CONVALESCENCE
aux émotions, à la turbulence de la vie mondaine, etc. Bien loin de là! Prescrivez-lui, émposez-lui (je reprends le mot à dessein), imposez-lui avec l'autorité de votre caractère un stage préalable de far niente, absolument nécessaire pour consolider le résultat obtenu. Et dites-lui impérativement ceci : « Vous voilà guéri, c’est parfait. Mais vous n'êtes pas encore suffisamment guéri pour que je vous rende votre liberté. Je ne réponds de votre complet rétablissement qu’au prix d’une longue convalescence. Impossible pour l'instant de reprendre vos occupations, votre vie habituelle. Travail et plaisirs vous seraient également nuisibles. Ce qu'il vous faut actuellement, c’est aller reposer votre cerveau. Done, partez à la campagne, et là ne faites rien ; flânez, paressez. Plusieurs mois d’une vie calme et oiïsive ne seront pas de trop pour confirmer Votre guérison. »
Et, en effet, Messieurs, — j'en ai aujourd'hui, par expérience personnelle, la ferme conviction,— les réeidives de la maladie ne sont évitées, quand elles peuvent l'être, que par un long stade de repos cérébral, de chômage intellectuel (passez-moi l'expression), consécutivement à la guérison apparente des accidents.
Tels sont, Messieurs, les préceptes généraux qui doivent, à mon sens, servir de base au traitement des affections syphilitiques du cerveau.
Institué et dirigé de la sorte, ce traitement, soyez-en sûrs, vous fournira souvent de réels et inestimables succès.
Il réalisera, en tout cas, ce que nous pouvons faire
de mieux contre la redoutable maladie que nous venons d'étudier dans cette série de conférences, ce que nous pouvons faire de mieux quant à présent, dans l’état actuel de nos connaissances et avec les ressources thérapeutiques dont nous disposons.