III. — Ostéomyélites goivimkuses
Un troisième ordre de lésions consiste dans la production de lésions gommeuses à l'intérieur même des os, au sein de la moelle osseuse.
Ces lésions^ qui constituent ce qu'on appelle Vostéomyélite gommeuse, ont été rencontrées plusieurs fois comme manifestations de la syphilis héréditaire tardive.
(1) The médical Times, 1880, p. 135.
OSTÉOMYÉLITES GOMMEUSES.
On les a observées sur divers os le tibia, les os du crâne, etc.
Comme exemple typique, je ne saurais mieux faire que de vous montrer ces deux belles aquarelles qui proviennent de la collection de M. Lannelongue et qui représentent des gommes développées sur un enfanthérédo-syphilitique au centre même du canal médullaire de l'humérus (Voy. fig'. 31) et du fémur.
Une coupe faite sur chacun de ces os montre très nettement le canal médullaire absolument comblé dans une certaine étendue par une tumeur solide, dont la belle couleur jaune tranche étrangement sur la teinte rouge des parties voisines. Cette tumeur est une gomme en dégénérescence caséeuse. — Comme d'usage, il s'est produit au pourtour de chacune de ces gommes des couches osseuses de nouvelle formation qui ont déterminé un renflement fusiforme de l'os à ce niveau (1).
l'humérus, le fémur.
Si je devais, Messieurs, poursuivre et compléter l'histoire clinique de ces lésions osseuses, il me faudrait encore lui consacrer ici plusieurs chapitres. Mais je
Fig. 31.
(1) Voici la description textuelle de ces lésions, empruntée à l'observation qu'a bien voulu me communiquer M. Lannelongue. «... L'humérus gauche présente, dans la moitié inférieure de sa diaphyse, un
dois et j'entends me restreindre à ce qui intéresse exclusivement le sujet spécial que nous avons en vue. Sacrifiant donc nombre de points qui constitueraient un complément naturel à ce qui précède (1), je ne ferai plus que vous signaler deux particularités cliniques que leur intérêt m'interdit de passer sous silence.
renflement fusiforme qui en double l'épaisseur. Ce renflement s'arrête brusquement en bas, un peu au-dessus de l'épiphyse. Sa surface est assez unie... En pratiquant une coupe longitudinale de l'os, on trouve à ce niveau l'aspect suivant : Au centre, large surface jaune, ayant la forme d'un quadrilatère irrégulieret plus étendu dans le sens de la longueur quetransversalement. Cette surface correspond a la portion centrale de l'os, qui est infiltrée d'une matière jaunâtre et grumeleuse.
« ... Le foyer gommeux se compose de substance osseuse infiltrée parla matière jaune précédemment décrite. En certains points de sa périphérie il commence a se séparer des portions osseuses ambiantes. Le tissu osseux se présente là
avec sa consistance normale sur quelques points; en d'autres points, il semble détruit... Cette lésion est manifestement constituée par une osteomiidite qomvieuse, etc..
« Le fémur gauche offre un léger renflement de la diaphyse, dans son quart inférieur. Ce renflement est fusiforme, mais plus accentué à la face postérieure
vieuse, etc..
gauche offre un léger renflement de la diaphyse, dai renflement est fusiforme, mais plus accentué à la face postérieure
de 1 os.
«... En faisant une coupe, on trouve à ce niveau (c'est-à-dire à l'extrémité du canal médullaire et 3 centimètres au-dessus du cartilage de conjugaison) une lésion identique à celle de l'humérus, mais moins avancée de développement. Il existe là, dans le canal médullaire, un noyau jaunâtre, olivaire. Le centre en est absolument jaune et plus consistant que le tissu médullaire. Plus extérieurement se rencontre une zone blanchâtre, molle, qui se continue avec une couche de moelle décolorée et d'aspect gélatineux... Au niveau de la tache jaune, le tissu osseux a disparu... Ici, en un mot, l'altération consiste encore en une gomme parfaitement accentuée, bien circonscrite, et à la première période de son évolution... Comme pour l'humérus, des couches osseuses de nouvelle formation se sont constituées dans le tissu compacte en regard de cette gomme du canal médullaire... Le reste du fémur est sain, etc., etc. »
(1) Je signalerai comme telles les deux particularités suivantes, qui offrent à coup sûr un réel intérêt clinique.
^' 7T 9^ otiservé quelquefois, sous l'influence des ostéo-périostites hérédosyphililiques, un allongement, un excès de croissance en longueur des os affectés. — Je n'ai pas encore rencontré, pour ma part, de cas de ce genre, mais j'en connais plusieurs exemples relatés par divers auteurs.
II. — Inversement, on a vu des ostéopathies hérédo-syphilitiques avoir pour conséquence la risorption complète de portions osseuses plus ou moins considérables, d'où le raccourcissement des parties affectées.
W. Taylor (Syphililic lésions of the osseous System in infants and young childi-en, îs^ew-York, 1875) cite un cas observé sur un enfant de neuf ans, hérédosyphilitique, chez lequel l'index droit était réduit à un « tronçon de doigt », ne dépassant pas en longueur la première phalange du médius correspondant. Cet énorme raccourcissement était la conséquence de lésions osseuses spécifiques qui avaient délerniiné une résorption de toute la première phalange, d'un tiers de la seconde, et d'un tiers du deuxième métacarpien. — Sur ce même enfant, l'extrémité du petit doigt se trouvait de niveau avec l'articulation de la première phalange de l'annulaire; et, ici encore, le raccourcissement était le résultat de la disparition complète d'uné moitié du métacarpien correspondant.