AFFECTIONS DE LA BIOELLE
Autant les documents relatifs au sujet dont nous poursuivons l'élude sont nombreux et précis en ce qui concerne les affections du cerveau, autant ils deviennent rares et vagues relativement à celles de la moelle, qui doivent nous occuper actuellement.
Aussi bien le chapitre que nous allons aborder scra-t-il moins,
je dois VOUS en prévenir à l'avance, un exposé didactique de^î déterminations médullaires qui peuvent résulter de l'hérédosypliilis tardive qu'une simple ébauche, un ensemble d'aperçus provisoires sur le sujet. En d'autres termes, nous ne ferons ici qu'ouvrir un cadre que l'avenir remplira.
Ce qu'il y a de plus certain dans cette question éminemment difficile et complexe, c'est que l'hérédité syphilitique tardive se traduit quelquefois sur la moelle par des symptômes d'ordre paralytique.
Ce qu'il nous est encore permis de préciser, c'est que tantôt ces symptômes se produisent sous l'influence de lésions rachidiennes que révèle l'examen extérieur, et que tantôt elles sont le résultat de lésions profondes (médullaires ou péri-médullaires) qui échappent à l'exploration.
Comme exemple du premier genre, je vous citerai le fait d'un jeune enfant hérédo-syphilitique, qui fut pris, vers l'âge de sept ans, d'une parésie des membres inférieurs, avec difficulté, puis impossibilité de la marche. Je trouvai la raison de ce symptôme dans une intumescence massive de plusieurs vertèbres de la région dorsale, constituant une sorte de gibbosité. Quant à la nature spécifique de cette lésion osseuse, elle ressortait en toute évidence et des antécédents de famille et des antécédents personnels à l'enfant et delà coïncidence de plusieurs autres accidents d'ordre manifestement syphilitique (périostose tibiale, gommes sous-cutanées, etc.) Le traitement ioduré produisit une diminution rapide de la tumeur rachidienne, avec amendement parallèle des phénomènes paraplégiques. Par malheur, le petit malade dut quitter Paris prématurément, et la fin de son observation m'a échappé.
Le professeur Laschkewitz (de Charkow) a relaté un fait analogue, concernant une jeune fille de treize ans, hérédo-syphilitique, chez laquelle une hyperostose de la deuxième vertèbre cervicale détermina des symptômes de compression de la moelle, à savoir : paralysie des quatre membres, diminution de la sensibilité, diminution de la contractilité électrique, etc.