ORIGINE SYPHILITIQUE DU RACHITIS
d’après les œuvres classiques, que le rachitis était un mal autonome, indépendant, spécifique. Pourtant, peu à peu, et dans un nombre de cas d’abord très restreint, j'ai été conduit à admettre son origine syphilitique ; mais je m’efforcais de trouver dans leur physionomie des particularités permettant de les différencier d’avec les autres. C’était là une entreprise légitimée par les idées médicales régnantes, mais dont les résultats sans solidité n’ont pu résister à une observation plus attentive et plus prolongée. Aujourd’hui je suis convaincu que tous les cas de rachitis dérivent d'une source unique : la syphilis héréditaire .
Dire que le rachitis a pour seule cause la syphilis héréditaire ; qu’il n’existe pas en dehors d’elle, puisqu’il n’est en réalité que l’une de ses étapes; et que par conséquent il faut, en tant que mal distinct, qu’espèce morbide, le rayer des cadres nosologiques, c’est se heurter à l’opinion publique, c’est attaquer un dogme médical.
Toutefois, et j’y insiste pour donner plus de valeur à mon dire, cette manière de voir, que les faits cliniques et anatomo-pathologiques confirment chaque jour, ne s’est imposée que lentement à mon esprit.
Vous la faire partager est, je ne l’ignore pas, une entreprise difficile, mais non au-dessus de ma conviction; soutenu par votre sympathie, je la mènerai à bonne fin, je l’espère, et vous sortirez d’ici délivrés d’une erreur pathologique ancienne, tenace, et dont la gêne, mal précisée, s’est fait sentir plus d’une fois dans l’étude de la médecine infantile.
Je vous disais tout à l’heure que la syphilis héréditaire est une maladie d' évolution. Son étude, faite jour par jour, suivie pas à pas, si je puis ainsi dire, ne peut là-dessus laisser aucun doute. En dehors de cette donnée, son histoire reste obscure et sans cohésion. Certes, la cause virulente prime tout, puisque sans elle rien n’existerait. Mais, à partir d’un certain moment que je tâcherai de préciser, moment qui, eu égard à la durée de la vie de l’homme, arrive bien vite, cette cause s’affaiblit, s’efface peu à peu et, finalement, se trouve absorbée par le grand travail de l’évolution.
Je n’ai cessé de dire cela, et j’y reviens encore aujourd’hui ; car c’est de ce point de vue physiologique qu’il faut envisager toute la pathologie de l’enfance, sous peine de ne pas comprendre ce qu’elle est en réalité. Oui! c'est l’âge de l’enfant, c’est-à-dire l’état organique et fonctionnel où il se trouve actuellement, qui constitue sa personnalité physiologique et qui, dans l’ordre pathologique, provoque certaines affections qui lui sont propres, et modifie d’une manière très notable celles qui sont communes à tous les âges. Ces époques de la vie infantile, ces moments