OBSERVATION XVI
Mme X..., 30 ans, vient me montrer une érosion rose, lisse et superticielle de la commissure labiale droite, datant d’une quinzaine de jours, associée à des altérations semblables disséminées sur les gencives (le malade est en traitement pour des caries dentaires). Diagnostic : stomatite à surveiller. Quatre jours plus tard, état à peu près stationnaire ; légère adénite sous-maxillaire sans caractère net. Réaction de Wassermann négative dans le sang de Mme et de son mari (qui l'accompagne et qui est sain). Je ne revois le ménage que deux mois plus tard, la lésion buccale ayant guéri. À ce moment, Mme est en pleine éruption de syphilis : roséole, papules, plaques muqueuses amygdaliennes : R. W. +. Monsieur est sain, avec une R. W.—. A ce moment-là seulement, suppression des rapports conjuga ux (qui avaient été repris après une interruption momentanée pendant la période d'inquiétude).
Traitement spécifique de Mme (6 injections I.-V. de novarsénobenzolet r2ampoules intra-fessières de Quinby). Le mari prend trois ou quatre comprimés de stovarsol pendant six jours, à deux reprises, séparées par un intervalle d’une semaine.
Pendant tout le traitement de Mme, il l'accompagne et je
peux ainsi le suivre. Après les sept semaines de durée de
M. Mansour 5
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traitement de Mme, Monsieur reste cliniquement indemne de tout accident et sa réaction de Wassermann est négative.
Un mois plus tard, c'est-à-dire deux mois après la fin du traitement de Mme, trois mois et demi après la suppression des rapports conjugaux, et le traitement par le stovarsol, Monsieur, toujours sain extérieurement, offre une réaction de Wassermann tout à fait et indubitablement positive. Vérifiée, renouvelée et contrôlée, il fut traité.
Un an après ces événements, le ménage continuait à se bien porter, mais la sérologie de Monsieur était négative, et celle de Mme présentait une récidive.
Entre temps, un retour attentif sur le passé, avait conduit les deux à supposer que la contamination s'était vraisemblablement eflectuée au cours de petit jeux de société dits «innocents » avec échange de baisers. A ce jeu avait pris part, un peu malgré lui, un personnage dont on avait su que
la santé de ce chet n’était pas rassurante.
Ici le stovarsol empêcha l’apparition du chancre et fit reculer la date d'apparition des accidents secondaires.
M. Milian dit : « lorsqu'il se produit une superinfection syphilitique, il peut être constaté des accidents secondaires sans chancre au point d’inoculation, Ce qui rentre dans les cas d’immunité diminuant les réactions cutanées locales au point d'infection. C'est, si l’on veut, l’analogue de ce qui se passe dans la réaction de Dick où de Schick ou le sujet immunisé ne présente aucune réaction locale cutanée vis-à-vis de l’antigène.