‹ La Syphilis sans ChancreChapitre 21 sur 29 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

(due au Dr Schulmann).

Del..., Jacques, externe des hôpitaux, vient me voir en avril 1928 et me conter son inquiétude. Il y a deux jours, aux suites d’un dîner de thèse, un peu gai, il a eu des rapports a deux reprises avec une jeune femme qu'il a su ultérieurement et de manière certaine être en pleine roséole. J'examine longuement le jeune confrère,je ne trouve aucune porte d’entrée possible sur les organes génitaux et voyant la fiche de traitement de la partenaire, qui est à coup sûr, ultra-contagieuse, je suis fort embarrassé. Je propose un traitement abortif, qui évitera évidemment tout accident, mais qui ultérieurement ne sera pas suiviavec la rigueur

nécessaire, ou bien d'attendre patiemment l'avenir. Il s’agit

dun célibataire jeune et sans attache, et je lui fais remar quer que bien des individus pour avoir eu des relations avec une femme malade n’ont pas été contaminés. Malheureusement je vais avoir tort.

Pendant un mois je vois chaque semaine mon client je l’examine consciencieusement, et lui-même s’observe minutieusement chaque jour, sans jamais déceler le moindre élément éruptif, le moindre ganglion anormal. Subitement après cinq semaines d'attente la réaction de Wassermann oscille et donne H5.H53. Inquiets je demande un nouveau en double exemplaire qui nous annonce HO.HO. dans les deux laboratoires. Le même jour je pratique une visite complète et j'aperçois une roséole à petits éléments,thoraco-abdominale indiscutable. Ily a quelques inguinaux bilatéraux, mobiles mais vraiment insuffisants pour faire un diagnostic, ni adénopathie épitrochléenne, ni de la nuque.

Le jeune homme est, bien entendu,mis aussitôt à un trai-

tement intense.

Ces deux observations sont indiscutables, si l’on pouvait y joindre d’autres aussi précises la syphilis sans chancre par entrée cutanée ou muqueuse sans effraction, serait admise sans objections.

Nous nous permettons d’y ajouter cette observation due aussi au Dr Schulmann (Congrès de Copenhague, août 1930).

L'auteur a étudié longuement ailleurs les diverses formes cliniques de la syphilis sans chancre, qu'il croit d’une fré-

quence relative. Il apporte au congrès le cas curieux d’un

TARN syphilitique très bien traité par le néo-salvarsan et l'huile grise, qui après un intervalle de dix-huit années contracte une nouvelle infection, rentrant selon toute vraisemblance

dans le cadre de la syphilis décapitée.

Schulmannécarte sans discussion la superinfection vu sa compétence en la matière cette observation paraît indiscutable. C’est pourquoi nous avons jugé qu'on pouvait la rajouter aux cas de syphilis

sans effraction,

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