‹ La syphilis du cerveauChapitre 1 sur 151 · PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES

Intérêt et importance du sujet. — Progrès de la science contemporaine relativement aux affections syphilitiques du système nerveux. — Fréquence véritable, méconnue jusqu'ici, de ces affections.

A quel âge de la diathèse se produisent les accidents cérébraux d'origine syphilitique ?

Quelles causes incitent la syphilis à se porter sur le cerveau ? —

Action remarquable de certaines causes, véritablement prédisposantes.

Est-il des syphilis qui, plus que d’autres, prédisposent aux accidents cérébraux? — Toute syphilis, bénigne, moyenne ou grave originairement, peut être suivie d'accidents cérébraux. — Ce sont les syphilis originairement moyennes ou bénignes qui, proportionnellement, fournissent aux accidents de cet ordre le plus fort contingent. — Discussion. — Exemple clinique.

Messieurs,

Je me propose d'aborder devant vous, dans une série de conférences, l'étude clinique de la syphilis des centres nerveux.

Je ne m'arrêterai pas à vous démontrer par un long préambule l'importance considérable qui se rattache à cette étude. Vous citer simplement, am nombre des

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sujets qui lacomposent, la céphalée, l'épilepsie, V'aphaste, l’Aémipléqie, l'aliénation, la paralysie générale, les paralysies partielles, la parapléqie, V'ataxie, ete., suffira amplement à vous édifier sur l'intérêt pratique que comporte l’histoire de la syphilis des centres nerveux. Nulle matière à coup sûr n'est plus digne d'arrêter et de fixer longuement l'attention du médecin.

Taxer de nouvelle la connaissance des accidents que la syphilis peut développer sur le cerveau et la moelle serait une exagération et un déni de justice vis-à-vis du passé. De vieille date, en effet, ont été signalées dans la science des manifestations de la diathèse vers les centres nerveux. C’est là un point incontesté et dont il me serait facile d’ailleurs de vous donner la preuve, si un historique de la question ne se trouvait déplacé dans des conférences exclusivement cliniques, telles que les nôtres.

Et cépendant je ne crains pas de m'éloigner beaucoup de la vérité en vous disant que les accidents cérébraux ou médullaires de la syphilis sont de notion presque contemporaine. C’est là une étude, tout au moins, qui s’est tellement élargie et enrichie de nos jours qu'elle appartient presque tout entière à ce qu'on pourrait appeler la science d'hier et d'aujourd'hui. Si vous en doutiez, écoutez ceci pour faire votre conviction.

Hunter, le grand syphiliographe, résumant, amendant et perfectionnant à un haut degré l’ensemble des connaissances acquises sur la syphilis vers la fin du siècle dernier, plaçait le cerveau au nombre de « ces parties vitales qui peut-être ne sont pas du tout susceptibles de l’action de la syphilis (4) ».

(1) Traité de la maladie vénérienne. Trad. de Richelot, 3e édition. Paris, 1859, p. 582%

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