HISTORIQUE
Les auteurs qui ont étudié les lésions osseuses produites par la syphilis congénitale ont tous reconnu ja fréquence de leur apparition pendant la vie intra-
utérine.
On doit citer d’abord Wegner et Parrot qui, tous deux, simultanément, l’un à Berlin et l’autre à Paris, découvrirent l’ostéochondrite et les autres lésions osseuses. (périostite et gommes). Wegner considère les lésions osseuses siégeant sur les os longs comme presque constantes et « plus fréquentes qu’au niveau du crâne ». Il a étudié l’anatomie pathologique de lostéochondrite et de la périostite en s'étendant sur l’ostéochondrite, dont il a fait une description à laquelle les recherches de ces cinquante dernières années ont peu ajouté. Les cas observés par Wegner concernent presque uniquement des prématurés ou des sujets très jeunes. En effet, sur douze observations, on en compte huit de prématurés dont les âges sont compris entre le 7° et le 9° mais. L'enfant le plus âgé n’avait que 4 semaines.
Le but de Wegner a été d'étudier les lésions produites ; il ne s’est pas préoccupé de l'âge auquel elles
commencent.
PARROT s’est attaché spécialement à la description clinique de la maladie, et a individualisé le type nosologique de la pseudo-paralysie qui porte son nom. Mais cela ne l’a pas empêché d’entrevoir les caracteres particuliers de la maladie chez le fœtus, puisqu'il a écrit : « Les différences entre lésions des fœtus et celles des nouveau-nés méritaient d’être mentionnées ; ce qui caractérise celles des fœtus se retrouve d’une manière très peu accentuée chez les enfants plus âgés que ceux étudiés jusqu'ici ».
WEGxNER et PARROT publièrent leurs travaux, le premier en 1870, le second à partir de 1872 jusqu’à 1885, date de sa mort.
Peu de temps après, d’autres auteurs entreprirent l'étude des lésions que WEGNER et PARROT avaient découvertes. Plusieurs d’entre eux, en particulier, firent des recherches sur des fœtus macérés et aboutirent à des conclusions à peu près concordantes sur la fréquence de l’ostéochondrite. BirsCH-HIRCHFELD. le premier, en 1875, la trouva chez 70 % des fœtus macérés; RUGE, en 1877, chez 83 % des fœtus macérés « sanguinolents » ; MEwis, en 1879, chez 93 %, tandis que chez les enfants nés vivants et hérédo-syphilitiques ayant succombé ultérieurement, la proportion tombe à 60 % ; LomER, en 1884, sur 43 fœtus macérés, ne trouve plus que 66 % de cas d’ostéochondrite : Œdemann, qui opéra plus tard, en 1898, découvre sur l’ensemble des avortements et des morts-nés, 40 %,. d’ostéochondrite.
Hope
__ Il faut dire qué ces auteurs avaient peut-être aftas ché une importance trop grande au signe de Wegner, qui existe chez le plus grand nombre des fœtus macérés, la mort in-utéro n'étant pas toujours chez eux due à la syphilis. Néanmoins, leurs résultats prouvent la grande fréquence de l’ostéochondrite. De plus, certains font de cette dernière un signe pathognomonique de syphilis, tel que Lomer. Plus tard, HECKER, en 1898, sera du même avis. WiELAND, en 1908, y voit un moyen précoce de diagnostic de la syphilis fœtale. LENTz en 1895, dans douze cas où il put déceler l’ostéochondrite, ne rencontra de lésions viscérales que dans deux cas seulement, montrant ainsi que souvent l’ostéochondrite est, chez le fœtus, la seule manifestation de la syphilis héréditaire.
Le premier travail radiologique sur l’ostéochondrite, dû à HocHsiNGEr, parut en 1902. M. THOMSEN, en 1907, constate la syphilis latente des nouveaux-nés sous la forme d’ostéochondrite révélée par la radiographie. On trouve dans la première publication de M. FRÆNKEL (1911), de belles radiographies représentant, pour la plupart, l’image du squelette de prématurés, puisque, sur 19 sujets, on en relève 12 dont . le plus petit mesurait à peu près 26 cm. M. ALEXANDER fit paraître plusieurs études en 1906-12-15. La derniere, en grande partie radiographique, concerne principalement l’ossification et les alterations syphilitiques des os courts ou plats (crâne, vertèbres, os iliaque, omoplate, sternum, côtes, etc...). Il faut mention-