde^ du péricarde, du péritoine, des ménir^ges, du poumon , du thymus, les tubercules pulmonaires et les scrofules parmi lessymptômes tertiaires. Il s'efforce de démontrer que des phénomènes secon-
(1) Wiener Medic. Wochenschrift, 1856, n" 32.