INOCULATION VEINEUSE PÉRIPHÉRIQUE
Accidentellement, à la suite de transfusion sanguine faite dans un but thérapeutique ou de rajeunissement, il a été donné de voir se développer des syphilis sans chancre par inoculation veineuse périphérique.
Avec l’augmentation de la pratique de la transfusion sanguine les cas de syphilis par inoculation veineuse se multiplient et on conçoit l’importance de ces faits qui peuvent engager la responsabilité du médecin.
MM. Gougerot et N. Fiessenger d’une part, et MM. Gougerot et Brunot d’autre part, dans un article qui va paraîtré incessamment, disent avoir vu, provenant du mêmeinstitut de transfusion : deux syphilis sans chancre datant de la même époque.
C’est pourquoi en voulant nous étendre un peu sur la contagiosité du sang dans la syphilis nous sommes forcés de rappeler Îles expériences de Uhlenhuth et de ses collaborateurs,nous en citerons d’autres pour démontrer la contagiosité du sang syphilitique à toutes les périodes de la maladie.
Du temps de Ricord, Waller de Prague (1850) inocula avec résultat positif, le sang d’une femme
te
en pleine éruption, secondaire sur une surface sacrifiée de la cuisse d’un jeune homme qui souffrait de tuberculose de la face.
En 1854 le célèbre anonyme de Pfalz (D: Bettinger) inocula le sang d’une femme ayant des éruptions sur la peau et les muqueuses, à six hommes, souffrant d’ulcères de la jambe, et obtint chez trois d’entre eux un résultat positif.
En 1860 Pellizarri inocula, sur la peau sacrifiée de trois étudiants en médecine, le sang d’une femme enceinte qui avait des papules érosives de la vulve et de l’anus, et obtint un résultat positif chez le premier des étudiants, à qui avait été appliqué le sang chaud et non encore coagulé.
En 1861 Lindwürn, de Munich, obtint aussi des résultats positifs.
Ces résultats confirmaient la contagiosité du sang chez les syphilitiques secondaires. IL suffit d’hémolyser le sang d’un malade atteint de roséole syphilitique dans de l’eau distillée,de centrifuger la solution ainsi obtenue, pour pouvoir constater dans le culot de centrifugation la présence de tréponèmes incontestables (Nattan-Larrier).
Quand les animaux de laboratoire furent découverts la contagiosité du sang dans la syphilis fut prouvé à toutes les périodes.
Pour la période primaire et secondaire par E. Hoffmann, Neisser, Aumann et Graetz, Frühwahld, Artz et Kel, Hartwel, et surtout par Uhlenhuth et Mul-
SA: f 4 zer ; cinq jours après l’inoculation le sang s’est montré contagieux.
Trente-cinq inoculations de sang de syphilitique en période de latence furent effectuées, cinq donnèrent des résultats positifs.
Dans la syphilis tertiaire Uhlenhuth a également prouvé la contagiosité du sang ; Levaditi dans la paralysie générale progressive ; Uhlenhuth et Seifert dans la syphilis congénitale tardive.
V. Feldmann dit que dans la syphilis tertiaire au cours des expériences déjà effectuées on n’a obtenu qu’un résultat positif sur huit et cinq sur trentecinq dans la syphilis latente. Il ajoute :
« Ces cas montrent, en outre que même chez les anciens syphilitiques, le tréponème passe de nouveau, de temps à autre, des foyers de latence jusque dans le sang. Ce dernier qui de coutume, est un milieu défavorable au tréponème (parasite histogène par excellence) devient alors contagieux.
M. Milian a démontré que sans avoir recours à l'expérience, la elinique est aussi démonstrative. Il est impossible d'expliquer autrement la syphilisation des plaies chirurgicales, et il fut le premier à donner des exemples de traumatismes de la peau devenant le siège de développement de syphilides ulcéreuses chez un syphilitique dont la syphilis paraissait éteinte depuis longtemps, il fallait que le tréponème circulât de temps en temps dans le sang, et s’arrêtät dans la plaie ou dans la cicatrice résultant du traumatisme.