‹ La Syphilis sans ChancreChapitre 20 sur 29 · RU IE · texte numérisé non relu

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Ajoutons qu’à l'époquè où cet homme vint nous cousulter pour la première fois la R. W. était négative, même avec le procédé de Desmoulières.

Jnquiet sur le sort de sa femme, M. O0... et moi, nous décidons d'examiner celle-ci avec soin pendant les semaines suivantes pour surprendre si possible, la contamination.

Le 13 septembre 1924, la femme examinée avec le plus grand soin ne présente aucune écorchure visible ni aux petites ni aux grandes lèvres, ni à l'anus, ni au col de l'utérus, mais, chose assez curieuse, il existe déjà un ganglion inguinal droit du volume d'une noisette. Il est intéressant de souligner ici la présence de ce ganglion, sans chancre, alors que nous sommes à la période réelle où classiquement le chancre peut apparaître; c’est en effet le 14 août qu'a lieu le dernier rapport, c’est-à-dire un mois avant, soit la durée suffisante d’incubation du chancre.

Un nouvel examen pratiqué le 30 septembre 1924, ne

montre rien de plus que le 13 septembre. Un autre examen très soigneux ne montra pas davantage d'accident visible, le 25 octobre, et, la réaction de Bordet-Wassermann est négative par le procédé classique comme avec l’antigène de Desmoulières.

Cette femme prit la grippe en décembre, ce qui la soustrayait pendant quelque temps à mon examen. C’est son médecin habituel qui découvrit au mois de janvier, une éruption de roséole et qui, faisant pratiquer dans un laboratoire de Paris l'examen du sang, obtint une séro-réaction positive.

Je l'examinai à nouveau le 27 janvier 1925 et bien que

cette malade ait déjà reçu deux injections d'huile grise, elle

présentait sur le corps une cinquantaine d'éléments de roséole des plus typiques.

Les ganglions inguinaux étaient allongés en un cordon du volume d’un petit doigt; on trouvait un ganglion épitrochléen du volume d’une noisette ; la vulve, l'anus, le col utérin étaient indemnes, le système était normal. |

Il est donc incontestable que cette femme avait été contaminée à la période d’incubation du chancre, six jours, ilest vrai seulement, avant l'apparition de celui-ci.

M. Milian ajoute en avril 1930 : cette observation me paraît inattaquable, car précisément nous y cherchions avec une idée préconçue le chancre possible, et nous ne l'avons jamais trouvé, même le jour où nous avons constaté l’exis-

tence des ganglions inguinaux. »

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