‹ La Syphilis sans ChancreChapitre 26 sur 29 · INTERPRÉTATION DES FAITS · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DES FAITS

Par l’exposé de ces faits, on voit que l’on peut grouper les syphilis sans chancre en deux grandes catégories : 1° par inoculation vasculaire ; 2° par inoculation trans-cutanée.

19 Par inoculation vasculaire :

a) artérielle : celle de l’hérédo-syphilis.

b) veineuse : celle de la syphilis sans chancre par transfusion sanguine.

L’incubation de la roséole après transfusion sanguine est la même que la période d’incubation de la roséole après le chancre ; la roséole qui suit le chancre apparaît en général 65 jours après la contamination (20 jours d’incubation, 45 jours de chancre). Celle qui suit la transfusion apparaît également de 60 à 80 jours après celle-ci (la seule exception est le cas de Spillmann et Morel). L’expérimentation effectuée sur les lapins (Uhlenhuth et ses collaborateurs) confirme d'ailleurs la clinique.

20 Chancre irans-cutané.

Nous revenons sur l’appellation de syphilis sans chancre en examinant l’histologie de ce chancre, qui montre que les tréponèmes se logent en

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grandes quantités à la périphérie et à l'intérieur, non seulement des lymphatiques, mais aussi des vaisseaux sanguins ; ainsi le tréponème paraît déjà dans le sang avant l'apparition du chancre. On devient syphilitique dès le moment de l'infection. Le chancre ne signifie pas le commencement de la maladie, mais simplement une réaction des tissus en presence du tréponème.

Comment expiiquer l’absence du chancre dans les cas d’inoculation trans-cutanée ? En disant quil ya anallergie de l'organisme vis-à-vis du tréponème, on n'explique rien, ca: cela veut dire absence de réaction de l’organisme au point d’inoculation de la maladie ; mais qui dit syphilis sans chancre dit la même chose ; la question est de savoir pourquoi il y a anallergie ; or l'examen des faits permet de retrouver parmi les causes essentielles de cette anallergie, deux conditions importantes :

Insuffisance du germe envahisseur.

Réaction de défense du sujet envahi.

Insuffisance du germe envahisseur. — L'observation rapportée par M. Milian en est la preuve : le campagnard était porteur d'un chancre histologique, c'est-à-dire non encore visible, quand il contamina sa femme. |

Cette insuffisance de germe se retrouve quaud les sujets contaminants ont déjà reçu un traitement spécifique.

Défense du sujet. — Le sujet se défend, soit quand il a déjà été infecté par le tréponème précédem-

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ment, soit sous l’action d’une médication anti-syphilitique administrée au sujet envahi sous forme de médication abortive, l'observation suivante, due au professeur Audry, en fait foi.

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