‹ La syphilis du cerveauChapitre 136 sur 151 · HYGIÈNE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE SPÉCIALE

de plus ; inutile de parler des dangers qu'il n’est au pouvoir de personne de conjurer. Mais il y a urgence majeure à signaler au malade les dangers qu'il dépend de lui de prévenir, en le persuadant bien — c'est là l'essentiel — qu'il est maître de la situation et qu'il encourt la responsabilité des événements ultérieurs.

Et, en effet, dissimuler sur ce point la vérité au malade serait le laisser exposé à des éventualités qu'il ignore. La lui révéler avec mesure, dans la stricte mesure qui peut lui être utile, c'est lui offrir les moyens de se préserver, de se sauvegarder dans l'avenir. Cette vérité, il a tout intérêt àla connaître ; notre devoir se trouve donc tout tracé.

29 En second leu, il vous incombera de tracer à votre malade une HYGIÈNE SPÉCIALE, en vue précisément de prévenirles récidives en question.

Quelle sera donc cette hygiène ? Indépendamment des préceptes généraux de l'hygiène commune, elle consistera surtout, si je puis ainsi parler, en une hygiène cérébrale, satisfaisant à cette indication particulière, majeure en l'espèce : l'éloignement de toutes causes susceptibles de créer une excitation morbide pour le cerveau.

Et, parmi ces causes, les principales, les plus nuisibles, à coup sûr, ce sont, de par l'expérience commune :

Au premier rang et par-dessus tout, les excès vénériens ;

Les travaux intellectuels, exigeant une tension'd’esprit prolongée, une sollicitation d'efforts assidus de mémoire, d'invention, de conception, etc. ;

Les excès alcooliques ;

Les excès de table, la bonne chère, l'alimentation excessive, excitante ;

Les /atiques de tout genre, et surtout les fatigues de nuit, les veilles dépensées soit au travail, soit au plaisir;

Les émotions morales, préoccupations, inquiétudes, soucis, colère ;

Et mème les exercices de corps trop violents (la gymnastique, l'escrime, par exemple), en raison des efforts congestifs qu'ils peuvent déterminer vers l’encéphale.

Rien n'est plus préjudiciable aux convalescents du cerveau que l'excitation du cerveau par telle ou telle de ces causes, et surtout par celle dont nos malades — presque tous jeunes encore — s’abstiennent le moins, à savoir : le coët ou, d'une façon plus générale et plus vraie, l’éréthisme vénérien, sous toutes ses formes.

Bref, ce qu'il faut à ces malades — surtout au moment où leurs derniers accidents viennent à peine de s'étendre, — c'est le repos cérébral, le repos cérébral dans toute sa rigueur et dans tous ses modes.

Aussi, Messieurs, — conseil majeur, auquel j’attache la plus grande importance, parce que j'ai vu maintes fois la dérogation à ce précepte être suivie des plus lamentables catastrophes — aussi, dis-je, quand vous aurez été assez heureux pour amener à guérison un malade affecté de telle ou telle forme grave de syphilis cérébrale, ne négligez jamais, comme complément indispensable au traitement, d'imposer à ce malade une longue convalescence, et une convalescence d’un genre spécial. Gardez-vous de le renvoyer aussitôt à ses affaires, à son aval, à ses plaisirs, aux préoccupations, aux soucis,

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