‹ La Syphilis du Squelette chez le FœtusChapitre 7 sur 31 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

L'étude des altérations osseuses causées par la syjhilis congénitale a été faite en prenant des clichés radiographiques des os de tous les fœtus examinés, et en contrôlant par l’examen histologique les signes relevés sur ces clichés. C’est par cette seule méthode que l’on peut prouver la valeur des signes donnés par la radiographie. Mais, pour que l'examen radiographique soit concluant, il faut le pratiquer dans des conditions très déterminées. On ne peut pas faire des radiographies sur le fœtus in-utéro, car au moins avec la technique actuelle, dans ces conditions, les aspects radiographiques sont trop incertains pour permettre une conclusion. La radiographie du corps total du fœtus, en dehors de son habitat maternel, donne des résultats qui sont intéressants. Il est possible de s’appuyer sur eux pour affirmer l’existence des lésions osseuses, mais presque uniquement lorsque celles-ci ont déjà atteint le deuxième ou le troisième degré de l’ostéochondrite (classification de Wegner). Pour avoir des signes radiographiques nets d’ostéochondrite du premier degré, il faut débarasser l'os de toutes les parties molles qui l’entourent ; et même, afin que la technique soit encore plus sûre, il est préfé-

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rable de faire une coupe longitudinale, dans le milieu de l’extrémité osseuse, et dans le sens frontal, coupe de deux ou trois millimètres d'épaisseur. On supprime de la sorte les courbures qui, en particulier pour l'extrémité inférieure du fémur, pourraient par leur superposition altérer le cliché. C'est ainsi qu’il a été opéré toutes les fois que l’on a eu affaire à des mortsnés ou à des cadavres de prématurés ayant vécu. En second lieu, il est d’autres facteurs dont il est nécessaire de tenir le plus grand compte. L’âge du fœtus n’a pu être déterminé, dans quelques cas, d’une façon certaine, les renseignements fournis par la mère manquant de précision, et les mensurations et pesées auxquelles on s’est livré ne donnant pas une certitude absolue. Les antécédents pathologiques et obstétricaux de la mère, recherchés au point de vue du diagnostic de la syphilis chez celle-ci, souvent ne sont pas obtenus comme il faudrait pour pouvoir en faire état, La réaction de Wasserman n’a pu être pratiquée sur le bout placentaire du cordon, dans les cas d’avortement, autre signe de syphilis qui a manqué. D'autres faits se rapportant plus spécialement au fœtus entrent aussi en ligne de compte. Tout d’abord il s’agit des cas où le fœtus a survécu un temps plus ou moins long après son expulsion de la cavité utérine. Des troubles ont pu alors se produire dans son organisme et retentir sur le système osseux en modifiant l’aspect des lésions dues à la syphilis seule. Dans d’autres cas, lorsque l’agonie a été lente, des modifications se produisent dans la trame du tissu osseux. Ces altérations agoniques ont été démontrées. pour

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d’autres organes tels que le thymus (Hamman). Elles doivent exister aussi au niveau des os qui, lorsqu'ils sont vivants, constituent un tissu extrêmement labile. Malheureusement on ignore encore comyplètement ce que sont ces modifications. D’autre part, quand on examine des fœtus jusqu’au huitième mois environ, il ne faut pas toujours, de l’absence des lésions osseuses, déduire que la syphilis n’existe pas, car l'infection peut être retardée et ne se produit pas rigoureusement à partir du cinquième mois.

De plus, pour comparer l'aspect radiographique pathologique avec l'aspect normal, il faut considérer que ce dernier n’est pas absolument le même aux différents âges de la vie intra-utérine. Le travail intense de construction et de destruction qui se passe au sein de l’ébauche des os, principalement pendant la première moitié de la vie fœtale, fait qu’à des moments différents de celle-ci on obtient des images radiogra- phiques qui ne sont pas semblables. Il est donc nécessaire de classer les aspects radiographiques aux différents mois de la grossesse et de comparer les images pathologiques aux images normales, seulement lorsque les radiographies concernent des fœtus d’un âge identique ou très sensiblement voisin.

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