‹ La syphilis du cerveauChapitre 86 sur 151 · FORMES MIXTES · texte numérisé non relu

FORMES MIXTES

80 Multiplicité singulière de Symptômes. — Association possible de plusieurs types paralytiques. — Exemple clinique.

V. État général des malades dans le cours des accidents cérébraux. — Variétés. — Déclin habituel des fonctions de nutrition; altération progressive de la santé.

Messieurs,

Dans les conférences qui ont précédé celle-ci, je vous ai montré comment débute etse confirme la syphilis cérébrale.

Vous l'avez vue se traduire par des symptômes remarquablement multiples et variés. Et cependant, si nombreuses et si diverses que soient ses manifestations cliniques, nous avons pu sans grands efforts les ramener à six types principaux, que je vous ai décrits successivement sous les noms de formes céphalalqique, congeshve, épleptique, aphasique, mentale et paralytique.

Un appendice, maintenant, est nécessaire à l'exposé qui précède. [l'aura pour objet, d’une part, de combler certaines lacunes , et, d'autre part, d'amender, de corriger ce qu'ont d’exclusif les descriptions dogmatiques auxquelles nous avons été forcé de recourir pour la clarté du sujet.

Un mot, tout d’abord, sur ce qu’on pourrait appeler les /ormes mixtes de la maladie.

Je vous l'ai dit dès le début de ces conférences, les types pathologiques que nous avons constitués sous le nom de «formes initiales » de la syphilis du cerveau sont bien loin d’être exclusifs les uns des autres. Tout au

476 FORMES MIXTES contraire, il leur arrive fréquemment, très-fréquemment, de se combiner, de s'associer, même à une époque jeune encore de l'affection. À fortiori n'offrent-ils que plus de tendance encore à la fusion dans une étape ultérieure.

C’est ainsi que la forme céphalalgique n’est en général qu'un prodrome à d’autres formes plus accentuées. — De même, la forme congestive sert habituellement de préambule à l'épilepsie, aux troublesintellectuels et paralytiques. — Les formes aphasique, mentale, épileptique, se combinent presque infailliblement avec des manifestations d'autre genre. — Enfin, pour la forme paralytique, si dans un tiers des cas elle apparaît seule, isolée, au début de la syphilis cérébrale, dans les deux tiers des cas elle n’est que l’aboutissant commun d’accidents de tout genre.

De sorte qu'en définitive toutesces diverses formes, que nous avons nettement circonscrites et définies pour la facilité d’une exposition didactique, se fondent, se réunissent, s'associent le plus souvent, pour con$tituer à un moment donné des formes plus complexes. Et celles-ci, participant de plusieurs des types élémenaires précédemment décrits, méritent bien, vous le voyez, la qualification de formes mixtes.

Or,remarquez bien ceci: commeaucun ordre préétabli ue préside à l’éclosion des formes élémentaires, initiales, de la syphilis du cerveau, comme c’est tantôt la céphalée, tantôt l'épilepsie, tantôt la paralysie, ete., qui ouvre la scène morbide, ilen résulte que les associations ultérieures qui composent les formes mixtes peuvent se laire suivant des modes très-variables, très-dissembla-"

VARIABILITÉ D'EXPRESSIONS CLINIQUES 471 bles. Ici, par exemple, c’est la paralysie qui inaugurera le début des accidents; puis viendront à sa suite des troubles épileptiques et intellectuels; là, inversement, c'est l’épilepsie ou le désordre mental qui servira de prélude, auquel succéderont des phénomènes paralytiques, etc., etc. Sans que j'aie besoin d’insister davantage, vous voyez immédiatement quelle diversité de combinaisons est susceptible de se produire. De là, en conséquénce, une variabilité excessive comme ensemble, comme succession de symptômes. Et, en effet, prenez un certain nombre d'observations de syphilis cérébrale et comparez-les entre elles; peut-être n'en trouverez-vous pas deux sur vingt qui se ressemblent, qui soient, si je puis ainsi parler, coulées dans le méme moule, tandis que toutes les autres offriront des dissemblances profondes comme nombre, comme qualité, comme groupement, comme enchaînement de phénomènes.

Eh bien! cette wréqularité, cette variabilité d'expression constitue précisément un des caractères les plus spéciaux, les plus saillants, les plus remarquables, de la syphilis du cerveau.

Retenez donc bien ce premier point, Messieurs. La syphilis cérébrale, au moins dans ses formes de début, est essentiellement PoLyMorRPHE, et cela à deux titres :

D'une part, les symptômes cliniques qui la composent, qui la traduisent, sont aussi nombreux que divers;

Et, d'autre part, ces symptômes sont sujets à s’associer, à se succéder, suivant des combinaisons non moins multiples et variées. |

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