III. Ceux du système dioptrique réuni
FiG. 10.
Wh' k^k"
hh
L ASTIGMATISME.
Dans la figure 11, les deux n°^ III de H et V sont représentés l'un au-dessous de l'autre au double de leur grandeur nalurelle, ce qui permet de mieux les comparer.
FlG. 11.
La connaissance des points cardinaux nous permet déjuger sous plus d'un point de vue de la vision des astigmatiques.
D'abord quant à l'acuité de la vision, (^" est, dans H, l^^'^'jôS en arrière de (f" dans V. Si donc, des rayons émanés d'un point donné sont en V arrivés au point de leur réunion, ils sont encore en H à 1"",5S de leur réunion. Il est évident que l'acuité de la vision en souffre sensiblement. — La grandeur des images de dispersion nous donne une idée plus exacte de ce fait. Nous avons calculé cette grandeur (voy. la méthode dans Ilehnholtz, /. c. , p. 98) pour un diamètre pupillaire moyen, à savoir , U millimètres (auquel correspond
PHÉNOMÈNES OBSERVÉS DANS l'aSTIGMATISME.. /i5
une image cristallinienne de la pupille de ^"""^,23), et pour une dislance du plan pupillaire de 3"'"',G en arrière du sommet de la cornée (l'image cristallinienne est alors à Z"'"^,!!^ de ce plan). Si la rétine au point <p'' de V est située à 21"'"',26 en arrière de la cornée, alors les rayons parallèles, devenus convergents, se réuniront en V sur la réline, tandis qu'en H ils atteindront la rétine l'^'^.SS avant leur réunion. Leur image de dispersion sur la rétine a donc une longueur de 0"''",3^9^ correspondant, dans ce méridien, à un angle visuel de 1°24',2.
Si la rétine, au point y'' de H est située à 22'°'",l/i23 en arrière de la cornée, alors les rayons qui convergent en V se seront déjà croisés à 1™°\58 en avant de la rétine, et avec les données admises plus haut pour le diamètre et la situation de la pupille, nous obtenons maintenant une image de dispersion = 0™°^,3808, correspondant dans ce méridien à un angle visuel de 1° 2 5', 7.
Enfin si la rétine est à 22™'",018 en arrière du sommet de la cornée, alors l'étendue linéaire des images de dispersion est égale en V et en H = 0°''", 18222. C'est dans cette position que la rétine se trouve au milieu de l'intervalie focal, où l'image de dispersion a à peu près la forme d'un cercle. Le diamètre moyen de cette image correspond dans le méridien horizontal à un angle de M', S, dans le vertical à un de U?>',k. Si l'on considère qu'avec une acuité de vision parfaite, on reconnaît des lettres sous un angle de 5', on peut comprendre à quel haut degré les cercles de dispersion calculés ci-dessus peuvent nuire à la netteté de la vue.
Nous aurons encore un point de comparaison meilleur en calculant l'accommodation nécessaire pour faire tomber le point y" de V sur l'endroit où, dans l'œil en repos, se trouve cp" en H, ou, en d'autres termes, pour voir alternativement et nettement des lignes verticales et horizontales.
Supposons un œil emmétrope en V (la réline étant située à 21™"", 2623 en arrière du sommet de la cornée), et par conséquent hypermétrope en H, et supposons cette hypermétropie telle, qu'une
ko l'astigmatisme.
lentille (située dans l'air et dont le point nodal coïnciderait avec A;' de H) de ITô'^'^jS, = 6", 53 de distance focale, soit nécessaire pour la neutraliser; l'hypermétropie sera alors = ^Th ^^ pourra être corrigée par une accommodation de ^-53, Mais la même accommodation se fait remarquer aussi en V, et par suite nous obtenons dans ce plan F'= 12^^,857, F"= 17"'^,183 ; et des lignes horizontales paraissent nettes à la distance de 176°'"', 8 =6", 53. En effet, par une accommodation de ^, H est devenu emmétrope, et V a acquis une myopie de g-g^.
On peut en conclure que par une accommodation d'environ -^ , la rétine se trouverait au milieu de l'intervalle focal, où l'image de dispersion est circulaire et à peu près de même dimension que celles qu'un œil symétrique accommodé pour l'oo perçoit pour un objet situé à 13'', ou que celle qu'il obtient des objets très éloignés s'il accommode pour 13". Si l'on regarde des objets éloignés, tandis que, au moyen de verres de -^y, on se rend myope ou hypermétrope (en s'abstenant dans ce dernier cas de tout effort d'accommodation), on peut observer sur soi-même les troubles qui résultent de ces cercles de dispersion.
Les troubles produits de cette manière me semblent être plus forts que chez les astigmatiques, ce qu'il faut peut-être attribuer au fait que ces derniers peuvent, en mettant quelque peu en jeu leur accommodation, faire varier la forme des images de dispersion, et combiner ainsi les lignes verticales et horizontales qui apparaissent alternativement plus nettes. Peut-être aussi la lumière estelle moins régulièrement répartie dans les images de dispersion des astigmatiques. Du reste, il me semble que les images de dispersion doivent, à cause de leur discontinuité (résultat de l'astigmatisme irrégulier du cristallin), causer moins de troubles fonctionnels que si elles étaient plus homogènes.
Comme nous l'avons vu précédemment, les images rétiniennes, à dimension égale des objets, ne sont point également grandes dans le méridien horizontal et le vertical. Si la projection correspond
DEGRÉ ANORMAL DE l' ASTIGMATISME. hl
dans tous les méridiens à la grandeur des images rétiniennes (ce qui est réellement douteux), on ne voit pas également grands dans les deux méridiens opposés des objets de même dimension. Or, il est très facile, à présent que nous connaissons la position des points cardinaux, de comparer la grandeur des images rétiniennes. Comme la distance des objets est très considérable par rapport à celle qui sépare les points nodaux l'un de l'autre et de la distance A'^'<p", on peut admettre que la grandeur des images rétiniennes, pour l'accommodation successive dans les deux méridiens principaux, est proportionnelle aux distances k" ^" en H et en V. Admettant que la rétine soit à 22™"',8^32 en arrière de la cornée, et que, pendant l'accommodation, k" ne quitte point sa place (ce qui n'est pas tout à fait exact), les distances k"^" dans les deux systèmes seront l^,2Zil et 15,268 ; donc = 1 : 1,0721. On voit donc que, à grandeur égale des objets et avec une accommodation exacte, la différence de rimage rétinienne dans les deux dimensions est très considérable. Nous avons déjà suffisamment démontré plus haut qu'à cette cause s'ajoutent encore les variations de grandeur dues aux images de dispersion (qui peuvent ou augmenter, ou corriger la différence existant déjà).