VI DEDICACE
qu'ils ne vous vénéraient comme maître, vous étiez là comme le modèle par excellence du professeur de clinique.
L'histoire de notre art chercherait en vain un second exemple d'un triomphe si rapide et si complet !
Mais, tout à coup, au plus haut de votre gloire, sur le point de voir se réaliser le plus cher de vos désirs, je vous retrouve couché sur un lit de douleur^ rempli d'une profonde tristesse en songeant à toutes les belles illusions auxquelles vous étiez prêt à dire un éternel adieu. Plusieurs mois, l'ange de la mort sembla surveiller votre couche. Comment ne pas donner libre essor à notre joie, aujourd'hui que nous vous voyons rendu à la vie?
Dans ce travail que je viens vous offrir, vous trouverez la continuation de mes études sur la réfraction de l'oeil, que sans cesse vous avez suivies avec intérêt.
Curieuse coïncidence ! Tandis que j'écrivais les premières lignes de ce mémoire, je fus interrompu par une lettre de votre main, me rappelant les jours anxieux que vous veniez de traverser, mais remplie déjà de l'expression d'une joyeuse espérance. Cette lettre était pour moi comme un symbole de votre nouvelle vie. Je l'avais devant moi, et, vous sentant à mes côtés, j'étais comme animé de votre esprit. C'est ce qui m'a rendu cher cet ouvrage, quelque faible qu'en soit le mérite. C'est pour cela aussi, noble ami, que je me suis senti poussé à vous le dédier. Il ne cessera de me rappeller ces jours pendant lesquels l'influence bienfaisante du ciel du Midi vous rendait de nouvelles forces. Puissiez-vous le considérer comme un faible témoignage de ma profonde joie, et puisset-il vous apporter les souhaits de mon cœur au printemps de cette nouvelle vie !
F.-C. DONDERS.
Utrecht, 8 avril 1862.