‹ La syphilis héréditaire et le rachitisChapitre 8 sur 84 · PREMIÈRE LEÇON · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LEÇON

L’évolution de l’enfant. — La syphilis héréditaire considérée comme maladie d’évolution. — Le rachitis n'est que la phase ultime de la syphilis héréditaire.

Depuis longtemps je m’occupe sans relâche des relations qui unissent le rachitis à la syphilis héréditaire.

L’enquête minutieuse à laquelle je me suis livré m’a appris que, dans ses manifestations cliniques aussi bien que dans ses lésions anatomiques, la syphilis héréditaire évolue suivant un mode parfaitement déterminé et subit une série de transformations régulières qui sont dans une relation constante et directe avec l’âge des sujets. Elle m’a fait voir en outre qu’il existe un parallélisme complet entre la succession de ses étapes et les diverses périodes de la vie infantile, de telle sorte qu’étant donné un enfant de tel âge, on peut, sans le voir, s’il a des éruptions syphilitiques, les décrire avec une certaine exactitude; ou bien, si l’on ne voit qu’une portion des téguments malades, on peut dire à peu près sûrement son âge. Dans l’un et l’autre cas, il est facile de prévoir les lésions que révélerait l’autopsie ; de même que l’investigation cadavérique à elle seule permettrait de reconstituer les phénomènes cliniques.

Je ne connais pas d’autre maladie à propos de laquelle on puisse dire de semblables choses.

De cette fixité, de cette régularité dans le processus morbide, il n’est aucun système organique qui ne porte une empreinte plus constante, plus profonde, plus caractéristique que le squelette. On y trouve gravées, avec une rigueur presque mathématique, les dates du mal, ou, pour mieux dire, les formes qu’il peut revêtir, soit d’emblée, soit par la série des transformations qui lui sont habituelles. Parmi ces modalités pathologiques, il en est une, la dernière chronologiquement, qui est le rachitis. Or mon but est de vous démontrer que le rachitis ne reconnaît pas d antre origine que la syphilis héréditaire .

Lorsque j’ai pris la direction de ce service médical, j’étais convaincu,

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