‹ La Syphilis Nerveuse ConjugaleChapitre 17 sur 26 · ME EX · texte numérisé non relu

ME EX

OBservarion II — (Hépiial Laënnec, 2158).

Mme C..., Marthe, née en 1890, métallurgiste, consulte le 25 janvier 1933 parceque son mari est mort il ÿ a un an à Villejuif d’une paralysie générale qui a duré 6 mous.

On ne relève dans ses antécédents que deux faussecouches en 1922 et 1923. Elle accouche à terme en 1924 d’un enfant qui s’est développé normalement depuis. Il y a deux ans, au début de l'affection de son mari, les réactions sérologiques de cette malade auraient été positives et elle a reçu deux séries de Quinby et une d’acétylarsan.

A l’examen, les réflexes achiléens et rotuliens sont normaux, mais on constate un signe d’Argyll-Robertson. Le Bordet-Wasserman et le Hecht son négatifs.

On injecte les jours suivants : 0,15 ; 0,30 ; 0,30 de Novar pour réactiver. Le B-W et le H sont encore négatifs. Deux nouvelles injections de 0,45 ne modifient toujours pas les réactions sérologiques. Par la P. L., pratiquée le 4 avril 1933, on ne constate que : albumine = 0,40 : lymphocytes — 1,6 : beny. coll. = — : BW. = —

En somme, 1l s’agit de syphilis nerveuse fruste chez la femme d’un paralviique général.

OBservaTION IV. — (Hôpital. -Laënnec, 1370).

Mme R..., Berthe, née en 1891, marchande de pommes de terre, a perdu son mari en 1927 : il est mort paralvtique général à Villejuif.

Aucun antécédent de syphilis. Sa deuxième grossesse s’est terminée par une fausse-couche. La première et la troisième par la naissance à terme d'enfants absolument bien portants.

ES

Le 8 avril 1927, on note chez elle un signe d’Argyll- Robertson des réflexes achiléens faibles, des rotuliens normaux. Les réactions de B-W et de H. sont négatives.

En deux mois et demi, 6 grammes de Novar sont injectés à cette malade ainsi que 7 demi-doses de Muthanol.

Les réactions de B-W et de H. sont positives le 6 mai 1927.

Le traitement est régulièrement suivi jusqu’en 1930. On note le 20 mai 1930 que les réflexes achiléens sont quasi nuls, mais que les pupilles légèrement inégales réagissent à la lumière.

OgservarTion V. — (M. SEzary. — OBSERVATION PER- SONNELLE).

M. L.., 56 ans, chancre syphilitique pendant son service militaire à 22 ans. — Pendant deux ans, le traitement consiste en pommades mercurielles, puis en 3 ou 4 injections d'huile grise.

Depuis 1926, douleurs fulgurantes ; actuellement, ataxie, S. de Romberpg, les réflexes achiléens et rotuliens sont abolis, 5. d’Argyll-Robertson.

Mme [L... s'était mariée en 1902.

Premier enfant en 1902, mort à 6 mous.

Deuxième enfant, né en 1905, à terme, bien portant.

Troisième enfant, né en 1907 à terme, bien portant.

Mme [,. n’a jamais été soignée avant son admission à l'hopital pour paralysie générale, En 1912, elle y a accouché quelques mois avant sa mort d’un enfant mort-né.

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B. Syphilis nerveuses conjugales associées

Dans la syphilis nerveuse conjugale associée, 1l s’agit de deux partenaires atteints de syphilis nerveuse avérée, fruste, biologique ou mixte, avec association simultanée d’autres lésions syphilitiques, tertiaires, viscérales ou cutanées chez l’un ou chez les deux conjoints.

Si dans certains cas, les troubles neurologiques semblent dominer le tableau clinique, l'inverse peut se voir aussisouvent. BaBinski, Vaquez, de Massary entre autres, ont à maintes reprises insisté sur la fréquence des lésions aortiques chez les tabétiques et les paralytiques généraux. Par ailleurs, la coexistence de neuro-syphilis et de gomme cutanée chez un même malade a fait l’objet de très nombreux mémoires.

D’autres fois, l’un des conjoints est atteint de neuro-syphilis et c’est son partenaire qui seul présente des accidents viscéraux ou cutanés syphilitiques. Il s’agit bien de syphilis conjugale, mais il n'y a eu de neurotropisme que chez l’un des deux sujets.

D'ailleurs, ces deux éventualités ne rentrent pas dans le cadre de la syphilis nerveuse conjugale proprement dite. Seuls seront étudiés ici les cas où les deux conjoints sont également atteints de syphilis nerveuse, une autre manifestation de syphilis tertiaire survenant en outre chez l’un d’eux.

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Aucun fait nouveau ne sera apporté ici, mais plusieurs observations ont été relevéés dans la littérature.

19 Baginskr, à la Société de Neurologie en 1900, cite un couple de tabétiques, dont la femme présentait en outre une lésion intra-crânienne svphilitique et dont 9 enfants sont morts de méningite.

20 BaBonneix, dans la Thèse de Srertanos, dit avoir observé un couple de tabétiques, dont le mari était atteint en outre d’aortite et la femme, qui avait eu autrefois de l'iritis syphilitique, présentait à ce moment de la leucoplasie.

90 Erg, en 1896, chez un couple de tabétiques, note en même temps de la leucoplasie chez le mari.

40 LunrManx, en 1895, observe un paralytique général dont la femme est atteinte de tabès, de leucodermie de la nuque et de gomme de la mastoïde.

99 Marie et Bernarnon, en 1924, publient un cas de paralvsie générale conjugale où le mari présentait en même temps une aortite.

6° Ormerop, en 1889, rapporte un tabès conjugal ; le mari présentait en outre une ulcération de la cornée gauche, puis fit une paralysie générale. La femme était atteinte par ailleurs d’aortite.

7° Trenez, en 1911, publie le cas d’une paralysie générale dont le mari présente à la fois tabès et syphilis tertiare.

80 Pourreyron, en 1903, rapporte un cas inédit de Bagivski où la femme est paralytique générale tandis que l’homme tabétique, a présenté antérieurement une orchite

syphilitique.

MA 90 et 100 Enfin, dans les deux observations de Hupoverni en 1902, et de Kron en 1898, il s’agit de tabès conjugaux, dont l’un des partenaires a présenté antérieurement des lésions d’iritis spécifiques.

119.et 120, Dans les observations de Gocnrzam (1892 et de TrevezyAn (1898) concernant deux couples tabétiques, les deux hommes sont atteints d’hémiplégie syphilitique.

139 Enfin, il est un cas bizarre, publié par EvrarD dans sa Thèse en 1889, concernant des lésions syphilitiques secondaires chez la femme d’un couple de P. G.

En somme, sur 26 conjoints neuro-syphilitiques, on note la coexistence : — 3 fois d’aortite ; 3 fois d’accidents cutanés ; 2 fois de leucoplasie ; 2 fois d’hémiplégie d’origine syphilitique ; 2 fois d’iritis ; 1 fois de lésions syphilitiques intra-craniennes ; L fois d’orchite syphilitique.

Un cas de syphilis nerveuse conjugale associée a été traité à Laënnec. En voici l’observation

OgservatioN VI. — (Hôpital Laënnec, 1792-2161).

MM... Jean, né en 1875, employé dans une banque qui l’envoie au dispensaire le 21 juin 1929. 1] a eu vers l’âge de 22 ans un chancre de la lèvre inférieure, qu’il n’a pas soigné. I n’a commencé à suivre un traitement qu’en 1927, à Broca daus le service du DT Tixrer, à la suite d’un internement temporaire à Sainte-Anne pour un épisode délirant dont il a perdu le souvenir.

On y aurait alors constaté une réaction de B-W positive et des anomalies du L. C. R.

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