SYMPTÔMES. — ÉVOLUTION
Eu loul cas (ot ceci a pour nous une loul autre importance) de l'étude qui précède et des cliifTres que nous avons cités résulte une double notion, h savoir :
r Qu'il existe pour l'enfance des risques multiples et variés de contamination syphilitique ;
2° Qu'en définitive la syphilis acquise de l'enfance présente déjà un bilan d'observations assez considérable.
Cette syphilis, on l'a dite « rarissime », suivant l'expression d'un de nos confrères ; on la considère presque comme une curiosité exceptionnelle. C'est Icà une erreur; c'est là un préjugé contre lequel protestent les faits que nous venons de produire.
Sans doute il y aurait exagération en sens inverse à présenter cette syphilis acquise de l'enfance comme commune ou même assez commune. Bien loin de nous une telle erreur. En réalité cette syphilis est rare, infiniment plus rare, par exemple, que la syphilis héréditaire ; mais à coup sûr, et c'est là seulement ce que nous avons cherché à établir^ elle est tjioins rare qu'on qu'on ne le dit et qu'on ne le croit généralement.
De là cette conclusion, au point de vue pratique : Il y a toujours lieu, dans les cas oii un diagnostic d'origine se présente à instituer à propos d'accidents tertiaires développés sur un enfant, un adolescent ou même un adulte, de tenir un compte sérieux de la possibilité d'une infection personneZ/e subie dans un âge antérieur. C'est-à-dire, en autres termes : il y a toujours lieu de faire intervenir la syphilis acquise parallèlement à la syphilis héréditaire comme origine possible de ces accidents.
Ce serait, Messieurs, perdre de vue notre sujet principal que de m'arrêter ici à vous décrire in extenso la syphilis acquise de l'enfance. Je ne dois pas oublier et je n'oublierai pas que cette syphilis acquise de l'enfance ne nous intéresse pour l'instant que d'une façon accessoire et indirecte. Je ne ferai donc que l'envi-
;i96 SYPHILIS ACQUISE DE L'ENFANCE.
sager en ce qui nous concerne, c'est-à-dire sur les points où elle peut être mise en parallèle avec la syphilis héréditaire tardive.
Ceci indiqué comme programme de ce qui va suivre, j'entre aussitôt en plein cœur du sujet.
D'une façon générale on peut dire que la syphilis acquise de l'enfance n'est rien autre que la syphilis acquise de l'adulte transpoi'tée dans le jeune âge.
Et, en effet, d'une part elle emprunte à la syphilis de l'adulte tous ses symptômes, toutes ses expressions cliniques, réserves faites pour les particularités ou les modifications secondaires quepeuvent y introduire les conditions d'âge, de développement, de fonctionnement ou d'absence de fonctionnement physiologique de divers organes, etc.
D'autre part elle lui emprunte également son évolution générale, à savoir : son mode d'invasion initiale, sa division ultérieure en une série de périodes, sa chronicité de marche, sa durée indéfinie, etc.
Précisons.
En premier lieu, comme la syphilis acquise de l'adulte, la syphilis acquise de l'enfance reconnaît toujours et invariablement pour accident d'origine, pourexorde, une lésion d'apparence locale, le chancre; lésion ayant pour triple caractère : 1° de se développer au point même où s'est exercée la contagion ; — 2° de n'y apparaître qu'après une incubation véritable, c'est-àdire trois à quatre semaines environ après l'époque où s'est produite cette contagion; — 3" d'être fatalement escortée d'une adénopathie spéciale affectant les ganglions qui correspondent au siège du chancre, adénopathie dite bubon syjyiptomaiiqiieàxx chancre, et particulièrement remarquable par ses attributs d'engorgement ganglionnaire aphlegmasique, indolent, multiple (pléiade de Ricord), etc.
En second lieu, de même que la syphilis acquise de l'adulte, cette syphilis acquise de l'enfance n'est constituée pour un temps (quelques semaines en moyenne) que par ces deux manifestations : chancre et bubon; puis elle entre au delà dans une