X PRÉFACE
tion sur cette affection, les cas se sont multipliés d'une manière incroyable. Il s'agissait seulement de les reconnaître. D'après les résultats obtenus, je n'hésite pas à affirmer que sur cent malades qui se présentent chez un oculiste, il y en a, en moyenne, au moins deux dont la vision est imparfaite par suite d'une asymétrie du système dioptrique, susceptible d'être améliorée par des verres cyUndriques. — Ainsi, à notre grande satisfaction, le champ encore obscur des amblyopies est de nouveau sensiblement restreint.
Le docteur Knapp amena la discussion sur ce sujet au congrès des oculistes réunis à Heidelberg, au mois de septembre 1861. Il communiqua les résultats de quelques mensurations de la cornée qu'il avait faites dans des cas d'asymétrie. Je pus y ajouter le résumé de mes propres observations qui , au point de vue des mensurations, s'accordaient avec celles de Knapp, et annoncer en même temps, que dans plusieurs cas j'avais obtenu une améhoration sensible de la vue au moyen d'un verre cyhndrique.
Depuis lors, j'ai continué mes observations. J'ai cherché tout d'abord à faciliter le diagnostic de l'astigmatisme et les moyens d'en déterminer le degré, puis à baser là -dessus les indications des verres nécessaires dans chaque cas particulier. J'ai tâché également qu'on
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obtienne ces verres clans le commerce et Ton trouvera sur ce point quelques indications à la fin de ce travail.
Ce sujet est un nouveau triomphe de la science. Ne faisant ordinairement qu'expliquer les résultats, obtenus déjà par la pratique, elle apparaît ici dans toute son indépendance, laissant à la pratique l'humble tâche d'appliquer ses sentences et d'en recueillir les fruits.
La pratique, de son côté, doit considérer cette tâche comme un constant devoir.
L'auteur.
ALBERT DE GRAEFE
Que de pensées se pressent en moi, tandis que j'inscris votre nom en tête de cette dédicace !
Je rappelle tout d'abord à mon souvenir les jours passés à Londres , pendant lesquels, épanchant librement les sentiments de nos cœurs et les conceptions de notre esprit, nous vîmes se développer cette amitié dont nous portions le germe au-dedans de nous. Je me reporte au soir d'une de ces journées mémorables, si riches en impressions diverses au milieu du tumulte de la capitale, où nous nous entretenions d'une manière à la fois si fraternelle et si instructive sous le toit hospitalier de William Bqwman, ou chez d'autres amis qui nous sont restés chers.
A peine je venais de vous serrer la main, que, rentrant à Berlin votre ville natale, vous y établissiez , comme par enchantement, le centre de l'oculistique. C'est là que s'ouvrit devant vous la brillante carrière que chacun entrevoyait pour vous , grâce à vos talents exceptionnels et à votre amour illimité pour la science et l'humanité.
Avec quelle profonde sympathie j'en fus le témoin !
Prêtre de l'art, dans le sens le plus élevé de ce mot, vous vous sentiez heureux dans la conscience de consacrer vos meilleures forces au soin de l'humanité.
Versé dans la connaissance des sciences exactes, doué d'un heureux talent d'observation, entouré et comme adoré d'une foule d'élèves qui ne vous aimaient pas moins comme homme