‹ La syphilis héréditaire tardiveChapitre 39 sur 103 · ENQUÊTE SUR LA FAMILLE · texte numérisé non relu

ENQUÊTE SUR LA FAMILLE

èlro impossiblo ; ol c'osl même là, (h; beaucoup, l'ordro do, cas le plus commuu.

Eh bien, dans ccl ordre de cas, il faut vcinir h bout des difficultés de l'enquête, voilà tout. Il pourra vous en coûter du temps, delà peine, quelque ennui, parfois quelque argent; mais qu'importe? Qui veut la fin veut les moyens.

Au total, de quoi s'agit-il? De cliercher et de trouver les parents du malade, puis de les faire parler. Or, ce ne sont pas toujours là des diflicultés majeures et insurmontables.

Yous avez vu maintes fois comment nous procédons ici. La chose est des plus sim])les. Lorsqu'il nous arrive d'avoir dans nos salles quelque enfant, quelque adolescent, voire quch^ue adulte alTecté d'une lésion à laquelle nous supposons une origine hérédo-syphilitique, nous commençons par mander à l'hôpital les parents du malade. Quelquefois ils répondent à notre appel, et alors tout marche à souhait. Mais quelquefois aussi ils font la sourde oreille, ils ne viennent pas. Dans ce cas, j'ai recours au bon vouloir et aux bonnes jambes de mes élèves pour les « relancer à domicile », passez-moi le mot. Vous vous souvenez qu'à propos d'un cas éminemment curieux, qui piquait fort notre curiosité, j'ai expédié un de mes internes, M. Fernand Lavergne, jusqu'à Bruxelles, et je ne saurais assez le remercier de la complaisance avec laquelle il s'est chargé de cette mission. Bref, par un moyen ou par un autre, nous essayons de découvrir les parents qui se dérobent, et, les ayant découverts, nous les confessons.

On m'a dit quelquefois : « Mais ce n'est plus un métier de médecin, c'est un métier de juge d'instruction que vous faites là... Puis n'y a-t-il pas quelque disconvenance à pénétrer de la sorte dans une famille pour solliciter des renseignements de ce genre, au risque d'exhumer des souvenirs fâcheux, de révéler à une femme ce qu'elle ignore peut-être sur le passé de son mari, etc., etc. ?» A cela je réponds que tout est ici dans la façon de procéder, dans la forme ou, mieux, dans les formée. Avec du tact, de la discrétion et quelque adresse, il y a manière de diriger l'enquête sans offenser ni eiïrayer personne, sans éveiller aucune susceptibilité, et de façon, au total, à sauvegar-

(1er les convenances. En ce qui nous concerne, mes élèves et moi, je dois dire que nous n'avons jamais recueilli que des remerciements pour de telles démarches, dans les familles que nous avons visitées, et je me porte garant que nous n'avons semé le trouble nulle part. D'autre part, pour ce qui a trait à la <lignité médicale, j'avoue qu'il m'est impossible de la trouver compromise en l'espèce. Et, puisque je suis forcé de le dire, je préfère le rôle du médecin qui prend la peine d'aller chercher un renseignement dont pourra largement bénéficier son malade à celui du médecin qui, pour une raison quelconque, se prive et prive son malade de cette source de lumière.

D'ailleurs, il est manifeste — et c'est Là ce dont j'ai à cœur de vous convaincre — que, dans les cas spéciaux qui nous occupent, l'enquête sur les ascendants s'élève au rang d'une véritable méthode diagnostique, d'une méthode, je le répète, également propre à servir la science et la pratique.

Scientifiquement, elle est indispensable à l'authenticité d'un l'ait quelconque. Il n'est pas, entendez bien ceci, il ne saurait être d'observation indiscutable, irréfutable, authentique, de syphilis héréditaire tardive sans le contrôle de l'enquête sur les ascendants. Quelque multiples, quelque valables que soient les signes qui, dans un cas donné, conduiront à suspecter une syphilis héréditaire tardive, aucun n'entre en balance avec le témoignage direct, formel, péremptoire, que peut fournir l'enquête.

Pratiquement, l'enquête offre au médecin un secours précieux pour fixer son diagnostic et déterminer son traitement. Que d'exemples n'aurais-je pas à produire oii, grâce à elle, les incertitudes d'un cas difficile ou obscur ont été dissipées par la révélation d'une syphilis chez les ascendants! Je m'abstiendrai pour l'instant de citations particulières ; mais nombre de faits qui trouveront leur place dans tel ou tel des chapitres suivants achèveront, si besoin est, de fixer vos convictions à cet égard.

Page 1