SCLÉROSE EN PLAQUES
Il y a longtemps que, pour ma part, je considère théorique-* ment la sclérose en plaques comme une affection où la syphilis est destinée à prendre quelque jour une part éliologique* Mais, à la vérité, cette conception est restée pour moi jusqu'à ce jour toute platonique, passez-moi l'expression, car je n'ai pas encore eu l'occasion de mettre la main sur un seul lait de nature à la légitimer soit cliniquement, soit anatomiquement.
Il faut reconnaître que nombre de présomptions concourent — au moins théoriquement, je répète le mot — à nous représenter la syphilis comme un facteur possible de sclérose en plaques. D'une part, en effet, la syphilis offre une tendance indéniable, alors qu'elle affecte le système nerveux, à disséminer, à éparpiller ses localisations sur des points divers do l'axe encéphalorachidien(l). D'autre part, il n'est que trop dans son essence
Actuellement, vue très affaiblie. - A l'ophthalmoscope, on constate un certain degré d atrophie des nerfs optiques, avec rétrécissement des vaisseaux de la papille.
D'autre part, douleurs en ceinture; - douleurs fulgurantes dans les bras et les jambes, parfois accompagnées de petites secousses dans les extrémités; - diminution de la sensibilité au toucher et à la douleur, surtout dans les membres inférieurs; - symptômes de pareslhésie (sensations de froid, d'engourdissement dans les bras et les jambes) ; - abolition complète des réflexes roluliens • - de temps à autre, crises gastriques avec vomissements ; - troubles urinaires persistants; etc. 1
Obs. Il (Sommaire). - R. Ernest, âgé de seize ans. - Né d'un père svphilitique, qui présente actuellement divers signes non douteux de tabès
Débile depuis son enfance. - Peu de temps après sa naissance, il a présenté divers accidents qui paraissent peu douteux en tant que manifestations d'hérédité spécifique (coryza, boutons sur la tète, boutons sur tout le corps)
Depuis trois ans, accidents intermittents d'incontinence urinaire nocturne - Parlois, depuis deux ans, accès de douleurs déchirantes dans les incisives, qui sont parfaitement saines. - Signe de Romberg très accentué. Le malade titube dea guil ferme les yeux ou dès qu'on lui commande de tourner rapidement sur les la ons. - Ilypcresthésic, au niveau de la septième vertèbre cervicale. - Ancsthésic au toucher et à la douleur, principalement à la face interne des cuisses. — Abohtiou complète des réflexes roluliens.
(1) C'est là un fait que j'ai signalé de vieille date à l'attention et sur lequel j'ai Dsisté a mamtes reprises - V. La syphilis du cerveau (Leçons cliniques recueillies par E. Bnssaud, Paris, 1879).