DENTS EN GRADINS. — ÉROSION EN NAPPE
libre, qui constitue le dernier ^/;'«c/m, est généralement amincie, partiellement ou même absolument dépourvue d'émail, rugueuse, irrégulière et brunâtre. Elle s'effrite, se délite, et s'use rapidement. Si bien que, dès la jeunesse ou au plus tard dans l'âge adulte, la dent se trouve raccourcie et privée de son extrémité libre, comme si on l'avait limée horizontalement.
Ces diverses variétés d'érosions « en sillon » peuvent affecter les trois ordres de dents. Mais elles sont infiniment plus fréquentes sur les incisives.
4° Erosion en nappe.
Ce dernier type est rare, exceptionnel même.
Il est constitué simplement par l'exagération des formes que nous venons de décrire. Représentez-vous une des érosions précédentes amplifiée de toutes dimensions, élargie, creusée, couvrant une vaste surface de la couronne, et vous aurez le type actuel.
La dent affectée de la sorte se présente donc absolument modifiée d'aspect. Elle offre une large zone inég-ale etrug-ueuse, semée de saillies et d'anfractuosités alternantes, foncée de ton,' d'une couleur jaune sale ou gris noirâtre.
Exagérez encore cet ensemble pathologique au double point de vue de l'étendue et de l'intensité des lésions ; supposez-le généralisé, c'est-à-dire affectant toute la surface dentaire, et vous réaliserez alors le type monstrueux d'une dent complètement désorganisée, méconnaissable, n'ayant plus rien de l'aspect d'une dent, ne constituant plus qu'un tronçon informe. C'est là ce que, depuis Tomes, on désigne du nom singulier de « dentençjâteaude miel », sans doute enraison desanfractuosités multiples que présente cette dent difforme et que l'on a comparées (avec une certaine complaisance, il faut le dire) aux alvéoles d'un gâteau de miel.