‹ La syphilis constitutionnelleChapitre 70 sur 82 · l'astigmatisme · texte numérisé non relu

l'astigmatisme

degrés. Si l'indicateur montre 0 ou 180 degrés, alors les axes des deux cylindres sont parallèles, et la section des lentilles apparaît comme en B, et elles peuvent, réunies, être envisagées comme une seule lentille concave-convexe à rayons de courbure égaux sur les deux surfaces et dont l'action est à peu près = 0. Si l'indicateur montre 90 ou 270 degrés, alors les axes des verres cylindriques sont perpendiculaires l'un sur l'autre. Le système a alors son maximum m d'action astigmatique : un plan de rayons parallèles coïncidant avec l'axe de / ne subirait par / aucune déviation, mais par /' il convergerait vers son foyer situé à dix pouces -, par contre, un plan de rayons parallèles coïncidant avec l'axe de /' serait rendu divergent par /, comme s'ils venaient d'un point situé à 10", en avant de la lentille, et /' ne les fera pas dévier de cette direction. Dans l'un des méridiens, nous obtenons donc ainsi un astigmatisme de ^ , dans l'autre de — •^, et l'astigmatisme m des rayons réfractés dans cette position des lentilles est = \. On voit donc qu'une rotation de 0 à 90 degrés fait monter l'astigmatisme de 0 à -g-, et par une simple formule :

As := m sia a ,

on peut calculer l'astigmatisme pour chaque angle que font entre eux les axes des lentilles. Pour plus de facilité, on a marqué sur l'instrument des degrés déterminés d'astigmatisme, ce qui rend le calcul superflu.

La manière de faire usage de cet instrument est facile à comprendre. Si quelqu'un ayant parfaitement accommodé ou réduit son œil pour la distance, n'a pas une vision aussi nette qu'à l'état normal et qu'on suppose l'existence

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de l'astigQiatisme, on donnera à rinstrunicnt approximativement le degré d'astigmatisme que les troubles fonctionnels font supposer (plutôt trop faible que trop fort)^ et on le fera tourner devant l'œil , qui, pendant ce temps, regarde toujours des lettres éloignées. Si Ton remarque une amélioration dans une direction, on peut alors augmenter ou diminuer l'action de la lentille astigmatique de la manière indiquée plus baut jusqu'à ce qu'on ait obtenu le maximum de netteté. Qu'on ne croie pas cependant avoir atteint son bu t. En effet, l'œil est rarement accommodé exactement pour la distance à laquelle se trouvent les lettres. La lentille astigmatique dispose l'œil à l'hypermétropie dans le méridien de maximum de courbure exactement autant qu'à la myopie dans celui de minimum, et l'on n'obtiendra l'emmétropie (vision distincte à distance) que lorsque l'œil, sans lentille astigmatique, aura choisi un verre au moyen duquel il sera réduit dans ses deux méridiens à un degré égal d'amétropie (tant myopie que hypermétropie). On y arrive quelquefois, et le but est alors immédiatement atteint, mais l'expérience prouve que c'est là l'exception. Ordinairement après la correction de l'astigmatisme, il reste un certain degré d'amétropie , et c'est là la raison pour laquelle on doute quelquefois que l'astigmatisme ait été corrigé aussi parfaitement que possible. S'il reste un peu de myopie, 'on peut s'en apercevoir toutde suite en rapprochant les objets-, si alors la vision devient plus nette, on peut de nouveau modifier et régler la lentille astigmatique; cependant, lorsque après avoir longtemps cherché de la sorte, on arrive à un résultat exact, il faut encore un très long calcul pour déduire du numéro du verre sphérique, de l'action de la lentille astigmatique et de la distance à

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laquelle on voit nettement à l'aide de ce système, l'amétropie dans les deux méridiens, une donnée qu'il nous faut connaître. Si, par contre, il reste de l'hypermétropie, alors, à moins que l'accommodation ne s'en mêle, on ne trouve aucune distance à laquelle la vision soit assez nette pour régler parfaitement l'action de la lentille astigmatique, et il est nécessaire d'ajouter une seconde lentille sphérique (une positive) pour obtenir à distance le maximum d'acuité de la vision.

On voit d'après ce qui précède, que cette méthode n'est pas très commode pour la pratique. Les meilleurs résultats qu'on puisse en attendre sont encore ceux que l'on obtient lorsque l'on a réduit l'œil à un degré connu de myopie (à l'aide de verres sphériques), et qu'alors on fait essayer de près par quelle action de la lentille astigmatique on peut le mieux lire. Il est cependant difficile que les lentilles soient parfaitement centrées devant Toeil, et cela pourra rendre moins sûre l'appréciation de la netteté de la vision, et, après tout, on n'apprend ainsi à connaître que le degré de Tastigmatisme, nullement la réfraction dans chacun des méridiens principaux.

Pour toutes ces raisons, la méthode àècrïte sub li", mérite la préférence, et la lentille astigmatique de Stokes ne doit servir que pour contrôler. Mais si l'on a préalablement déterminé le verre sphérique qui donne dans les deux méridiens principaux une amétropie égale (tant myopie qu'hypermétropie), alors on peut, à l'aide de la lentille astigmatique, déterminer très exactement le degré de Fastigmatisme, et ici on a l'avantage de pouvoir en régler l'action d'unemanière simple et précise : cette précision pourra même faire découvrir et corriger de petites inexactitudes dans les

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résultats obtenus par la méthode sus-mentionnée. C'est ici le lieu de rappeler que nous nous sommes déjà servi précédemment (p. 30) de la lentille de Stokes pour construire un appareil destiné à démontrer sur un écran les phénomènes de l'astigmatisme à des degrés très différents. Les explications que nous venons de donner développent et font mieux comprendre ce que nous avons dit alors.

B. Il nous reste maintenant à traiter rapidement des symptômes objectifs de l'astigmatisme.

Ils sont moins importants que les subjectifs, en tant qu'ils ne font généralement pas reconnaître avec la même certitude l'existence de l'asymétrie, et que jamais ils ne permettent d'en déterminer le degré avec la même exactitude. Mais ils ont une grande importance par le rapport qu'ils ont avec la cause de l'affection. Ceci s'applique surtout aux phénomènes qui dépendent de la forme du globe de l'œil. L'examen ophthalmoscopique fait découvrir une seconde série de symptômes objectifs.

1° L'astigmatisme est surtout fréquent chez les hypermétropes. Lorsque chez eux l'acuité de la vision n'est pas normale, l'asymétrie en est ordinairement la cause. C'est pourquoi les signes objectifs de l'hypermétropie ne sont pas sans valeur. Dans ce nombre nous mentionnerons un visage aplati, n'ayant que peu de relief; une faible courbure de la surface antérieure de la sclérotique avec incurvation rapide àl'équateur (que Ton peut voir et sentir au côté externe de l'œil, tandis qu'il est autant que possible tourné en dedans), et par conséquent un axe optique court ; une chambre antérieure peu profonde; une pupille très petite ei l'apparence d'un strabisme divergent. La cornée fournit souvent des signes plus décisifs. Quelquefois on reconnaît immédiate-

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ment l'asymétrie; ou bien elle est dans le diamètre vertical plus courte qu'à l'ordinaire, ou bien elle s'étend plus en arrière (par suite d'une courbure plus forte), de telle sorte que la section menée entre la cornée et la sclérotique n'est pas dans un plan. Dans d'autres cas, nous nous apercevons de la différence de grandeur des images réfléchies dans la direction verticale et dans l'horizontale. Un carré , par exemple la planchette décrite plus haut (p. Ii9) est réfléchie avec un diamètre transverse plus considérable. L'asymétrie de la cornée est alors démontrée, et généralement elle répond à celle du système entier. On retrouve même cette difl^érencedanslaformede la sclérotique, et l'on peut parfois, déjà sur le vivant, surtout chez des hymermétropes, se convaincre que l'axe vertical du globe oculaire est sensiblement plus petit que l'horizontal.

2° L'examen ophthalmoscopique donne de même chez les hypermétropes l'indication la plus certaine de l'existence de l'astigmatisme. Dans un œil normal (à moins qu'on ne soit soi-Qiêuie astigmatique) , on voit, en accommodant également, les vaisseaux qui sortent dans diverses directions de la surface du nerf optique avec la même netteté. Ce n'est plus le cas dans un œil astigmatique. On observera que pour voir distinctement les uns après les autres les vaisseaux qui entourent le nerf optique, on devra modifier l'accommodation de son propre œil. Ordinairement l'emmétrope voit netlenient les vaisseaux dont la direction est horizontale lorsqu'il relâche son accommodation, tandis qu'il doit au contraire faire un effort pour apercevoir distinctement ceux dont la direction est verticale. La raison de cette différence saute aux yeux : on ne verra nettement les vaisseaux verticaux que lorsque les rayons qui en émanent en

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divergeant dans un plan hoiizontal, se réuniront dans l'œil de l'observateur; or, si Tœil observé est hypermétrope dans le méridien horizontal, les rayons situés dans ce plan continueront à diverger en dehors de Tœil, de telle sorte que Tobservaleur emmétrope devra faire un effort d'accommodation pour en obtenir la réunion sur la rétine. Par contre, si le méridien vertical est emmétrope, les rayons émanés dans ce méridien des vaisseaux horizontaux seront parallèles en sortant de Toeil, et il faudra que l'accommodation reste en repos pour que ces vaisseaux soient vus distinctement. Lorsqu'on examine le fond de Toeil à l'image renversée, la différence se renverse également, mais en même temps elle est pour plusieurs raisons moins facile à saisir, car, non-seulement la modification que doit subir l'accommodation est plus petite, mais encore la direction de l'axe de la lentille tenue devant l'œil a une très grande influence et peut corriger la différence.

Le docteur Knapp a déjà mentionné, en 1861, lors du congrès de Heidelberg, un second phénomène que l'on observe dans le fond de l'œil chez les astigmatiques. Je veux parler des changements de forme de la papille du nerf optique. Dans l'examen à l'image droite, le diamètre de la papille semble plus grand dans le méridien delà plus forte courbure, moins grand dans celui du minimum de courbure; le contraire a lieu pour l'image renversée; La modification de forme qui en résulte fournirait une indication très utile si les dimensions réelles de la papille du nerf optique ne variaient pas souvent dans les différentes directions, ce qui les fait voir inégalement grandes, même dans des yeuxnon astigmatiques. Cependant cette indication n'est point sans valeur.

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