‹ La syphilis héréditaire et le rachitisChapitre 63 sur 84 · SYPHILIS OSSEUSE DES NOUVEAU-NÉS · texte numérisé non relu

SYPHILIS OSSEUSE DES NOUVEAU-NÉS

en arrière, et surtout dans sa moitié inférieure, mou, enveloppé de tissu fibro-spongoïde. Sur une coupe pratiquée suivant le grand axe et d’avant en arrière, on constate ce qui suit. A l’extrémité supérieure : 1° une couche chondroïde; 2° une zone jaune très fixe qui n’existe jamais dans le rachitisme et que je considère comme un reste de la couche chondrocalcaire, crayeuse, si constante entre l’épiphyse et la diaphyse sur les os longs des nouveau-nés syphilitiques ; 3° une couche chondro-spongoïde, suintant à la pression, très accusée et se confondant avec le tissu spongoïde de la diaphyse, et sur quelques points, avec le tissu spongieux en partie décalcifié. A l’extrémité inférieure, les lésions sont à peine visibles.

En haut, la diaphyse n’a rien de particulier dans ses trois quarts inférieurs ; elle est entourée d’une couche spongoïde déjà signalée. Au tiers inférieur on voit des lamelles de tissu compacte, formant deux enveloppes principales et concentriques : l’une, la plus interne, qui circonscrit le canal médullaire, et qui se continue en haut avec la paroi diaphysaire ; l’autre, beaucoup plus excentrique, en rapport par sa face externe avec le tissu spongoïde périphérique, et par sa face interne avec un espace de 2 à 3 millimètres, rempli de tissu spongo- médullaire. Elle me semble devoir être regardée comme la trace d’ostéophvtes qui se montrent dans la même région chez les nouveau-nés atteints de syphilis héréditaire. A la date où nous sommes, chez cet enfant, les ostéophytes s’effacent. — Les autres os offrent des altérations à peu près analogues à celles qui viennent d’être décrites sur l’humérus.

Entre ces os et les os purement rachitiques, il y a quelques différences et de nombreuses ressemblances, car, dans ce cas, je le répète, les lésions du rachitisme et de la syphilis sont combinées.

Analogies. — Dans les deux cas, on voit sur l’épiphyse une couche chondroïde et une couche chondro-spongoïde; à l’extrémité de la diaphyse, une zone spongoïde; autour de la diaphyse, une couche de tissu spongoïde ayant de la tendance à se médulliser; enfin, dans leur masse, les os ont subi un travail de décalcification et se laissent couper aisément.

Différences. — Dans le rachitisme, le tissu spongoïde est très marqué aux extrémités des os. La médullisation interlamellaire est excentrique, tandis que, dans la syphilis, elle est concentrique. Dans la syphilis, l'extrémité diaphysaire présente une zone jaune, et il n’est pas rare de rencontrer sur un des points de la périphérie diaphysaire du tissu compacte ostéophvtique en voie de médullisation ; les os sont moins développés que chez les enfants du même âge, atteints de rachitisme pur, ce qui s’explique par l’époque de l’évolution de la syphilis qui est plus hâtive que celle où l’on voit éclater le rachitis chez un sujet non syphilitique.

Syphilis et rachitis des nouveau-nés.

Communication faite à la Société anatomique, 1873.

M. Parrot présente deux séries de pièces relatives les unes à la syphilis des nouveau-nés, les autres au rachitis.

Le rachitis est une maladie dont les caractères essentiels sont bien connus. Trois choses le constituent dans sa période de croissance. Ce sont 1° la décalcification; 2° la formation de tissu spongoïde; 3° la médullisation. La décalcification porte sur tous les os qui se laissent facilement couper. La formation de tissu spongieux se présente sous l’aspect de bourgeons charnus. La médullisation s’opère au niveau du tissu spongieux. Dans le cas actuel, elle a presque atteint la couche cartilagineuse. Si l’on examine le crâne en particulier, on trouve d’autant moins de tissu spongieux en dedans qu’il en existe plus en dehors. Ce fait va me servir de point de départ pour faire ressortir les caractères des os syphilitiques chez les enfants nouveau-nés et chez ceux qui, âgés de moins dTm an, ont une syphilis héréditaire.

Chez les enfants du premier âge, atteints de syphilis héréditaire, il y a des lésions spécifiques, ayant leurs marques propres et qui varient.

1" période. — Elle est très caractérisée chez les enfants qui ont d’un jour à six semaines. On noie : (A) une exubérance de la calcification aux extrémités des os longs et l’on observe une zone chondro-calcaire et des ostéophytes péridiaphysaires qui ont 1 ou 2 millimètres d’épaisseur ; (B) une dégénération gélatiniforme des tissus préformés, intéressant à la fois le cartilage et le tissu spongieux. Les os sont plus denses, plus difficiles à couper qu’à l’état normal. Le décollement des épiphyses qu’on constate n’a rien de commun avec le rachitis.

2 * période. — (De six semaines à plusieurs mois.) (A) Les os conservent les caractères que je viens d’indiquer : ostéophytes, dégénération gélatiniforme. — (B) On observe une médullisation et une décalcification qui porte et sur l’os primitif et sur les ostéophytes. Les modifications produites

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