I. Astigmatisyne myopique. Il faut distinguer
a. Astigmatisme myopique simple, M clans un méridien, E dans l'autre. Soit, par exemple :
Dans le méridien principal H, emmétropie,
Dans le méridien principal V : M = - ,
Nous avons alors un astigmatisme myopique simple.*"
Am = = " .
b. Astigmatisme myopique composé^ ou myopie et astigmatisme, M + Am, avec M dans les deux méridiens principaux :
Soit, par exemple :
Dans le méridien principal H, M = —
Dans le méridien principal V, M = — ,
Nous avons alors :
et en outre, Am = ^ — sô" ^^ âô' ^^ ^"^ "^^^ écrirons comme suit :
M = — + Am — .
JI. Astigmatisme hypermétropique^ qu'il faut également distinguer en :
a. Simple. Ah avec H dans un, E dans l'autre méridien
principal.
Soit en V, E ,
en H, H = - ,
DEGUÉ ANORMAL DE l'aSTIGMATISME. 53
Nous avons un asligmalisme hypermêtropique simple :
b. Composé^ à savoir : H avec astigaiatisme , H + Ah , ayant H dans les deux méridiens principaux.
Soit
en H,
en V,
Nous trouvons
et
, en outre :
Ah:
Nous écrivons
donc :
- + Ah
III. Astigmatisme mixte^ avec M dans un, H dans l'autre méridien.
On peut distinguer ici :
a. Astigmatisme mixte diNQQ^myojyie prédominante ^ Amh.
Soit en V, M = — ,
eaH, H=|.
Nous obtenons :
Amh =M— + H- = -,
b. Astigmatisme mixte avec hypermétrojne prédomi^ nante, Ah m.
Soit en V, M == — ,
en H, H = ^.
l'astigmatisme.
Nous
aurons
Ah m
Les données qui précèdent suffisent, en général, pour reconnaître l'astigmatisme et en déterminer le degré. Cette méthode se recommande par sa simplicité et la facilité de son application. Elle mérite ordinairement la préférence sur toutes celles dont la description va suivre. Seulement, on ne doit point négliger le contrôle indiqué 5i/ô 8°. Il n'a d'autre but, à proprement parler, que d'essayer si les verres choisis, d'après la méthode développée sub lx\ sont vraiment convenables. Si le contrôle se fait avec exactitude, on peut ordinairement, même dans les cas d'hypermétropie, se passer de l'examen après la paralysie artificielle.
Les méthodes que nous allons encore décrire, peuvent, dans quelques cas, être appUquées avec succès. C'est pourquoi nous devons en faire mention, surtout de celle de Stokes, qui rend quelquefois de bons services, et qui nous intéresse en outre à cause de ce qu'elle a d'ingénieux. Employée à titre de contrôle, elle fournit q-uelquefois les indications les plus précises.
6*^ Méthode modifiée de Young. — Young déterminait la distance à laquelle les doubles images de la hgne de son optomètre paraissaient s'entrecroiser, lorsque, tout en accommodant pour le point le plus éloigné, il tenait son instrument alternativement horizontalement et verticalement. Cette méthode peut servir pour des myopes. Cependant il faudrait auparavant avoir trouvé (voy. suh 2% p. h9) les directions des méridiens principaux pour déterminer dans quelle position on doit tenir l'optomètre pour faire les observations. On peut môme se servir de l'optomètre pour
DEGRÉ ANORMAL DE l'aSTIGMATISME. 55
des personnes qui ne sont pas myopes, mais c'est alors dans le but de déterminer le point le plus rapproché de la vision distincte dans les deux méridiens principaux. Dans ce cas il ne faut pas, comme dans l'optomètre de Young, faire regarder par une double fente, mais, au contraire, tout à fait librement, en se servant pour objet de petits fils tendus dans un cercle que l'on puisse à volonté tourner dans un autre cercle (extérieur). On donnera successivement à ces fils l'inclinaison des deux méridiens principaux.
Cette méthode n'est pas très exacte, nnais elle est cependant importante en tant qu'elle démontre suffisamment que l'astigmatisme reste à peu près le même pendant l'accommodation pour des objets rapprochés.
7° Méthode d'kmx. — Celle-ci ne peut s'appliquer que lorsqu'il existe dans les deux méridiens principaux, comme du reste c'était le cas chez Airy, un fort degré de myopie. On se servira, comme point lumineux, d'une petite ouverture pratiquée dans un écran opaque que Ton dirigera contre la lumière du ciel, contre un verre mat ou contre le globe d'une lampe, et quel'oii éloignera ou rapprochera le long d'une échelle graduée, pareille à celle de l'optomètre. On trouvera, de la sorte, la plus grande distance à laquelle le point lumineux apparaît sous forme d'une petite ligne très étroite; puis, on obtiendra également la plus petite distance à laquelle il apparaît de nouveau sous la même forme linéaire, mais perpendiculaire à la première. Ces distances indiquent approximativement les degrés de myopie dans les méridiens principaux.
Si l'on veut appliquer cette méthode à des personnes qui ne sont pas myopes, il faudra les rendre myopes par l'addition d'un verre convexe convenable. Mais nous ren-
56 l'astigmatisme.
controns alors une difficulté, c'est que si l'axe de la lentille ne correspond pas exactement à l'axe visuel, l'astigmatisme subit une modification. L'accommodation doit en outre, dans les deux cas, rester en repos, et cela n'aura presque jamais lieu, c'est pourquoi cette méthode ne donnera généralement pas des résultats exacts.
S*" Méthode d' AmY modifiée. — On peut cependant surmonter cette dernière difficulté en paralysant l'accommodation par un mydriatique. C'est alors que la méthode d'Airy donne de très bons résultats chez les myopes ; mais si la myopie est très faible ou s'il n'y en a point du tout, il faut donner la préférence à un point lumineux éloigné. On évite de cette manière les inconvénients qui résultent de l'emploi de fortes lentilles. Pour obtenir un résultat très exact, je me servis d'un très petit point lumineux provenant de la réflexion sur un miroir convexe d'une petite ouverture ronde et éclairée. Dans quelques cas, on m'indiqua assez exactement les verres sphériques à l'aide desquels le point lumineux apparaissait successivement comme la ligne la plus étroite dans deux directions opposées. Le plus souvent cependant les indications laissaient à désirer : cela tient à l'astigmatisme irréguUer qui convertit les lignes précises et nettes en images de dispersion. Ordinairement on voit bientôt, même avant que la ligne principale soit devenue étroite, apparaître dans diverses directions des lignes secondaires qui empêchent de déterminer exactement le verre nécessaire. Ce ne fut que dans les cas d'aphakie, où naturellement l'influence du cristallin disparaissait, que l'exactitude des résultats ne laissait rien à désirer.
Au lieu d'un très petit point lumineux obtenu par réflexion, on peut se servir d'une petite ouverture de 1 à
DEGRÉ ANORRIAL DE l'aSTIGMATISMË. 57
2 millimètres de diamètre, comme celle que présente la planchette décrite siib 2°. A l'exception des cas d'apbakie, les résultats obtenus de cette manière ne le cèdent en rien à ceux que l'on obtient en faisant usage du point lumineux réfléchi.
9° Examen à l'aide de verres cylindriques. — Lorsqu'à distance on voit des lettres le plus nettement possible, soit à l'œil nu, soit avec les verres sphériques convenables, on prendra un verre cylindrique d'environ ~ et on le tournera en rond devant l'œiL S'il existe de l'astigmatisme, on reconnaîtra que dans une certaine position du verre (lorsque la courbure du verre cyUndrique correspond au méridien de la plus forte courbure) , la netteté de la vision diminue beaucoup, tandis qu'elle augmente au contraire si l'on tient le verre dans la position perpendiculaire à la première. Quelquefois alors la vision devient encore plus nette lorsqu'on rapproche les objets; en effet^ en corrigeant l'astigmatisme, le verre cylindrique peut avoir rendu Toeil myope. On peut ensuite essayer encore quelle est la force du verre cylindrique, qui, maintenu dans la position la plus favorable, donnera la vision la plus nette ; en faisant cet essai, il faut également varier la distance des lettres ou bien employer des verres sphériques. De cette manière on obtient à la fin, en y consacrant beaucoup de temps, des résultats assez exacts.
Cette méthode, quoique peu pratique en elle-même, est très utile pour contrôler les résultats obtenus par celle que nous avons décrite sub à". Celle-ci nous apprend par quelle combinaison de verres sphériques et cylindriques on peut s'attendre à obtenir la plus grande netteté de la vision ; et il ne faut jamais négUger d'en faire l'essai, comme aussi de
58 L ASTIGMATISME.
comparer les résultats en changeant quelque peu les numéros des verres. L'amélioration de la vue sera de cette manière plus parfaite qu'au moyen de la fente, laquelle, si elle est trop étroite, enlève trop de lumière et occasionne des troubles par la diffraction, tandis que si elle est trop large, elle ne corrige l'astigmatisme que très imparfaitement.
Un verre cylindrique faible, employé d'après la méthode que nous venons d'indiquer, est un moyen très sensible de démontrer, même dans un cas où la vision est parfaite, la présence de l'astigmatisme normal. Nous en avons déjà dit un mot plus haut (page 16). Qu'on prenne une lentille cylindrique très faible , par exemple de -^ , et qu'on lui fasse exécuter une rotation complète devant l'œil, je doute fort que l'on trouve quelqu'un qui ne soit pas frappé de la différence de netteté dans deux positions opposées. Il est à peine nécessaire d'expliquer pourquoi ce moyen est si sensible : admettons que quelqu'un ait un astigmatisme de g^, il sera corrigé dans une position donnée de la lentille, tandis qu'il augmentera dans l'autre, et sera gQ + gô^^lô' ^^ degré qui trouble déjà sensiblement la vue. Il est clair que dans la position la plus défavorable on obtient la somme, dans la plus avantageuse au contraire la différence des actions astigmatiques de la lentille cylindrique et de l'œil.
10° Méthode de Stokes. — Le savant illustre auquel on doit la découverte des changements de réfrangibilité de la lumière, avait très bien compris que la méthode d'AiRY ne pouvait donner des résultats satisfaisants que lorsque, pendant la détermination successive du point le plus éloigné de la vision distincte dans les deux méridiens principaux, Paccommodation de l'œil restait parfaitement en repos. Sa
DEGRÉ ANORMAL DE l' ASTIGMATISME. 59
méthode élimine cette cause d'erreur. Il détermine le degré de l'astigmatisme au moyen d'une lentille astigmatique, dont Faction peut, d'une manière aussi simple qu'ingénieuse, être réglée de telle sorte qu'on puisse exactement lui donner le degré qui corrige l'astigmatisme de l'œil. J'ai fait confectionner dépareilles lentilles, et je donne la description de cet appareil sous la forme qui m'a paru la plus convenable ^ le principe est parfaitement le même que celui de la lentille astigmatique de Stokes, aussi je lui conserverai ce nom.
Fig. 12, B, représente une coupe de l'appareil. Il est composé de deux lentilles cylindriques, l'une plan-convexe, de -^, /, et l'autre plan-concave, de — -^, l'. La première est fixée dans le court cylindre de laiton K, la seconde dans K'; les cylindres s'adaptent exactement l'un sur l'autre et peuvent tourner l'un sur l'autre autour de leur axe. De cette manière les deux lentilles //', dont les côtés plans sont tournés l'un contre l'autre et séparés seulement par un intervalle très petit, exécutent également une rotation l'une sur l'autre.
Fig. 12.
K(iiiiiiiiiiiinHiiniiiiniiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiini
Fig. 12, A, représente l'extérieur de l'instrument. On remarque sur K un indicateur i, sur K' une division en