‹ La syphilis héréditaire tardiveChapitre 30 sur 103 · SILLONS BLANCS · texte numérisé non relu

SILLONS BLANCS

résistent et se conservent longtemps. Citons au premier rang celles qui présentent la variété d'érosion désignée sous le nom d'écliancrurc semi-lunaire. Il est assez commun de trouver, même dans l'âge adulte, des dents d'ITutchinson qui, en dépit d'ontamures plus ou moins profondes de leur bord libre, restent encore indemnes de carie. Nous avions dans nos salles, ces derniers temps, une femme de 57 ans, très certainement hérédo-sypbilitique, qui portait encore deux canines inférieures saines, avec un vestige manifeste d'écbancrure sur leur sommet.

Ce qui précède. Messieurs, comprend l'ensemble des manifestations les plus importantes et les plus communes que détermine sur le système dentaire l'influence hérédo-sypbilitique.

Je suis loin, certes, d'avoir épuisé le sujet, et nombre de particularités intéressantes me resteraient encore à signaler (1). Mais je dois et veux me borner. Aussi, élaguant tout ce qui n'est pas strictement indispensable au but que je poursuis, ne ferai-je plus que vous parler des trois points suivants, qu'il y aurait inconvénient à passer sous silence.

I. Sillons blancs. — Ce que je qualifie du nom de sillon blanc

(1) De ce nombre, par exemple, serait une aberration singulière de développement, constituée par un volume excessif, une sorte d'hypertrophie morbide de certames dents.

Quelques observations semblent témoigner que l'influence hérédo-syphilitique n'est pas sans relation avec le mégalodontisme . Dans un cas de M. le D"" Lailler, les incisives médianes supérieures étaient « très larges, très volumineuses, hors de proportion avec les autres dents ». — Le D"" G. Barraclough a signalé (7"/ie medirulTimes, 1876, p. 349) plusieurs cas de même ordre. Dans l'un, une des canines était énorme. Dans un autre, les incisives supérieures étaient considérables, et présentaient en outre un sillon transverse très accentué sur la région moyenne de la couronne, avec l'encoche d'IIulchinson sur leur bord libre. — J'ai vu de môme un malade hérédo-syphilitique dont les incisives médianes supérieures pouvaient être justement qualifiées de géa?i(es.

On sait que ces dents géantes ne sont pas rares chez les idiots. Or, l'hérèdosyphilis aboutissant parfois à l'idiotie, il n'est rien d'extraordinaire à ce qu'elle puisse servir également d'origine à celte malformation dentaire.

Toutefois, les cas de cet ordre sont encore en trop petit uouibre pour qu'il soit permis d'en rien inférer de certain. Aussi ne les ai-jepas compris dans l'exposé qu'on vient de lire.

consiste tout simplement en ceci : une tache blanche, laiteuse, qui, sous forme d'une strie linéaire, parcourt horizontalement la couronne d'une dent (%. 23).

Figurez-vous une dent saine sur laquelle on tracerait au pinceau une ligne blanche de direction horizontale, et vous aurez une idée à peu près exacte de ce que Je vais vous décrire.

Notez d'abord qu'il s'agit ici, à proprement parler, d'une tache. àe. la couronne, et non plus, comme dans l'érosion, d'une perte de substance, d'une rainure entaillée dans la dent.

Le sillon blanc se fait sans méplat, comme sans relief, en un

mot sans irrégularité de surface. C'est purement et simplement une zone dentaire différente des pai'ties voisines par sa coloration particulière.

Celte coloration est d'un blanc mat,

Fig. 23. — Sillon blanc, sur laiteux, crciyeux, qui tranche d'une faune malade hérédo-sy- . , , ^ ^ • l i i i phiiitique. Ço^i nettte sur la temte normale de la

dent. Quelquefois cependant elle offre un ton plus adouci, simplement opaHn.

Caractère non moins spécial : la tache en question a la forme d'une rayure, d'un sillon. Elle est absolument transverse, régulièrement horizontale.

Comme hauteur, elle mesure un demi-millimètre à un millimètre environ.

Comme largeur, elle parcourt toute la surface de la couronne, d'un bord latéral à l'autre bord.

C'est donc, à part l'entaillure, une lésion semblable trait pour trait à ce qu'on appelle l'érosion en sillon. Seulement, c'est un sillon coloré et sans érosion.

Son siège le plus habituel est le couple des incisives médianes supérieures. Et, particularité remarquable, tout à fait significative en l'espèce, alors que le sillon blanc affecte ces deux dents, il les affecte d'une façon absolument symétrique, en s'y produisant au même niveau et sur une môme hauteur de la couronne, ce qui constitue une analogie de plus avec l'érosion.

En un mot, le sillon blanc est de tous points le pendant des sillons dentaires que nous avons étudiés précédemment. On

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