‹ La syphilis constitutionnelleChapitre 66 sur 82 · PHÉNOMÈNES OBSERVÉS DANS LASTIGMATISME · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES OBSERVÉS DANS LASTIGMATISME

Les phénomènes de la dispersion des couleurs sont très caractéristiques dans les hauts degrés d'astigmatisme. Helm- HOLTZ (1) a déjà fait observer que les phénomènes de la dispersion des couleurs sont, en général, beaucoup plus marqués, lorsque, au heu de lumière blanche, on se sert pour les expériences d'une lumière composée seulement de deux couleurs prismatiques présentant la plus grande différence possible au point de vue de leur réfrangibilité. Le moyen le plus simple de se procurer une lumière pareille est de faire passer la lumière solaire au travers de verres colorés en violet foncé. Ces verres absorbent assez parfaitement les rayons du centre du spectre et ne laissent passer que les couleurs extrêmes, le rouge et le violet. Si l'on fait l'expérience avec la lumière d'une lampe ou d'une bougie, un verre bleu cobalt foncé, qui ne laisse passer que l'extrême rouge à côté d'une grande quantité d'indigo et de violet, est tout à fait suffisant. Une teinte plus ou moins violette est cependant toujours préférable. J'ai vu chez Dove un morceau de verre parfait sous ce rapport ; tous les verres que j'ai pu me procurer jusqu'ici sont moins bons que celui-là. Si une personne légèrement myope (ou qui accommode pour un point rapproché) regarde au travers d'un pareil verre de cobalt la flamme d'une bougie, les bords paraissent bleus et le milieu de la flamme rougeâtre ; dans un cas d'hypermétropie légère on voit, au contraire, le pourtour de la flamme d'un beau rouge et le centre bleu (2). Si Ton regarde au travers d'un verre violet une petite ouverture

(1) Physiol. Optik, loc, cit., p. 127.

(2) On peut par ce moyen reconnaître sur-le-champ les faibles degrés d'amétropie. Quant aux degrés considérables, les cercles de dispersion sont trop grands pour laisser voir nettement la dispersion des couleurs.

!iO l'astigmatisme.

pratiquée dans un écran et tournée contre le jour, on voit, en accommodant pour les rayons violets, l'ouverture entourée d'un bord rouge qui devient violet, si Ton accommode pour les rayons rouges. Dans le dernier cas, les rayons violets n'étaient pas encore réunis dans l'image rétinienne; dans le premier, ils étaient déjà croisés et par conséquent situés en dehors. Une ouverture carrée donne les mêmes résultats. Si par contre un astigmatique voit aussi nettement que possible une ouverture pareille, et qu'alors on place devant son œil un verre violet, les lignes supérieure et inférieure paraîtront bordées de bleu, les deux verticales de rouge : il est myope dans le méridien vertical, hypermétrope dans l'horizontal. S'il voit le point lumineux allongé, comme une hgne (voy.iwô 3° de ce chapitre), alors les extrémités sont différemment colorées que le milieu de la Hgne, et en changeant la direction des lignes an moyen de verres modifiant la réfraction, les couleurs changent également.

On peut observer sur soi-même tous les phénomènes indiqués ci-dessus. Il faut seulement pour cela se rendre astigmatique, et cela se fait en tenant devant l'œil une lentille cylindrique. On placera de préférence horizontalement l'axe de la courbure cylindrique si la lentille est positive, verticalement si elle est négative : on obtient de la sorte, dans son propre œil, la distance focale la plus courte dans le méridien vertical , comme les astigmatiques. Un verre cylindrique de ^ ou de — ^ (20", distance focale positive ou négative) est suffisant. On peut en outre, en ajoutant ou sans ajouter des verres sphériques, obtenir tous les degrés d'amétropie ; l'astigmatisme (laissant de côté l'asymétrie préexistante) restera toujours = ^. Pour obtenir sur soi-

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même un cas simple et qui se rencontre frécjuemment, qu'on rende hypermétrope le méridien horizontal, laissant emmétrope le vertical. Un emmétrope n'aura besoin pour cela que de placer devant l'œil une lentille cylindrique de — ~, l'axe du cylindre maintenu vertical. — Toutefois il est utile de faire aussi quelques expériences en modifiant l'arnétropie dans les deux méridiens.

Jl me paraît superflu de donner encore des indications détaillées sur les essais à faire. On reproduira sans difficulté tous les phénomènes décrits plus haut. On me permettra seulement deux remarques. La dispersion des couleurs m'a paru être plus forte dans l'astigmatisme artificiel que dans le naturel, et la différence de grandeur des images rétiniennes dans les deux méridiens principaux est également plus considérable. L'explication du premier fait m'entraînerait trop loin. La cause du second est évidente : en effet, la lentille cylindrique se trouve à une certaine distance de la cornée, et son action exerce une plus grande influence sur la situation des points nodaux que lorsque le foyer postérieur s'est déplacé par la modification du rayjon de la cornée. On voit pour cela les objets plus déformés que dans un cas d'astigmatisme naturel de degré égal.

Dans un cas d'astigmatisme régulier, il est nécessaire, pour résoudre plusieurs questions, de déterminer les points cardinaux dans les deux méridiens principaux, comme s'ils formaient deux systèmes différents. Nous voulons l'essayer pour un cas donné. Nous supposons un cas dans lequel la cause de l'astigmatisme réside exclusivement dans la cornée, dont le rayon de courbure dans le méridien vertical, ce qui n'est pas rare, soit 1 millimètre plus petit que dans l'horizontal. Choisissons pour cela, pour nous en tenir à un cas déterminé, le n" 6 du tableau de la page 67, dans

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quel cas le rayon dans le plan vertical est = 7,38, dans l'horizontal, 8'°'",38 ; soit V la section dans le plan vertical, H dans le plan horizontal. Il est facile de détert»iner les points cardinaux pour la surface réfringente de la cornée seule; le point principal ^ est situé au sommet de la surface de courbure, le point nodal k au centre de courbure du sommet (soit T^'^jSS ou 8,38 en arrière du sommet) ; on calcule le foyer antérieur cp' et le foyer postérieur ^" par les formules

h(^' ou F' ;=

//ou F// =

n— \* pn

Et l'on trouve, en admettant n •= 1,3365

„ Tx ( ^' = 24,90, Pour H {

Pour V

On obtient ainsi les distances hip' et ^<p''. La figure 9 (dans laquelle c est la cornée) représente, d'après les résultats obtenus, la position des points cardinaux.

FiG. 9.

Un simple calcul, indiqué page 26, montre que, dans ce cas, une lentille cylindrique infiniment mince , de g-g , à axe vertical,

PHÉNOMÈNES OBSERVÉS DANS l' ASTIGMATISME. 43

placée immédialement en avant de la cornée, pourrait faire coïncider les points cardinaux dans les deux méridiens.

Combinons maintenant avec cette cornée un cristallin symétrique (celui de l'œil schématique en repos de Helmholtz) avec une distance focale =:^3'"'^,707, distance réciproque de ces deux points principaux := 0,2283, et distance de ces deux points principaux du sommet de la cornée =5,7073 et 5,9356. Le calcul de ce système combiné donne pour la position des points cardinaux, calculée à partir du sommet de la cornée dans les deux méridiens

principaux H et V, les résultais suivants :

Foyer antérieur ......

Premier point principal.

Second point principal. .

Premier point nodal. . .

Second point nodal.. . .

Foyer postérieur

Par conséquent :

La distance focale postérieure F" = /l'V est 20,4064 La distance focale antérieure F^ = /iV est 15,268

Pour représenter les systèmes d'une manière plus facile à saisir, nous ajoutons ici la figure 10, différente pour H et V :

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